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Roumanie: les querrelles Eglises-Etat perdurent (230695)
L’archevêque catholique d’Alba Julia déplore la crispation des orthodoxes
Bucarest, 23juin(APIC) En Roumanie, la querelle des écoles confessionnelles agite encore les relations Eglises-Etat. C’est un problème plus national que vraiment religieux reconnaît Mgr Györgi Jakubiniy, archevêque catholique d’Alba Julia.
Le régime communiste avait nationalisé plus de 1’800 écoles catholiques,
réformées et luthériennes. Ces écoles où l’on enseignait souvent en hongrois ou en allemand ont été toutes «roumanisées». Aujourd’hui les écoles
ont été rendues à leurs anciens propriétaires qui voudraient reprendre
l’enseignement dans leur langue maternelle, ce que l’Etat roumain ne veut
pas admettre.
La réouverture des écoles confessionnelles se heurte aussi à
l’opposition de l’Eglise orthodoxe roumaine, pour qui l’existence de cours
de religion est une garantie suffisante. Selon l’archevêque catholique, la
crainte du prosélytisme est aussi très présente chez les orthodoxes. Ils
ont peur de voir «les élèves non-catholiques attirés d’une manière ou d’une
autre vers le catholicisme», relève-t-il.
La restitution des églises n’avance pas
Selon Mgr Jakubinyi, l’Eglise orthodoxe a également mis un frein à une
visite du pape dans le pays. Le président Ion Iliescu a en effet déjà invité deux fois Jean Paul II en Roumanie, mais aucune date n’a été fixée. Là
encore, les orthodoxes craignent que la venue du pape ne pousse les anciens
gréco-catholiques ’intégrés’ à l’orthodoxie à l’époque communiste à revenir
au catholicisme.
Sous le régime communiste, alors que les autres Eglises étaient reconnues officiellement, l’Eglise catholique-romaine (de rite latin) était simplement tolérée tandis que l’Eglise gréco-catholique était totalement interdite. Depuis 1989, les deux rites catholiques sont à nouveau reconnus,
mais on ne leur a pas rendu leurs moyens. Ainsi les quelque 1’800 églises
prises aux uniates, et remises en majorité à l’orthodoxie n’ont pas été
rendues, note Mgr Jakubiniy. L’Etat considère qu’il s’agit d’affaires internes des deux Eglises. Les uniates estiment de leur côté que la responsabilité de l’Etat, qui a confisqué ces églises en 1948, est engagée et que
la question des relations Eglises-Etats ne pourra pas être résolue, tant
que les problèmes de propriété ne seront pas tirés au clair.
Les catholiques de rite latin sont 1,3 million en Roumanie, dont un million de langue hongroise. Les gréco-catholiques seraient de leur côté un
demi-million. (apic/kap/mp)
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