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Ukraine: 350e anniversaire de l’Union d’Oujgorod en 1996(170795)
Une Eglise éprouvée par l’histoire
Moukatchevo/Bratislava, 17juillet(APIC) L’Eglise gréco-catholique de
Transcarpathie (Ukraine) prépare pour le 21 avril prochain la célébration
du 350e anniversaire de l’Union d’Oujgorod. Des centaines de milliers de
catholiques du rite byzantin d’Ukraine, de Slovaquie, d’Hongrie, de Roumanie, d’Autriche, du Canada et des Etats-Unis participeront à la célébration
dans la cour du château d’Oujgorod.
L’Union entre l’évêque orthodoxe du diocèse de Moukatchevo, Mgr Vasili
Tarasovitch, et l’évêque catholique d’Eger (Hongrie), Mgr György Jakusicz,
a été signée en avril 1646 dans le château d’Oujgorod. Seulement 63 des 650
prêtres du diocèse Moukatchevo se convertirent à l’époque au catholicisme.
L’évêque Tarasovitch, lui-même, se reconvertit à l’orthodoxie. Il est mort
en 1651.
L’organisateur principal du mouvement uniate a été son successeur Petro
Petrovich (1651-66). Une crise est survenue après sa mort. Trois évêques se
trouvaient simultanément en concurrence: un, élu par le synode uniate, un
autre assigné par l’empereur Ferdinand III et le troisième nommé par la
comtesse Sophie Rakoczy, une souveraine locale. Cette situation inconfortable s’est résolue en 1689 avec la nomination De Giovanni Giusseppe Camillis
comme vicaire apostolique de Moukatchevo. Ce dernier, un Grec originaire de
l’île de Chio, avait étudié au Collège grec de Rome. Il a convoqué plusieurs synodes, publié un catéchisme et renforcé l’Union; en 1693, 420 paroisses ont adhéré à l’Eglise gréco-catholique.
Dans les premières décennies du XVIIIe siècle, les évêques latins d’Eger
ont réussi à obtenir la soumission du diocèse uniate de Moukatchevo à leur
juridiction. Les uniates ont protesté contre les limitations imposées à
leurs évêques.
Indépendance de jurisdiction
Le pape Clément XIV n’a réglé les relations tendues qu’en 1771. Par la
bulle «Eximia regalium», il a redonné les droits personnels de juridiction
aux évêques uniates. Le diocèse uniate comprennait tout le territoire de
nord-est du Royaume hongrois, dominé par les Habsbourg. Il contenait 839
églises et 675 paroisses. De 1776, il est devenu suffragant de l’archidiocèse d’Esztergom.
Le pape Pie VII a divisé le diocèse de Moukachevo en 1818. Le second
siège de l’évêque gréco-catholique a été créé à Presov, dans la Slovaquie
actuelle. La politique menée depuis 1866-après la compensation austrohongroise-a empêché les relations des deux diocèses avec le métropolite
de Lviv. Ainsi comme les diocèses uniates de Transylvanie, en Roumanie, ils
ont appartenu jusqu’en 1918 à la province ecclésiastique latine d’Esztergom. Cela avait pour effet que certains règlements concernant le clergé
hongrois ont dû être appliqués aussi dans les diocèses uniates.
Evêque-martyr Pavol Gojdic
La Transcarpathie a été attribuée à la Tchécoslovaquie en 1919. En 1941,
après une courte période d’indépendance sous la présidence d’un prélat
uniate, la région est donnée à la Hongrie et, en 1945, à l’Ukraine soviétique. L’Eglise gréco-catholique a été dissoute en 1946 par la force et intégrée dans l’Eglise orthodoxe. Dans la région de l’Union d’Oujgorod, les
communistes ont dissous l’Eglise gréco-catholique un peut plus tard. L’évêque Teodor Romza a perdu la vie en Transcarpathie dans un accident de voiture «dans des circonstances peu claires». Les uniates ont été ensuite incorporés dans l’orthodoxie.
Dans la Slovaquie voisine, la levée de l’Union a été effectuée en 1951.
L’évêque de Presov, Mgr Pavol Gojgic a refusé à réintégrer l’Eglise orthodoxe. Il est mort le 17 juillet 1960, dans la prison de Leopoldov. Le pape
Jean Paul II a annoncé le 2 juillet dernier, lors de sa visite à Presov, le
commencement rapide du procès de béatification de Mgr Gojdic.
La recréation de l’Eglise gréco-catholique en Slovaquie a commencé pendant le printemps de Prague. Le 10 avril 1968, 163 prêtres-dont beaucoup
de clandestins-et 66 laïcs se sont réunis pour former un «comité d’action», à la tête avec l’évêque clandestin Vasil Hopko. L’Eglise gréco-catholique en Tchécoslovaquie a été officiellement reconstituée le 13 juin
1968. Elle n’a pourtant réçu aucun des bâtiments confisqués.
La Faculté théologique gréco-catholique a été reconstituée en 1991 après
la «Révolution de velours» (1989). Les bâtiments et les églises uniates
leur ont été restitués, ce qui a ammené des tensions avec les orthodoxes,
qui les ont utilisés depuis 1951.
L’Eglise gréco-catholique a été en 1991 reconstituée également en Transcarpathie (diocèse de Moukatchevo). L’évêque Ivan Semedi était auparavant
un évêque clandestin. (apic/kap/fs)
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