apic/Pékin/Communauté de travail/Suisse
La Communauté de travail des oeuvres suisses d’entraide représentée à Pékin
Pour y défendre les droits des femmes,
qui sont partie intégrante des droits de l’homme (230895)
Pekin/Berne, 23août(APIC) La Conférence de l’ONU sur les femmes, du 4 au
15 septembre à Pékin, met un terme, après le Sommet de la terre, à Rio de
Janeiro, la Conférence sur la population mondiale, au Caire, et le Sommet
social à Stockholm, au cycle des grandes Conférences onusiennes. Regula
Frey Nakonz, responsable du Bureau de coordination «Femmes et développement», de Pain pour le Prochain, l’EPER et la KEM, est membre de la délégation officielle qui représentera la Suisse en Chine. Elle explique dans un
premier temps les raisons d’une représentation des oeuvres d’entraide au
sein de cette délégation à Pékin.
RFN: Sans la paix et le développement, l’égalité des femmes reste un
concept abstrait. Il est donc logique que les organisations d’aide au développement soient aussi présentes dans la délégation. Les oeuvres d’entraide, tant en Suisse qu’ailleurs, sont persuadées que leur participation et
leur présence peuvent exercer une influence décisive sur le document final.
Cette conviction n’est pas totalement dénuée de fondement. En effet, lors
de la Conférence préparatoire à New York, un quart environ de tous les
changements apportés au texte a été le fait des oeuvres d’entraide. Il
s’agissait, pour elles, en particulier, de souligner que les droits de la
femme sont partie intégrante des droits de l’homme.
Q.: Quelles sont les principales questions qui seront discutées durant
la conférence?
RFN: Les questions économiques prennent, certes, beaucoup de place. La
situation économique mondiale, et surtout la globalisation croissante de
l’économie, est très préoccupante. Le problème de la pauvreté spécifiquement féminine, conséquence, notamment, des programmes d’ajustement structurel, est aussi partout crucial. C’est dans ce contexte que la question de
l’égalité intervient. Car au niveau économique, l’égalité est une revendication féminine essentielle. Il faut que les femmes soient toujours plus
nombreuses à intervenir activement dans le processus en cours. Qu’elles
puissent abandonner le rôle de victimes et faire valoir leurs droits droit au travail ou droit à un salaire égal pour un travail égal, surtout
-. Les oeuvres d’entraide ont placé ces questions au tout premier plan de
leurs préoccupations.
L’idée que la lutte contre la pauvreté et la satisfaction des revendications féminines sont des combats qui doivent être menés tôt, c’est-à-dire
au moment de l’adolescence déjà, est largement admise. Le sort d’une fillette est souvent scellé lorsqu’on choisit de l’inscrire à l’école et de
lui donner une formation. Les Africaines, particulièrement concernées par
le problème, ont su attirer l’attention sur la question de la prise en
compte des revendications féminines dès l’adolescente.
Q.: Lors des conférences préparatoires du Sommet mondial sur les femmes,
on a pu constater qu’il n’y avait pas consensus sur tous les points. Des
divergences existent non seulement entre les différents gouvernements ou
cultures, mais aussi entre les gouvernements et les oeuvres d’entraide…
RFN: On le constate, en effet, en matière économique. Alors que les gouvernements, pour la plupart, ne formulent aucune critique à l’endroit du
libéralisme économique, pour les ONG, en revanche, ce système est inapte à
répondre véritablement au problème de la pauvreté. Les ONG estiment qu’on
ne peut pas attaquer valablement la question de la satisfaction des besoins, en particulier dans les pays du Sud, et celui de la répartition des
ressources, si le régime économique est totalement libre, et lorsqu’il n’y
a pas un minimum de règlements et de dispositions étatiques.
Il n’y a pas non plus unanimité sur la question du désarmement. Si les
oeuvres d’entraide et un certain nombre d’autres organisations non gouvernement (ONG) visent une nouvelle réduction, importante, des dépenses militaires pour les affecter au développement, les Etats, eux, pour la plupart,
cherchent dans le meilleur des cas à simplement empêcher un excès de dépenses militaires.
Il n’y a pas même unanimité sur la question de l’égalité. On ne s’entend
pas sur les termes anglais «equality» et «equity». Pour les uns, on parle
d’»equality», soit d’égalité des droits. Les Etats, pour la plupart, et les
ONG, voudraient voir ce terme figurer dans le document final qui sera approuvé à Pékin. Pour d’autres pays et organisations, notamment l’Iran,
l’»equity», soit la justice, l’impunité, devrait en tout cas – et au moins
– être concédés aux femmes.
Q.: Le transfert, ou l’appropriation des ressources, y compris dans les
pays les plus pauvres, est une autre source controversée des revendications
des femmes…
RSN: La mise en oeuvre des décisions qui seront prises, espérons-le, à
la Conférence mondiale sur les femmes, suppose que les pays les plus pauvres, en particulier, en aient les moyens financiers. La Communauté de travail des oeuvres d’entraide – Swissaid, Action de Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas et Caritas – que je représente à Pékin, a formulé sa position très clairement dans un document sur le financement. Elle demande notamment que 0,7% du produit social brut soit affecté à la coopération au développement, 20% au moins des ressources disponibles à la coopération au
développement bilatérale, et 20% du budget de l’Etat au développement social (intérieur et extérieur). D’autres mesures sont demandées, telles qu’une
contribution plus ferme au désendettement ou encore un engagement plus affirmé au sein d’institutions financières internationales, en matière sociale. Mais il est clair que toute décision impliquant pour un Etat la moindre
conséquence financière entraînera automatiquement une poussée des résistances. (apic/uaj/pr)
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