apic/Querelle interorthodoxe/Alexis II/Bartholomée I/Amertume et déception
Istanbul: Tensions entre le patriarcat de (270895)
Constantinople et le patriarcat de Moscou
« Amertume et déception » du patriarche oecuménique Bartholomée Ier
Istanbul, 27août(APIC) Le patriarche oecuménique Bartholomée Ier déclare
éprouver une « grande amertume et de la déception » face à la critique par
l’orthodoxie russe de son rôle de médiateur dans les conflits internes de
l’orthodoxie en Ukraine et en Estonie, où des courants centrifuges ont décidé de rompre leurs relations avec le patriarcat de Moscou. Il a fait part
de ses sentiments dans une lettre ouverte au patriarche Alexis II, chef de
l’Eglise orthodoxe russe.
Rendue publique vendredi à Istanbul, cette lettre rappelle que l’histoire et la tradition justifient que le patriarche oecuménique protège et aide
les communautés orthodoxes du monde entier qui cherchent une solution à
leurs problèmes internes.
Le patriarche Alexis II avait vivement critiqué, dans une lettre
adressée au patriarche Bartholomée Ier, le fait que le patriarcat oecuménique ait, sans le consulter, reçu dans son obédience l’ »Eglise orthodoxe
ukrainienne du Canada » et tout récemment l’ »Eglise ukrainienne en exil »,
une entité ecclésiale implantée aux Etats-Unis et en Europe occidentale.
Cette dernière Eglise n’était auparavant en communion avec aucune autre
Eglise orthodoxe.
Alexis II reproche également le soutien de Constantinople à certaines
paroisses orthodoxes d’Estonie qui veulent se détacher du patriarcat de
Moscou, créant ainsi une juridiction parallèle sur le territoire estonien.
Le patriarche Bartholomée Ier se serait ainsi immiscé dans les affaires internes du patriarcat de Moscou. La façon d’agir du patriarcat oecuménique
aurait fortement détérioré les relations entre Constantinople et Moscou,
estime-t-on du côté de l’Eglise orthodoxe russe.
Avec la reconnaissance canonique des deux communautés ukrainiennes comme
« Eglises sous juridiction directe du patriarcat oecuménique », Constantinople suscite un désaccord entre fidèles. Les deux Eglises en cause sont du
point de vue de Moscou des « communautés schismatiques ».
Le patriarche Bartholomée Ier rejette ces accusations et rappelle que
les Ukrainiens en exil ont « des relation historiques ininterrompues avec
l’Eglise-mère de Constantinople ». L’Eglise en exil s’est de plus engagée à
ne pas exiger le statut d’autocéphalie, qui la rendrait totalement indépendante. Concernant l’Estonie, Bartholomée Ier rappelle que l’ »Eglise apostolique orthodoxe estonienne » avait été fondée canoniquement par le patriarcat oecuménique dans la période entre les deux guerres. Quand Staline « a
volé aux Estoniens leur liberté », l’Eglise orthodoxe estonienne a été forcée de s’unir à Moscou. (apic/kap/fs/be)
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