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apic/Mgr Candolfi/Entretien/Avenir du diocèse

A la veille de sa retraite, Mgr Candolfi parle de l’avenir du diocèse

L’évêque auxiliaire verrait d’un bon oeil l’ordination d’hommes mariés

qui auraient fait leurs preuves et l’ordination des femmes au diaconat

Delémont, 22août(APIC) Démissionnaire depuis le 30 juin, Mgr Joseph Candolfi, évêque auxiliaire de Bâle pendant douze ans, a accepté d’administrer

le diocèse jusqu’à l’entrée en fonction du successeur de Mgr Vogel. Dans

une interview accordée à Michèle Fringeli pour «Paroisses vivantes», le

bulletin des paroisses catholiques romandes, cet enfant de Moutier livre

ses réflexions au moment de quitter son ministère. Il parle de l’avenir du

diocèse, se déclarant favorable à la formation de nouveaux diocèses, ainsi

et surtout qu’à l’ordination d’hommes mariés – Viri probati – qui auraient

fait leurs preuves. Mgr Candolfi ne verrait pas d’un mauvais oeil l’ordination des femmes au diaconat.

Ses douze ans d’épiscopat ont été marqués par la pastorale des migrants

et la question des requérants d’asile. Défenseur né de l’oecuménisme – il

est également très ouvert à l’Europe -, Mgr Candolfi analyse dans un

premier temps les réactions qui ont suivi la démission de Mgr Vogel.

Mgr Candolfi: Mgr Vogel savait lui-même que sa décision ferait choc et

que beaucoup seraient déçus parce qu’ils avaient mis tous leurs espoirs en

lui. J’ai cependant trouvé dans les paroisses des personnes vraiment équilibrées qui ont compris que tout ne s’était pas arrêté à cette démission.

Le Conseil épiscopal savait également que certains partisans de la suppression de l’obligation du célibat pour les prêtres relanceraient le débat.

L’Eglise a été accusée de bloquer la discussion. Or, en tant qu’administrateur du diocèse, j’ai demandé aux prêtres d’imaginer des lieux de rencontres. Pour qu’ils puissent y parler entre eux de leurs problèmes. Leur célibat est-il encore significatif aujourd’hui?

Mon idée était d’engager les prêtres à parler de cela entre eux, puis

d’ouvrir le dialogue aux agents pastoraux laïcs avant de l’étendre à tout

le peuple de Dieu. Pour moi, l’institution a un sens. Il faut le redécouvrir et l’ajuster au monde dans lequel nous vivons.

Paroisses v.: Comment se dessine l’avenir du diocèse de Bâle?

Mgr Candolfi: Nous pensons qu’il faut intensifier la vie de notre diocèse. J’entends par là que l’évêque doit avoir un contact plus étroit avec

les fidèles des dix cantons. C’est la raison pour laquelle une régionalisation s’impose. Il s’agit de créer des régions pastorales, avec à leur tête

un évêque auxiliaire ou un vicaire épiscopal. Cela nécessitera des études

et des pourparlers, tant avec les responsables de ces régions qu’avec les

autorités politiques concernées. L’idéal serait de former de nouveaux diocèses.

Du côté du personnel, nous avons fonctionné jusqu’à présent en augmentant les tâches des prêtres en ministère. Nous avons par ailleurs engagé

148 assistants pastoraux qui assument tout le ministère non sacrementel: la

catéchèse, la préparation au mariage, au baptême. Cela n’empêche pas les

prêtres d’être confrontés à des tâches toujours plus grandes, ainsi qu’à

une surcharge qui ne peut plus être tolérée.

Depuis deux ans, nous nous préparons à mettre sur pied un événement diocésain qui pourrait marquer l’entrée dans le troisième millénaire. Mgr Vogel venait de constituer un petit groupe d’études.

Paroisses v.: Comment résoudre le problème de la centaine de prêtres en

moins d’ici 1999?

Mgr Candolfi: Cela fait plusieurs années que nous étudions la question

de la relève. En ce qui concerne les théologiens laïcs, parfois

responsables de grandes paroisses comprenant jusqu’à 5’000 habitants, les

fidèles ne comprennent pas pourquoi ce ne sont pas eux qui donnent les

sacrements, alors que ce sont eux qui en assument la préparation.

Nous espérons qu’avec le temps et le consentement de Rome, nous arrivions à ordonner des hommes mariés qui auront fait leurs preuves dans leur

vie professionnelle, dans leur famille et dans leur engagement dans l’Eglise. Ils seraient rattachés à la communauté dans laquelle ils vivent et

pourraient déjà combler certaines lacunes.

En ce qui concerne les femmes, nous avons parlé à plusieurs reprises à

Rome de la question de leur ordination au diaconat, une ordination qui apporterait aussi des éléments de solution. Je relèverai toutefois que ces

deux propositions ne sont que des remèdes partiels et que le problème doit

être traité dans sa globalité.

Paroisses v.: On peut dire que la Suisse vit un changement quasi complet

de son épiscopat. Vous avez présidé la Conférence des évêques suisses.

Qu’est-ce que ce changement va impliquer?

Mgr Candolfi: Il faudra que les nouveaux évêques apprennent à se connaître. De l’ancien épiscopat, il ne restera qu’un seul évêque diocésain, Mgr

Haas. La nouvelle Conférence des évêques suisses devra apprendre à travailler collégialement, et ceci dès ses débuts. J’estime toutefois qu’elle augure une nouvelle étape pour l’Eglise en Suisse. (apic/mf/pv/pr)

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