Le pape demande aux gréco-catholiques de vaincre la rancœur par la charité et le pardon

A l’image des martyrs, les chrétiens sont appelés à la liberté et à la miséricorde face aux persécutions et aux idéologies, a affirmé le pape François au cours d’une célébration qu’il présidait à Blaj le 2 juin 2019. Au troisième jour de sa visite en Roumanie, le pontife a de nouveau dénoncé les «colonisations idéologiques».

Après les autorités et les orthodoxes le premier jour et les catholiques latins hongrois le second jour, le successeur de Pierre a dédié sa troisième journée en Roumanie aux gréco-catholiques. Pour cela, il s’est rendu à Blaj, cœur historique de cette communauté unie à Rome depuis 1698. Pendant l’ère communiste, les gréco-catholiques ont particulièrement souffert puisque leur Eglise a été interdite et dissoute au sein de l’Eglise orthodoxe roumaine. Ce n’est qu’en 1989 avec la chute de Ceausescu qu’elle a pu renaître.

Persécutés et emprisonnés, a salué le chef de l’Eglise catholique dans une homélie applaudie, les sept évêques béatifiés pendant la célébration ont offert un «précieux héritage», un «message prophétique» : celui de la liberté et de la miséricorde. A la suite des sept évêques martyrs, les chrétiens doivent faire prévaloir la fraternité sur la division. Notamment par la fraternité du sang qui a montré que c’est au cœur des persécutions que les chrétiens sont le plus unis. Et envers les bourreaux, a demandé le pontife, les chrétiens doivent puiser dans leur foi pour «vaincre la rancœur par la charité et le pardon».

Les nouvelles idéologies athées

Pour le successeur de Pierre, cela est d’autant plus nécessaire qu’existent désormais de nouvelles idéologies visant à «déraciner» les peuples. Ces colonisations idéologiques nuisent par les propositions aliénantes qui déprécient la personne, la vie, le mariage et la famille. Elles ne cherchent que les intérêts personnels immédiats et chosifient les personnes et sont ainsi tout autant athées que les totalitarismes du 20e siècle. Et le pape d’insister: ces voix veulent «éliminer et enterrer» l’héritage des peuples en semant la peur et la division.

Dans son homélie, le pape a eu des mots d’une rare force pour dénoncer – sans jamais utiliser le mot ›communisme’ – la «féroce oppression» du système «idéologique totalitaire et coercitif» en vigueur en Roumanie dans la seconde moitié du 20e. Les gréco-catholiques, dont les sept évêques béatifiés au cours de la célébration, ont été particulièrement persécutés par ce régime «dictatorial et athée» et ses discours et actions voulant «l’expulsion et l’anéantissement» des voix discordantes.

A la fin de la célébration, le pape François a remercié les différentes autorités pour l’organisation ce 30e voyage apostolique. Sous les applaudissements des fidèles, il a en particulier exprimé sa reconnaissance à l’Eglise orthodoxe roumaine pour l’avoir accueilli «fraternellement». Quant aux gréco-catholiques, l’évêque de Rome a salué leur «ardeur apostolique». A tous les Roumains, il a souhaité un avenir «d’authentique» progrès pour une patrie toujours plus juste et fraternelle.

Sous un ciel bleu, cette cérémonie est la première divine liturgie – la célébration eucharistique dans les rites byzantins – présidée par le pape François. Cette cérémonie, proche du rite orthodoxe, est célébrée par le cardinal Lucian Muresan, archevêque majeur de l’Eglise gréco-catholique roumaine. Quelque 60’000 personnes étaient présentes tandis que 20’000 autres l’ont suivi sur les places de la ville. (cath.ch/imedia/xln/mp)

Maurice Page

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