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Tristesse et émotion dans le Jura à l’annonce de la démission de Mgr Vogel
Un évêque aimé pour ses qualités d’homme d’Eglise (020695)
Delémont, 2juin(APIC) Consternation, tristesse, mais aussi respect par
rapport à la décision de Mgr Jean-Georges Vogel, qualifiée d’honnête, sont
les sentiments qui dominent dans les milieux catholiques de la partie francophone du diocèse de Bâle, après l’annonce de la démission de l’évêque de
Bâle. Pour le vicaire épiscopal, l’abbé Claude Schaller, au-delà de la
tristesse éprouvée à l’annonce de cette démission, une question demeure:
«Qu’est-ce que Dieu veut nous dire à travers cet événement?»
L’élection de Mgr Vogel à la tête du diocèse de Bâle, le 14 janvier 94
avait réjoui beaucoup de monde, commente le vicaire épiscopal. «Par sa simplicité, son écoute, son ouverture aux problèmes, il a donné, pendant son
trop bref épiscopat, un nouveau sytle et de nouvelles impulsions dans la
conduite du diocèse. Les Jurassiens lui sont reconnaissants, parmi d’autres
activités, d’avoir encouragé leur plan pastoral, d’avoir rencontré tous les
responsables pastoraux quelques semaines après son ordination. Une formule
renouvelée des visites pastorales programmée pour cet automne est également
l’oeuvre de l’évêque Jean-Georges, qui tenait à donner un autre souffle à
cette démarche».
Même sentiment, de tristesse et de consternation de Joseph Boillat, administrateur de la Collectivité ecclésiastique du canton du Jura, à l’annonce de la démission d’un évêque qui avait su se faire aimer et apprécier
dans le Jura pour ses qualités d’homme d’Eglise et ses approches humaines
des grandes questions qui se posent à l’Eglise d’aujourd’hui.
«Mgr Vogel s’était fait apprécier en peu de temps. Nous avions non pas
un ’un évêque-seigneur’… Il était resté un prêtre, simple, proche des
gens. Il écoutait, comprenait les gens. Pour moi, il représentait l’Eglise
comme je la vois pour l’avenir. Une Eglise ouverte, à l’écoute. Et aussi
une Eglise moderne. Mgr Vogel avait pris des positions qui me plaisaient
beaucoup», témoigne Joseph Boillat.
Entre la crainte et l’espoir
L’avenir? L’administrateur de la Collectivité ecclésiastique du canton
du Jura le voit partagé entre un sentiment de crainte et un autre d’espoir.
«Chez nous ce sont les chanoines qui élisent l’évêque, mais on peut craindre que le Vatican mette un coup de frein, veuille une reprise en main,
voire refuse le prochain candidat, ou encore fasse attendre. D’un autre côté, cela pourrait constituer un déclic pour l’avenir. Les évêques sont des
hommes. L’Eglise devra bien un jour aborder le sujet de la sexualité des
prêtres dans un esprit d’ouverture».
La décision de Mgr Vogel est courageuse, dit encore J. Boillat. «Il est
resté fidèle à sa ligne d’homme honnête. Il assume. Grande tristesse…
mais aussi espoir, d’un déclic d’une autre vision de ce problème par
l’Eglise. Avec Mgr Vogel, on pouvait espérer un jour voir des «viri probati» être ordonnés. Et là, dans le Jura, l’espoir était grand. Parce qu’on a
d’excellents agents pastoraux. Je me demande ce qu’on attend du reste pour
les ordonner».
La SKF manifeste sa solidarité avec l’évêque de Bâle
Autre réaction, de la part de la Ligue suisse de femmes catholiques
(SKF), à Lucerne. En démissionnant, Mgr Vogel a accompli un geste digne et
honnête, un geste de solidarité envers une femme et son enfant. «Ce qui le
rend encore plus crédible en tant qu’être humain», estime le Comité de la
SKF. L’organisation relève par ailleurs que l’Eglise exige de ses prêtres
un état de vie inhumain pour nombre d’entre eux. Elle espère que la démission de Mgr Vogel donnera l’occasion de discuter enfin dans l’Eglise catholique de l’abolition du célibat des prêtres. (apic/pr)
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