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apic/FEPS/non à la séparation des Eglises et de l’Etat à Zurich

Suisse: Initiative populaire pour la « Séparation (230895)

de l’Eglise et de l’Etat » dans le canton de Zurich

La Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) s’y oppose

Berne, 23août(APIC) La Fédération des Eglises protestantes de la Suisse

(FEPS) est fermement opposée à l’initiative populaire pour la « Séparation

de l’Eglise et de l’Etat » lancée à Zurich. Dans un communiqué publié mercredi, la FEPS rappelle que dans le canton de Zurich, les citoyens décideront le 24 septembre prochain s’ils veulent une séparation complète des

Eglises et de l’Etat.

Pour la FEPS, le résultat de la votation aura une large portée: l’initiative demande que l’Eglise évangélique réformée, l’Eglise catholique romaine et l’Eglise catholique chrétienne du canton de Zurich, comptant ensemble plus de 250 paroisses, perdent leur statut de communautés de droit

public et soient désormais obligées de s’organiser en associations privées.

Ce qui veut dire que les Eglises se verraient retirer la possibilité de

conduire et de soutenir par les impôts ecclésiastiques de nombreuses

oeuvres sociales. L’enseignement religieux, qui à Zurich est organisé en

commun par l’Etat et l’Eglise dans un esprit d’ouverture oecuménique,

serait impossible. Serait aussi menacée la Faculté de théologie de

l’Université de Zurich, dont la suppression aurait de graves conséquences

pour le protestantisme suisse et mondial. La suppression d’un certain

nombre de paroisses toucherait très durement l’Eglise protestante, qui vit

dans et par les paroisses.

Effet d’incitation dans d’autres cantons?

L’Eglise évangélique réformée nationale du canton de Zurich, en tant que

deuxième membre de la FEPS par ordre d’importance, apporte un soutien décisif aux oeuvres et institutions du protestantisme suisse (dont l’EPER et

PPP). La privatisation de l’Eglise zurichoise concerne donc aussi les autres membres de la FEPS; elle pourrait par ailleurs avoir un effet d’incitation dans d’autres cantons.

Le but déclaré de l’initiative de séparation de l’Eglise et de l’Etat

est de rabaisser les Eglises à une importance locale uniquement. Mais le

protestantisme ne peut renoncer à sa signification nationale. Sans Eglises

nationales fortes et sans la Fédération des Eglises protestantes de la

Suisse, l’équilibre confessionnel souffrirait, notamment face à l’Eglise

soeur catholique romaine, affirme la FEPS. Une privatisation rendrait aussi

beaucoup plus difficile le dialogue avec les autorités fédérales et les organisations internationales, par exemple dans le domaine des droits de

l’homme et des migrations.

Privatiser les Eglises, justement dans le canton le plus peuplé de

Suisse, aurait en outre des effets négatifs sur notre Etat de tradition

chrétienne, note encore la FEPS. « Car la religion n’est pas simplement une

affaire privée. Un Etat dont la Constitution commence par ’Au nom du Dieu

Tout-Puissant!’ reconnaît l’importance des Eglises chrétiennes pour le bien

public.

Ce que le Conseil fédéral a reconnu lui aussi dans sa prise de position

sur l’initiative fédérale de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1980:

’Les valeurs fondamentales, selon l’esprit des Saintes Ecritures que

représentent les Eglises, sont indispensables à l’Etat. Ces valeurs sont

d’abord le respect de la liberté et de la dignité de la personne humaine,

puis l’amour, la vérité, la paix, la justice et la solidarité. En

maintenant et en transmettant ces valeurs fondamentales, les Eglises

portent une haute responsabilité dans l’Etat et la société’ ». L’initiative

fédérale de séparation de l’Eglise et de l’Etat avait été repoussée à une

forte majorité par le peuple.

Tant l’Eglise protestante que l’Eglise catholique du canton de Zurich

sont conscientes que les rapports entre Eglises et Etat doivent être adaptés à l’époque actuelle. Mais la privatisation complète des Eglises que demande l’initiative mettrait abruptement fin au partenariat qui s’est créé

entre l’Etat et l’Eglise et réduirait à néant les réformes déjà engagées.

Pour toutes ces raisons, le Conseil de la FEPS espère que l’initiative de

séparation de l’Eglise et de l’Etat sera repoussée par le peuple, dans

l’intérêt des Eglises zurichoises et du protestantisme suisse, mais aussi

dans l’intérêt du canton de Zurich. (apic/feps/be)

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