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L’Eglise catholique de Sibérie aura sa cathédrale (260795)

L’édifice sera modeste, comme la mission qu’on tolère

Milan/Novossibirsk, 26juillet(APIC/CIP) De l’Oural à l’Extrême-Orient,

des communautés catholiques sont dispersées à travers la vaste Sibérie. Un

groupe de prêtres autour d’un évêque jésuite de 42 ans, Mgr Joseph Werth, a

pris en charge la centaine de paroisses que compte le territoire. La fin de

l’ère communiste a facilité la reprise des contacts avec les déportés et

leurs descendants que les tsars, puis les soviets ont arraché à leurs terres natales. Les premiers objectifs pastoraux de l’Eglise catholique en Sibérie restent de tisser des liens entre les communautés. Mais la méfiance

des orthodoxes envers la minorité catholique est lourde à porter.

Le Père Alexis Strycek, un des six Jésuites présents à Novossibirsk,

cite la fière déclaration d’un Sibérien: « Ici, le noyau de la population,

est constitué d’indésirables: les meilleurs de l’empire russe! ».

En fait, la population catholique rassemble des Polonais, des Baltes,

des Allemands de la Volga. Le qualificatif « uniates » qui caractérise ces

catholiques de rite byzantin exprime leur attachement à l’Eglise de Rome.

Leur foi n’est guère séparable de leurs traditions nationales. Et la sauvegarde des deux semble aller de pair. Longtemps, les prêtres ont parcouru à

pied cet immense pays pour visiter leurs paroissiens et administrer les sacrements. Un seul de cette époque est resté en vie: il fait toujours partie

de l’équipe des prêtres en charge des paroisses sibériennes.

Comme partout à l’Est, la reconstruction de lieux de culte est une des

priorités. « C’est la partie matérielle qui réclame le meilleur du temps »,

explique le Père Strycek. Il faut obtenir l’autorisation d’acquérir un terrain ou un permis de bâtir, puis trouver du ciment… ou simplement une

serrure. » Sans compter que « l’administrateur local, avant de remettre le

document, se concerte avec le pope ».

Malgré les tracasseries, les catholiques ont réussi à prendre possession

de la belle église de Tomsk en style Empire, construite par les Français. A

Novossibirsk, pour bâtir leur modeste cathédrale, les catholiques ont obtenu une parcelle au centre-ville, non loin de la place Lénine. Actuellement,

ils célébrent la messe dans une petite maison, pouvant contenir une cinquantaine de fidèles.

Novossibirsk, ville d’un million et demi d’habitants, est considérée

comme le coeur d’une région « canoniquement » orthodoxe. « Nous, les catholiques, nous ne sommes qu’une enclave tolérée en terre orthodoxe, commente le

Père Strycek. Notre activité doit se limiter aux populations « historiquement » catholiques. Malgré ses tentatives pour nouer le dialogue, Mgr Werth

n’a jamais été reçu par l’évêque orthodoxe de Novossibirsk. »

Les Jésuites, au nombre de six, sont chargés de la paroisse, et dirigent

un Institut de formation préparatoire au Séminaire. Ils pensent bientôt

inaugurer un centre culturel et religieux. Deux jésuites, venus de l’Université Grégorienne de Rome, accomplissent un stage de six mois et donnent

des conférences.

Les prêtres catholiques ressentent durement la méfiance orthodoxe.

« Pourquoi, demande l’un d’eux, nous suspecter a priori de prosélytisme dans

nos contacts avec les Russes? Pourquoi ne pas dialoguer et chercher à collaborer? L’oecuménisme serait-il devenu une hérésie? » (apic/cip/mp)

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