LA NOTION DES DROITS DE L’HOMME A UNE RACINE RELIGIEUSE ENI-95-0159çF
chrétiens et musulmans réunis du 2 au 9 juin dans la capitale ivoirienne,
le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des
Eglises (COE), a souligné que la notion des droits de l’homme avait une
racine religieuse.
L’occasion de cette rencontre des jeunes avec le secrétaire général du COE,
autour du thème «Jeunes chrétiens et musulmans pour la promotion des droits
de l’homme en Afrique: les exigences d’aujourd’hui», doit être perc,ue à
travers les multiples défis socio-culturels, ethniques et religieux qui
marquent le processus démocratique en Afrique et plus particulièrement en
cette année électorale en Côte d’Ivoire.
«Toutes les religions ont pour base la promotion de la vie, la protection
des faibles et des marginalisés», a déclaré le pasteur Konrad Raiser tout
en précisant que «toutes les religions ont éprouvé des difficultés pour
accepter l’universalité du concept des droits de l’homme».
La Septième Assemblée générale du COE à Canberra qui s’est penchée sur
cette question avait demandé que la défense et la promotion des droits de
la personne humaine soient considérées comme un devoir moral des chrétiens
dans la vie de la société.
«La racine profondément religieuse de la notion des droits de l’homme qui
englobe l’homme tout entier et non seulement le spirituel, devrait être un
ferment permettant à toutes les religions de jouer un rôle prépondérant
dans la promotion et la défense des droits de la personne humaine», a dit
le pasteur Konrad Raiser. «L’Afrique a besoin de ce dialogue afin d’éviter
les conflits religieux et de faciliter la cohabitation entre les peuples»,
a-t-il ajouté.
Dans leur déclaration finale commune, les jeunes chrétiens et musulmans ont
notamment condamné:
– La torture, la guerre et autres pratiques inhumaines portant atteinte à
l’intégrité morale et physique de l’homme en Afrique; – les médias (radio
et télévision surtout) qui incitent les peuples à la haine et aux luttes
fratricides internes au lieu d’être des instruments d’information objective
et impartiale.
Ils considèrent que la pratique du «pouvoir sans partage est une réalité
sociologique non adaptée en Afrique». A cet effet, ils ont invité les chefs
d’Etat africains à promouvoir le dialogue, à accepter le débat
contradictoire afin d’éviter les conflits internes dont les jeunes sont les
principales victimes. Par ailleurs, ils ont suggéré la création d’un prix
international des droits de l’homme pour encourager les leaders politiques
et chefs d’Etat oeuvrant pour la promotion et la défense des droits de
l’homme en Afrique.
La rencontre du pasteur Konrad Raiser avec les jeunes chrétiens et
musulmans a eu lieu dans le temple de l’Eglise harriste situé à
Treichville, une des banlieues d’Abidjan. L’Eglise harriste est une grande
communauté présente en Côte d’Ivoire o# elle compte près d’un million de
fidèles. Ses activités s’étendent également au Ghana, au Libéria et au
Bénin. Cette Eglise a des rites très proches de ceux de l’Eglise
kimbanguiste et ses soixante évêques, appelés ici prédicateurs, ont pour
chef le prédicateur suprême Jacob Cessi Koutouan, qui a été élu à vie à la
tête de l’Eglise le 25 septembre 1994.
Les responsables de cette Eglise, marginalisée par les Eglises
traditionnelles implantées en Côte d’Ivoire, ont profité de la présence de
Konrad Raiser pour approfondir leur connaissance du mouvement oecuménique.
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