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apic/Reportage/camp-vocations spectacle

APIC – reportage

Camp Vocations de Morgins: Quarante et un jeunes montent un spectacle

«Directeur général – Jésus» (300795)

Fridrich Strba, Agence APIC

Morgins, 30juillet(APIC) Ils s’appellent Sandrine, Benoît, Laure, Karim,

Stéphanie… Ils ont de 14 à 16 ans et viennent de toute la Suisse Romande.

Il y a une semaine, ils ne se connaissaient pas. Sur la terrasse du chalet

«Le Planoz» à Morgins, en Valais, ils dansent, chantent et sautent. Ils essaient de vaincre leur trac.

Ces «ados» se sont rassemblés du 22 au 29 juillet pour participer au

Camp vocations. Comme 17 autres, ce camp est sous le patronage du Centre

romand des Vocations. Mais il est particulier. Tout, pendant la semaine est

fait en vue de préparer un spectacle sur le thème de l’année «Qu’as-tu fait

de ton frère?»

«L’idée de cette forme de camp», explique Philippe Dupraz-Dange, «nous

est venue, il y a six ans.» Nous étions une équipe d’animateurs qui avaient

déjà connu plusieurs camps: des «normaux» ou les camps barques, sur les

eaux du Lac Léman. «On avait envie d’essayer quelque chose de nouveau. Comme beaucoup d’entre nous font de la musique, de la danse ou du théâtre, on

a décidé de faire le Camp-Spectacle.»

Jeudi les participants du camp vocations «Spectacle» ont une grande

épreuve devant eux. Ce soir, à l’église de Morgins, ils montreront au public le résultat du travail de la semaine. Leur spectacle sera la première.

Des mots d’encouragement se mêlent à l’anxiété. «Et si j’oublie le texte?»

se demandent certains. La nervosité est plus grande encore chez les animateurs. Lors de la répétition, les imperfections étaient bien visibles.

«J’étais sur le point de commencer à engueuler tout le monde», explique un

des animateurs. Une participante est venue vers lui: «Ce n’est pas grave.

L’an passé, la répétition semblait très mauvaise, mais le spectacle a finalement été une réussite.»

Joseph et ses frères

Les jeunes montent dans les camionnettes, qui les amènent à l’église du

village. Une prière, chacun gagne ensuite sa place et le spectacle commence. L’histoire du tournage d’un film sur le récit biblique de Joseph et ses

frères. Le film se projette dans la vie des «acteurs». Les tensions dans

«l’équipe de tournage», le manque de dialogue entre les protagonistes, les

querelles sur l’importance de tel ou tel métier,… Tout cela favorise les

divisions et la haine. La jalousie, qui a poussé les frères à vendre Joseph, nuit de la même manière au tournage.

La longueur de la scène de «Joseph en prison» donne l’occasion de réfléchir. Joseph assis par terre, tête baissée, ne bouge pas. Les spots changent de couleur. Le rouge, le bleu, puis le jaune qui dévoile la tristesse

de son visage. Le vert lui donne un aspect de cadavre. Une question se pose

instinctivement: «Qu’as-tu fait de ton frère?»

Avec la scène de la réconciliation en Egypte, survient la réconciliation

dans l’équipe. Le message est clair, il est ancré profondement dans chacun

des participants. Si le pardon semble très facile durant le camp, il ne

l’est pas autant une fois le camp terminé. «Ici, c’est comme une autre planète», affirme Stéphanie. «A la maison, c’est la vie réelle.» Elle est

pourtant décidée à essayer de continuer cette expérience chez elle aussi.

Eviter les tensions était l’un des défis des organisateurs. «Nous avons

veillé que dans les groupes de carrefour tous soient mélangés», explique

Philippe Dupraz-Dange.

«Ici, j’ai retrouvé Dieu»

Le carrefour est l’élément essentiel du camp. Chaque matin, les participants reçoivent un texte lié à l’histoire de Joseph suivi de questions.

Temps de discussion sur le texte, puis silence. Les jeunes ont 3 heures

pour approfondir le thème. «Nous ne voulons pas que le spectacle repousse

la partie spirituelle», souligne le responsable. Et c’est pour rappeler la

présence du Christ parmi eux, que dans le générique du film, à côté des

noms des acteurs, on trouve la mention «Directeur général – Jésus».

L’aspect spirituel n’est pas étranger à ces «ados» qui parlent volontiers de Dieu et de la religion. «Je suis venu ici, parce que j’avais envie

de parler de Dieu sans que cela ne soit tabou», relève l’un d’eux. Laure,

qui a déjà vécu un tel camp, avoue en être changée. «Avant de participer au

camp, je ne croyais pratiquement pas. Ici, j’ai retrouvé Dieu».

Chaque jour, les jeunes participent à l’eucharistie. Cela ne les ennuie

pas. «Notre messe n’est pas comme les autres», explique Sandrine. La participation est grande. «On ne chante pas les chansons habituelles. Celles

qu’on chante vont restructurer l’Eglise.» C’est sûr, ces «ados» sont un signe d’espoir pour l’Eglise. Leur sérieux lors de la prière et les contributions profondes durant les carrefours ont frappé le Père Marie-Dominique,

aumônier du camp.

Le spectacle touche à sa fin. Après la réconciliation, tous les protagonistes, habillés en blue-jeans et t-shirt blanc, se regroupent sur l’escalier près de l’autel. La dernière chanson est accompagnée par le frappement

des mains des spectateurs. A la fin, les jeunes essuyent des applaudissements interminables. Dans les visages, se lit l’incrédulité: «Où suis-je?

Que se passe-t-il?» Mais, après quelques secondes, vient la joie.

C’est le moment où l’on oublie les heures de répétition, la fagigue de

la longue journée et les petites imperfections de la prestation. Les jeunes

ne contrôlent plus leurs émotions. Ils s’embrassent, ils se tiennent par la

main, ils sont heureux. Et les applaudissements ne sont de loin pas terminés. Après un premier bis, les «ados» prient le Notre Père. Ensuite, un autre bis. Au milieu de la chanson, ils se prennent par la main et sortent de

l’église.

La joie ne leur permet pourtant pas de s’arrêter. Ils font une farandole

et se mettent à traverser la place devant l’église en chantant «Guantanamera». La fatigue, repoussée un moment par le succès revient petit à petit.

Le spectacle est fini, il faut ranger le matériel. «Quand j’ai demandé au

curé de la paroise de Troistorrents-Morgins de nous prêter l’église, je lui

ai expliqué que pour avoir assez de place on devrait démonter beaucoup de

choses», relève Philippe Dupraz-Dange. Le prêtre a été cependant surpris de

voir dans l’église un orchestre de chambre, des éclairages, des coulisses

et un écran vidéo au lieu de l’autel.

Une parentèse qui restera ouverte

On entend les tourne-vis électriques, une vingtaine d’animateurs se mettent au travail. On comprend maintenant leur nombre élevé (1 animateur pour

2 jeunes). Les bancs regagnent vite leur place, ainsi que le chauffage

électrique qui a également dû être démonté. «Sans un électricien compétent,

ce camp ne pourrait pas se réaliser» estime le responsable. D’autant plus

que le spectacle sera joué dans trois lieux différents.

L’idée de déplacement est très importante pour Philippe. «Au début, nous

pensions attirer avec le spectacle les gens qui ne viennent normalement pas

à l’église, nous n’avons pas réussi», regrette-t-il. Pourtant, la dimension

missionnaire reste. Les haut-parleurs et les coulisses disparaissent dans

deux camionnettes. Une dernière retouche, un coup de balai et l’église est

prête pour la prière du soir. Ou plutôt de la nuit, car il est 11h30.

La prière a conclu la journée chargée. Tout le monde ne pense qu’à regagner son lit. Cela n’est pourtant pas encore possible pour les organisateurs. Il faut d’abord discuter le déplacement du camp, fixer l’horaire de

la journée suivante, préparer le texte et les questions pour les carrefours. L’évaluation des parties spirituelle et technique est suivi par la

mise à jour du scénario.

La séance est enfin terminée. Les jeunes dorment déjà depuis un bon moment. Après deux autres présentations publiques ils rentreront chez eux.

Ils retrouveront leurs parents, leurs amis et bientôt reprendront la routine scolaire. La parenthèse de vacances restera pourtant ouverte. Car le

Camp Vocations Spectacle de Morgins n’est pas de ceux que l’on oublie facilement. (apic/fs)

Les photos du Camp Vocations Spectacle de Morgins sont disponibles chez

Philippe Dupraz-Dange, La Capite 246, 1222 Vésenaz; téléphone 022/752.50.76

Encadré

Les Camps Vocations 1995

18 camps vocations se déroulent cet été en Suisse romande. Ils regroupent

des enfants et des jeunes entre 10 et 25 ans. Il y en a pour tous les

goûts, proposant en parallèle avec le cheminement spirituel une semaine de

détente, de VTT, de navigation, de haute montagne… Leur but: apprendre la

vie de groupe; réfléchir sur les orientations de sa vie, ses choix, ses responsabilités, le rôle de chacun dans le monde et l’Eglise d’aujourd’hui.

Ces camps sont généralement accompagnés par une équipe formée de couples,

religieux, religieuses, prêtres, jeunes filles et jeunes gens pour présenter la diversité des vocations à la recherche du Christ. Ils sont proposés

par le Centre Romand des Vocations (CRV) à Lausanne. Outre les camps d’été,

le CRV a proposé cette année aussi 2 camps de 5 jours durant la semaine de

Pâques (apic/fs)

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