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Brésil: L’archevêque de Salvador da Bahia et le syncrétisme (180795)
Controverse relancée sur les cultes afro-brésiliens
Brasilia, 18juillet(APIC) Les dernières déclarations du cardinal Lucas
Moreira Neves, archevêque de Salvador da Bahia au Brésil, contre le syncrétisme et en particulier contre le mélange de certains éléments des religions afro-brésiliennes avec le culte catholique font des vagues. Précisément à Salvador, qui est la ville brésilienne où ces cultes afro-brésiliens, appelés «macumbas» ou «condomblés» se pratiquent le plus.
A Salvador da Bahia, première capitale du Brésil, (avant Rio de Janeiro
et Brasilia) les noirs et les métisses sont nombreux, voire nettement majoritaires. C’est d’ailleurs dans cette ville que débarquaient, au début de
la colonisation portugaise, les navires chargés d’esclaves venus d’Afrique.
Aux dires des historiens, c’est aussi à Bahia que se sont développés de la
manière la plus authentique – cela se vérifie actuellement encore- les cultes afro-brésiliens, où se rencontrent les rites, les transes, les divinités d’Afrique mêlés souvent aux rites catholiques, spécialement ceux liés
au culte de saints.
L’attraction de l’église do Bonfim
L’église do Senhor do Bonfim à Salvador concrétise, entre autres, ce
syncrétisme relevé par le cardinal Moreira Neves. Depuis des siècles, chaque année, adeptes du condomblé et paroissiens catholiques lavent ensemble
les grands escaliers qui mènent au porche de l’église. Mais le fait que
l’archevêché ait pris la décision de fermer l’église ce jour-là a créé un
malaise parmi ceux et celles qui s’adonnent joyeusement à ce rite ancestral.
Au moment où le 5e Congrès missionnaire latino-américain s’interroge à
Belo Horizonte sur l’ouverture de l’Eglise catholique aux gestes, danses et
rites afro-américains – la fameuse inculturation de l’Evangile aux diverses
cultures – les déclarations de l’archevêque de Bahia, en outre nouveau président de la Conférence épiscopale du Brésil (CNBB), n’ont pas manqué de
jeter un froid dans cette discussion qui n’est d’ailleurs pas nouvelle. Depuis longtemps théologiens, évêques et simples fidèles ont été interpellés
sur cette question difficile et controversée: Devient-on «mauvais catholique» ou «mauvais macumbiste» si l’on mélange quelque peu les rites et les
liturgies des deux religions? Le même débat existe par exemple en Haïti
avec le culte vaudou. (apic/em/ba)
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