Abidjan, le 19 juin (ENIçRaymond Bitemo) – S’exprimant devant 300 jeunes

LA NOTION DES DROITS DE L’HOMME A UNE RACINE RELIGIEUSE ENI-95-0159çF

chrétiens et musulmans réunis du 2 au 9 juin dans la capitale ivoirienne,

le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des

Eglises (COE), a souligné que la notion des droits de l’homme avait une

racine religieuse.

L’occasion de cette rencontre des jeunes avec le secrétaire général du COE,

autour du thème «Jeunes chrétiens et musulmans pour la promotion des droits

de l’homme en Afrique: les exigences d’aujourd’hui», doit être perc,ue à

travers les multiples défis socio-culturels, ethniques et religieux qui

marquent le processus démocratique en Afrique et plus particulièrement en

cette année électorale en Côte d’Ivoire.

«Toutes les religions ont pour base la promotion de la vie, la protection

des faibles et des marginalisés», a déclaré le pasteur Konrad Raiser tout

en précisant que «toutes les religions ont éprouvé des difficultés pour

accepter l’universalité du concept des droits de l’homme».

La Septième Assemblée générale du COE à Canberra qui s’est penchée sur

cette question avait demandé que la défense et la promotion des droits de

la personne humaine soient considérées comme un devoir moral des chrétiens

dans la vie de la société.

«La racine profondément religieuse de la notion des droits de l’homme qui

englobe l’homme tout entier et non seulement le spirituel, devrait être un

ferment permettant à toutes les religions de jouer un rôle prépondérant

dans la promotion et la défense des droits de la personne humaine», a dit

le pasteur Konrad Raiser. «L’Afrique a besoin de ce dialogue afin d’éviter

les conflits religieux et de faciliter la cohabitation entre les peuples»,

a-t-il ajouté.

Dans leur déclaration finale commune, les jeunes chrétiens et musulmans ont

notamment condamné:

– La torture, la guerre et autres pratiques inhumaines portant atteinte à

l’intégrité morale et physique de l’homme en Afrique; – les médias (radio

et télévision surtout) qui incitent les peuples à la haine et aux luttes

fratricides internes au lieu d’être des instruments d’information objective

et impartiale.

Ils considèrent que la pratique du «pouvoir sans partage est une réalité

sociologique non adaptée en Afrique». A cet effet, ils ont invité les chefs

d’Etat africains à promouvoir le dialogue, à accepter le débat

contradictoire afin d’éviter les conflits internes dont les jeunes sont les

principales victimes. Par ailleurs, ils ont suggéré la création d’un prix

international des droits de l’homme pour encourager les leaders politiques

et chefs d’Etat oeuvrant pour la promotion et la défense des droits de

l’homme en Afrique.

La rencontre du pasteur Konrad Raiser avec les jeunes chrétiens et

musulmans a eu lieu dans le temple de l’Eglise harriste situé à

Treichville, une des banlieues d’Abidjan. L’Eglise harriste est une grande

communauté présente en Côte d’Ivoire o# elle compte près d’un million de

fidèles. Ses activités s’étendent également au Ghana, au Libéria et au

Bénin. Cette Eglise a des rites très proches de ceux de l’Eglise

kimbanguiste et ses soixante évêques, appelés ici prédicateurs, ont pour

chef le prédicateur suprême Jacob Cessi Koutouan, qui a été élu à vie à la

tête de l’Eglise le 25 septembre 1994.

Les responsables de cette Eglise, marginalisée par les Eglises

traditionnelles implantées en Côte d’Ivoire, ont profité de la présence de

Konrad Raiser pour approfondir leur connaissance du mouvement oecuménique.

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