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Genève: Il faut mettre un terme à la tragédie (170795)
des «enfants soldats», demande la Fédération luthérienne mondiale
Genève, 17juillet(APIC) La Fédération luthérienne mondiale (FLM) lance
une campagne d’informations sur les «enfants soldats» enrôlés de gré ou de
force dans les armées. Elle attire l’attention de l’opinion publique sur
cette réalité juste avant la tenue d’une réunion des Nations Unies, prévue
en octobre 1995, qui examinera la proposition de faire passer l’âge minimum
international de conscription militaire de 15 à 18 ans.
La FLM appelle ses Eglises membres à faire pression sur leurs gouvernements respectifs pour qu’ils appuient cette proposition.
Pour Rebecca Larson, travaillant au département de l’Entraide mondiale
luthérienne, le problème des enfants soldats s’aggrave. Le dernier numéro
de «Development Education Forum», publié par la FLM, met l’accent sur la
situation de milliers d’enfants soldats dans le monde, en s’appuyant sur
des récits d’enfants qui ont été forcés d’entrer dans une armée.
Les enfants s’engagent parfois volontairement dans des troupes de guérilleros pour venger des proches, après avoir été les témoins de massacres,
de tortures, d’emprisonnements arbitraires ou de sévices sexuels. D’autres
enfants sont attirés par les promesses de nourriture et les avantages matériels offerts par les groupes militaires.
Dans d’autres cas, les troupes régulières ou de guérilleros kidnappent
et torturent les enfants pour les obliger à prendre les armes. Même après
les hostilités, les enfants peuvent souffrir de problèmes psychologiques à
long terme. Ils ont aussi souvent perdu tout contact avec leur famille.
Comment désapprendre «l’instinct meurtrier»?
Et même s’il est possible de retourner chez soi, comment désapprendre
l’instinct meurtrier quand on a appris, ou que l’on a été forcé d’apprendre, à tuer dès l’enfance», demande Rebecca Larson.
La situation est particulièrement grave au Libéria, où, depuis 1989, environ 6’000 enfants âgés de 7 à 17 ans ont été armés et ont pris part à la
guerre civile. Durant la longue guerre civile du Mozambique, la Résistance
nationale du Mozambique (RENAMO) a systématiquement kidnappé des jeunes
garçons. Alors que la guerre continuait, les forces gouvernementales du
Front de libération du Mozambique (FRELIMO) recrutaient aussi des enfants
de 14 ans.
Pendant la guerre civile au Salvador, de 1979 à 1992, l’armée recrutait
des adolescents et des jeunes garçons dans les rues. Ces pratiques de recrutement ont incité des garçons, parfois âgés de moins de 15 ans, à se
joindre aux forces armées du Front Farabundo Marti de libération nationale
(FMLN). Jusqu’en 1986, le FMLN a aussi obligé des enfants de 12 à 15 ans à
suivre un entrainement militaire dans des écoles avant d’être enrôlés à
l’âge de 16 ans.
Rebecca Larson rappelle toutefois que, dans d’autres cas, les parties en
conflit font en sorte que les enfants soient impliqués le moins possible
dans les combats. Par exemple, les enfants qui avaient grossi les rangs des
troupes de guérilleros se battant pour l’indépendance du Zimbabwe ont été
envoyés dans des centres pour personnes déplacées et des camps de réfugiés,
où ils ont pu poursuivre leur éducation.
Un défi pour les Eglises
Selon Rebecca Larson, la situation des enfants soldats est un défi pour
les Eglises comme pour la communauté internationale. Non seulement les
Eglises peuvent exercer des pressions sur les gouvernements, mais elles
peuvent aider les enfants soldats à se réinsérer dans la société. Et aussi
promouvoir la paix et la réconciliation dans des situations de conflit.
(apic/eni/ba)
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