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Bavière: Manifestations prévues contre le (230895)
jugement sur les crucifix dans les écoles
La Cour de Karlsruhe précise son jugement: une ouverture se dessine
Munich/Bonn, 23août(APIC) La tension causée par le récent jugement de la
Cour constitutionnelle allemande (BVG) à Karlsruhe, selon lequel les crucifix n’ont pas leur place dans les salles de classe des écoles obligatoires
de l’Etat, n’est pas près de retomber en Allemagne. Le 23 septembre, une
manifestation de protestation aura lieu à Munich avec la participation du
cardinal Friedrich Wetter, archevêque de la ville, et du ministre président
bavarois Edmund Stoiber (CSU). De son côté, la Cour constitutionnelle a
reconnu que sa formulation était imprécise, permettant ainsi une ouverture:
ce n’est que l’obligation étatique des crucifix qui était visée.
Partageant l’indignation de nombreux autres membres de l’épiscopat
allemand, l’évêque de Ratisbonne, Mgr Manfred Müller, a également appelé
les fidèles de son diocèse à une manifestation contre le jugement de la
Cour constitutionnelle. Dans une lettre pastorale, il a demandé à ses diocésains de participer à une action de prière à Ratisbonne – qui sera suivie
d’une manifestation sur la place de la cathédrale – et d’organiser d’autres
manifestations de ce genre dans différentes régions. « Comme chrétiens,
écrit-il, nous nous sentons méprisés et blessés dans nos sentiments religieux ».
Alois Glück, président du groupe chrétien-social (CSU) au Landtag de Bavière, a rejeté les critiques contre les plans du gouvernement bavarois de
corriger « aussi largement que possible » par une loi les défauts du jugement
de la Cour constitutionnelle. La fraction de la CSU au Landtag, par respect
pour la séparation des pouvoirs et la Cour constitutionnelle, et consciente
de sa responsabilité face à l’Etat de droit, ne lancera pas un appel au
boycott. Par contre, estime-t-il, il est correct que le législateur bavarois explore l’ensemble de la palette de ses possibilités étant donné que
les affaires scolaires sont de la compétence des Länder.
« Cette initiative s’impose d’autant plus qu’entretemps la Cour constitutionnelle parle de formulation prêtant à des malentendus », souligne-t-il.
Mardi, en effet, la Cour constitutionnelle à Karlsruhe a dû admettre dans
un communiqué que son jugement a été formulé de façon imprécise. La Cour
précise que c’est « l’obligation faite par l’Etat » d’installer des croix ou
des crucifix dans les salles de classe des écoles obligatoires de l’Etat,
qui ne sont pas des écoles confessionnelles, qui porte atteinte à la liberté religieuse garantie par la Constitution. Une marge d’interprétation reste donc ouverte.
Pas d’unanimité derrière les protestations
D’autre part, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour
éviter que la querelle sur l’obligation ou l’interdiction des crucifix dans
les salles de classes des écoles publiques ne mine l’Etat de droit. De
l’avis de Ernst Gottfried Mahrenholz, ancien vice-président de la Cour
constitutionnelle, le jugement de Karlsruhe ne doit être invalidé ni par le
tribunal administratif de Bavière ni par une consultation populaire ou un
deuxième jugement. Il met en garde les Eglises, qui devraient réfléchir à
deux fois avant de mettre sur pied, pour cette raison, des écoles confessionnelles.
L’ancien vice-président de la Cour de Karlsruhe estime que cette décision controversée aurait pu être évitée si les autorités scolaires avaient
fait preuve d’un « minimum de flexibilité ». L’ancien juge constitutionnel a
également averti du danger d’abuser du crucifix comme arme contre l’Etat de
droit.
Un jugement « juste et nécessaire »
Dans certains milieux chrétiens progressistes, comme l’Initiative de
« l’Eglise d’en bas » (IKvu), on salue le jugement de Karlsruhe. L’IKvu critique les « réactions démesurées » contre cette décision et estime que ce jugement est « juste et nécessaire » dans le sens de la séparation entre
l’Eglise et l’Etat. La Cour n’a pas interdit la présence des crucifix dans
les écoles, souligne-t-elle, mais seulement l’obligation légale de les installer dans les salles de classe qui prévaut en Bavière.
L’IKvu considère que le jugement de la Cour constitutionnelle ne viole
pas la liberté religieuse, mais est dirigé contre une certaine « contrainte
religieuse », et qu’il cherche à garantir la « coexistence dans la liberté »
dans un Etat où vivent des gens aux convictions religieuses et philosophiques diverses. L’organisation reproche aux « dignitaires ecclésiastiques » et
aux « partis qui s’appellent chrétiens » d’avoir suscité les réactions qui se
transforment en « hystérie de masse » contre le jugement de la Cour constitutionnelle. (apic/kna/be)
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