cléaires inquiète l’archevêque de Papeete, Mgr Michel Coppenrath. «L’annon-
ce, le 13 juin dernier, de la reprise des essais nuclaires français en Polynésie française, arrêtés depuis avril 1992, a été une péunible nouvelle,
écrit-il dans une déclaration répercutée par la Conférence des évêques de
France.
Cette dernière, par la voix de Mgr Jacques Laporte, arcevêque de Cambrai, fait également connaître son sentiment d’inquiétude. En critiqant la
décision du gouvernement français. Quant à l’archevêque de cette île concernée avec l’ensemble de la Polynésie, il rappelle la position du SaintSiège sur le nucléaire.
Pour Mgr Coppenrath, l’engagement du président Chirac de mettre une fin
définitive aux essais nucléaires avant juin 1996 est certes une consolation. Mais elle ne saurait «compenser les effets nuisibles inévitables de
la reprise limitée et momentanée des essais».
Le 14 avril 1992, l’archevêque de Papeete rappelait dans un communiqué
ce que le pape disait en janvier 1988 à des diplomates: «La dissuasion nuclaire ne peut durablement constituer une base fiable pour la sécurité et
la paix, et nous pensons toujours qu’il est plus réaliste de s’interdire
d’abord à soi-même ce que l’on souhaite que les autres s’interdisent». La
Conférence épiscopale du Pacifique avait fait sien le texte du communiqué.
Mgr Coppenrath rappelle en outre la déclaration faite le 25 octobre 1992
aux Nation Unies par l’observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU: «Notre
objectif immédiat doit être plutôt une interdiction globale des essais nucléaires pour tous les pays du monde et dans tout l’environnement». L’importance de cette nouvelle période de l’histoire, avait poursuivi l’observateur, «lance un défi à la communauté internationale mondiale pour qu’elle
adopte une forme de sécurité adaptée à une situation post-nucléaire».
Selon l’archevêque de Papeete, la réaction des petites nations du Pacifique s’expliquent en grande partie par le sentiment que leurs voix ne sont
pas reconnues au moment où il s’agit de rechercher ensemble les nouveaux
mécanismes de paix.
«Renoncer aux essais nucléaires ne suffira pas, Il faut aller jusqu’au
désarmement nucléaire universel complet faisait remarquer le même représentant du Saint-Siège à l’ONU et au Comité sur le Traité de non-prolifération». Une déclaration que fait sienne Mgr Coppenrath. Pour qui aussi «une
nouvelle vision éthique de la dissuasion nucléaire doit découler d’une plus
grande reconnaissance de ce qui est la base commune de notre planète».
Cette base commune, souligne la déclaration du prélat, s’enracine non
seulement dans le respect de tout homme, mais aussi de tous les éléments
naturels de la création nécessaires à la vie et au bonheur de l’homme.
Le gouvernement français vient de fermer une porte sur des secrets de
défense que l’Eglise ne peut évaluer, conclut Mgr Coppenrath. Ce même gouvernement en ouvre une sur une perspective de renoncement prochain à tout
essai. «La seconde porte à ce stade n’est qu’entrebâillée. Là est la contradiction».
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