Une manifestation

Le CAP, 2juin(APIC)

a réuni plus de 10’000 chrétiens le 30 mai au Cap (Afrique du Sud).

paralysant le centre-ville.

chrétiens se sont dirigés vers le parlement pour protester contre les

propositions visant à faire de l’Afrique du Sud, selon la nouvelle

constitution démocratique du pays, un Etat lai»c.

La majorité des chrétiens participant à cette marche interconfessionnelle

étaient membres des Eglises pentecôtistes et fondamentalistes. Les Eglises

anglicane, catholique romaine et méthodiste n’avaient pas pris part à la

manifestation.

Sous l’ancien régime de l’apartheid et selon la constitution de l’Afrique

du Sud alors en vigueur, le christianisme avait la place d’honneur. Le

nouveau gouvernement estime que la nouvelle constitution, actuellement en

cours de rédaction, ne devrait pas donner une place particulière à une

seule religion dans un Etat démocratique.

Au cours de cette marche de protestation, l’une des plus importantes

manifestations chrétiennes jamais organisées au Cap, les participants ont

réclamé une constitution «fondée sur la Bible».

Selon l’un des organisateurs, le pasteur Willie Viljoen, les manifestants

protestaient contre le projet de faire de l’Afrique du Sud un Etat lai»c,

«dans lequel les activités de l’Eglise et de l’Etat seraient totalement

séparées».

Cyril Ramaphosa, membre du Congrès national africain (ANC) et président de

l’Assemblée constitutionnelle chargée de rédiger la nouvelle constitution,

s’est adressé aux manifestants rassemblés devant le Parlement: «Dire que

l’Afrique du Sud deviendra un Etat lai»c ne veut pas dire que Dieu ou Jésus

vont en être bannis.»

«La constitution provisoire actuelle accorde une grande importance à la

religion.»

Une Bible dans la main, il a continué: «Les gens ont l’impression qúen

rédigeant la nouvelle constitution, nous souhaitons faire de l’Afrique du

Sud un pays athée. Je veux vous assurer que ceci n’est pas vrai.»

«Comme beaucoup d’entre vous, j’ai aussi une Bible chez moi et nombreux

sont les parlementaires qui portent les paroles de la Bible gravées dans

leur coeur», a-t-il souligné.

Un porte-parole de Desmond Tutu, l’archevêque anglican du Cap, a assuré que

l’Eglise anglicane respectait la liberté d’expression des manifestants,

mais que son Eglise était en faveur d’un Etat lai»c.

Citant un document énonc,ant les lignes directrices d’une nouvelle

constitution, le porte-parole a ajouté : «L’Etat devrait être lai»c et

soutenir les personnes de confessions différentes et les personnes sans

religion. Chacun devrait avoir la liberté de propager sa foi tant qúelle

n’en opprime pas une autre.»

Sean ÓLeary, secrétaire de la Section «Justice et Paix» de la Conférence

des évêques catholiques romains d’Afrique australe (SACBC) a indiqué que

l’heure était venue pour son Eglise d’accepter que l’Afrique du Sud était

un Etat multiconfessionnel.

«La Constitution ne devrait pas être la propriété d’une seule religion.

Elle devrait traiter toutes les religions de manière équitable.»

Sous le gouvernement calviniste de l’apartheid, les chrétiens occupaient

une place privilégiée. La South African Broadcasting Corporation (société

de radio et de télévision sud-africaine) a déjà adopté une politique

religieuse moins partiale. Auparavant, seuls les chrétiens participaient

aux émissions et services religieux et aux séances de méditations

télévisés. Aujourd’hui, les heures d’écoute ont été redistribuées afin

d’accueillir les autres grandes confessions et les religions africaines

traditionnelles. (572 mots)

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