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Zurich: Une initiative sur la séparation Eglises-Etat (270795)
donne des sueurs froides aux Eglises zurichoises
La droite veut sanctionner des Eglises trop sociales
Zurich, 27juillet(APIC/SPP) Le peuple zurichois est invité à se prononcer, le 24 septembre prochain, sur une initiative qui demande la séparation
des Eglises de l’Etat. A Zurich, les Eglises réformée, catholique-romaine
et catholique-chrétienne ont des sueurs froides. En cas du vote positif,
elles pourraient perdre le statut privilégié qu’elles entretiennent avec
l’Etat, un statut qui permet aux pasteurs zurichois d’être les mieux payés
de Suisse.
Selon Christoph Möhl, journaliste au « Reformiertes Forum » et ancien
chargé d’information de l’Eglise réformée de Zurich, derrière le comité
d’initiative se cache la droite, voire l’extrême droite et en particulier
« les amis de Christoph Blocher ». Ces personnes ne supportent pas que
l’Eglise s’immisce dans les affaires politiques, notamment ce qui concerne
les demandeurs d’asile, le nucléaire ou encore l’armée.
Des reproches non fondés
Le reproche de trop s’occuper de politique n’est, selon le journaliste,
pas justifié. La plupart des paroisses ne sont pas engagées comme les promoteurs de l’initiative le prétendent. Ceux qui sont visés ont souvent fait
un travail très respectable, estime-t-il. Les communes riches des deux côtés du lac ont été les premières à offrir des infrastructures pour les drogués. Le travail des Eglises avec les malades du sida et les demandeurs
d’asile a également été très impressionnant.
Il y a une dizaine d’années, c’était la gauche et les libéraux qui souhaitaient la séparation. La situation a changé et ils défendent actuellement le lien Eglises-Etat. Le Conseiller d’Etat socialiste Moritz Leuenberger considère même que les Eglises doivent être soutenues car « elles permettent un meilleur contrôle démocratique.
Conséquences économiques
« Les revenus de l’Eglise réformée s’effondreraient » en cas de oui à
l’initiative, affirme Christoph Möhl. La séparation annulera les « titres
historiques »: au siècle dernier, l’Eglise a cédé des terrains à l’Etat contre le versement d’une subvention annuelle. La subvention, qui s’élève actuellement à 46 millions de francs, permet de payer les 60% des salaires
pastoraux.
Les contributions ecclésiastiques obligatoires, qui atteignent 156 millions de francs, deviendraient facultatives. « S’il est difficile de chiffrer précisement les pertes, il est par contre probable que les personnes
morales décideront de ne plus payer ces impôts », a relevé le journaliste.
Au centre ville, où se trouvent les banques, les personnes morales versent
plus de 50% des contributions ecclésiastiques. Il sera difficile de trouver
ailleurs tous ces millions.
L’Eglise catholique se trouverait dans une situation encore plus désagréable que l’Eglise reformée. Car ses revenus lui permettent actuellement
de rester plus ou moins indépendante de Mgr Wolfgang Haas, évêque de Coire.
En cas de séparation, elle risque de perdre tout ou partie de cette liberté, souligne Christoph Möhl.
Faire pencher la balance
Le « Tages Anzeiger » a publié ce printemps un sondage selon lequel 55%
des personnes interrogées étaient en faveur de la séparation. « Le sondage
n’était pas centré sur la séparation Eglises-Etat », rectifie le journaliste. « Le signal a tout de même été clair pour les Eglises. » Elles ont commencé à faire de la propagande dans les paroisses pour faire pencher la balance. « Dans le canton de Zurich, il y a actuellement 10’000 bénévoles au
service des Eglises. Leur travail serait compromis si les infrastructures
disparaissaient », conclut le journaliste. (apic/spp/fs)
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