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Soleure: Election par le chapitre du nouvel évêque de Bâle(210895)

«Elisez non pas un évêque qui aspire au pouvoir,

mais un évêque qui veut d’abord servir»

Soleure, 21août(APIC) Le nouvel évêque de Bâle, qui succède à Mgr JeanGeorges Vogel – qui a démissionné pour raison de paternité le 2 juin dernier – a été élu lundi à huis clos à Soleure par les 18 membres du chapitre

cathédral. Comme prévu, il n’y a pas eu de proclamation solennelle à l’issue du scrutin: les chanoines s’engagent à garder le secret sur le nom jusqu’à l’achèvement de la procédure d’information et la confirmation de

l’élection par le Vatican. Le nom ne devrait pas être connu avant plusieurs

semaines.

La confection de la liste des six candidats a été plus difficile que la

dernière fois, étant donné la situation pastorale née du retrait de Mgr Vogel, a déclaré lundi Mgr Anton Cadotsch à des journalistes.

Lundi matin à l’ordinariat de Soleure, après l’eucharistie à la chapelle

Saint-Jean au Palais Steinbrugg, présidée par Mgr Joseph Candolfi, administrateur du diocèse, concélébrée par Mgr Anton Cadotsch, prévôt du chapitre

cathédral et le chancelier du chapitre, Kuno Eggenschwiler, les membres du

chapitre ont procédé à l’établissement de la liste définitive. Dans son

adresse aux membres du chapitre, Mgr Cadotsch a souligné que cette élection

de l’évêque de Bâle – la deuxième en moins de deux ans, – place le chapitre, en tant qu’organe électeur, face à une tâche extraordinairement difficile et pleine de responsabilités.

Evoquant la situation difficile dans laquelle se trouve aujourd’hui

l’Eglise en Suisse et en particulier dans le diocèse de Bâle, Mgr Anton Cadotsch, prévôt du chapitre cathédral, a demandé à ses pairs d’élire «non

pas un évêque qui aspire au pouvoir, mais un évêque qui veut d’abord servir: les responsables de la pastorale, les hommes et les femmes dans le

diocèse et au-delà».

En filigrane des prises de position souvent passionnées et polémiques

qui ont fait suite à la démission de Mgr Jean-Georges Vogel, on remarque le

désir auquel on ne peut rester sourd d’avoir un évêque qui soit proche du

peuple et qui annonce et témoigne de l’Evangile dans une langue intelligible pour aujourd’hui, a-t-il souligné.

Dressant le profil de l’évêque à élire tel qu’il ressort des discussions

approfondies sur la situation pastorale dans le diocèse de Bâle après le

retrait inattendu de Mgr Vogel et sur les difficiles problèmes auxquels le

nouvel évêque sera confronté, Mgr Cadotsch a relevé les qualités qu’il doit

avoir: il doit être capable de poser les problèmes théologiques actuels et

de dialoguer avec les responsables de la pastorale et les fidèles à partir

d’une foi personnelle profonde et avec compétence théologique.

Le nouvel évêque doit savoir à la fois diriger et être un pasteur, être

ouvert aux questions et aux attentes des hommes et pouvoir supporter les

tensions. Son amour de l’Eglise doit être perceptible tant dans ses paroles

que dans ses actes. Il doit entretenir les relations avec les autres évêques, avec le nonce apostolique et les instances romaines et formuler de

façon ouverte les problèmes pastoraux de son diocèse. Il doit cependant

aussi savoir qu’il ne peut et ne doit pas faire tout tout seul. Finalement,

il devra aussi être sensible à l’oecuménisme et attentif au bien de l’ensemble des gens. Mgr Cadotsch a encore relevé qu’il ne s’agit pas d’élire

un «évêque de rêve» qui changerait tout d’un jour à l’autre. (apic/be)

Une procédure d’élection unique en son genre

Lundi matin à Soleure, après l’eucharistie à l’évêché, les membres du chapitre ont procédé à l’établissement de la liste définitive. La liste a été

ensuite apportée par une délégation du chapitre cathédral, conduite par le

prévôt, accompagné du chancelier du chapitre et – pour la première fois du chanoine Arno Stadelmann – à la Conférence diocésaine bâloise – qui regroupe les représentants des 10 cantons compris dans les limites du diocèse

– siégeant à l’Ambassadorenhof. Le chanoine Stadelmann, «chef du personnel

du diocèse», est chargé de présenter les candidats aux représentants des

cantons diocésains.

L’après-midi, la liste des six candidats – aucun nom n’a été biffé – a

été rapportée par le président de la Conférence diocésaine, Fritz Schneider, conseiller d’Etat du canton de Soleure, et Konrad Schwaller, chancelier d’Etat. C’est alors seulement qu’a eu lieu l’élection proprement dite

du nouvel évêque de Bâle. Mais il n’y aura pas de proclamation solennelle à

l’issue du scrutin. Les chanoines s’engagent à garder le secret sur le nom

jusqu’à l’achèvement de la procédure d’information, respectivement la confirmation de l’élection par le Siège apostolique. Le nouvel évêque peut

alors recevoir l’ordination épiscopale et entrer en fonction dans les trois

mois qui suivent.

L’élection s’est déroulée, comme à l’accoutumée, selon une procédure

unique dans l’Eglise latine et qui a fait ses preuves depuis des siècles.

Outre les chanoines du chapitre cathédral, les Etats diocésains participent

également à cette élection – ils ont le droit de biffer des candidats et de

les déclarer «persona minus grata» – et le Saint-Siège, qui confirme

l’élection. Cela signifie que le nom du nouvel évêque de Bâle ne devrait

vraisemblablement être connu du public que dans plusieurs semaines, certainement pas avant la fin septembre ou le début octobre.

L’élu doit être un membre du clergé diocésain à la foi avérée, âgé d’au

moins 35 ans. Selon le Concordat de 1828, il recevra l’institution du pape

dès que ses qualités canoniques auront été établies selon la formule usuelle dans l’Eglise, à savoir par le biais de la procédure d’information du

nonce. On peut supposer qu’après les derniers événements qui ont secoué le

plus grand diocèse de Suisse (plus d’un million de catholiques – 1’115’775

selon le recensement de 1990, répartis dans 530 paroisses), la procédure et

la confirmation de Rome prendront plus de temps que lors des dernières

élections. Pour Mgr Vogel, cette procèdure avait duré une quinzaine de

jours.

Droit de regard des cantons: un candidat biffé en 1994

La Conférence diocésaine peut tracer un candidat si des autorités cantonales ne pouvaient accepter l’élection d’un candidat comme évêque en raison

de réserves de nature juridique ou politique, par exemple si cela pouvait

mettre gravement en danger l’ordre et la tranquillité publiques ou la sécurité intérieure de l’Etat. En janvier 1994 – pour la première fois depuis

1906! -, lors de l’élection de Mgr Vogel, les chanoines avaient voté sur

une liste de cinq noms, car l’un des candidats avait été déclaré «persona

minus grata» par la Conférence diocésaine, qui n’a jamais fourni les raisons de cet acte.

Un candidat est déclaré «persona minus grata» s’il obtient, lors d’un

vote secret, plus de cinq «non» sur les dix voix possibles (une par canton). Suite à cet épisode, le chapitre cathédral et la Conférence diocésaine ont convenu que si cette dernière avait des réserves concernant l’un ou

l’autre des six candidats sur la liste, elle en parlerait d’abord aux chanoines, avant d’exercer effectivement le droit de biffer un candidat. La

votation déclarant un candidat «persona minus grata» reste secrète. (apicbe)

Encadré

Le Saint-Siège respecte la procédure

Le 20 juin dernier, le secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Angelo Sodano, a confirmé dans une lettre à Mgr Karl-Josef Rauber, nonce apostolique

en Suisse, que Rome respecte tout à fait le Concordat de 1828 conclu entre

les cantons diocésains et le Saint-Siège.

Commentant pour l’APIC il y a deux ans la nomination des évêques et les

droits particuliers de certains diocèses suisses, Mgr Rauber, avait estimé

«compréhensible que Rome aimerait avoir une certaine liberté pour choisir

les évêques, en dehors de toute influence extérieure. Ce n’est d’ailleurs

pas seulement le voeu du pape, mais le désir général du Concile Vatican II.

Mais on doit procéder très prudemment dans ce domaine. En Suisse, cela sera

de toute façon très difficile, en raison des très nombreuses structures démocratiques qui existent».

Pour Mgr Rauber, il ne s’agit en fait pas tellement de toucher au mode

d’élection de l’évêque. Il faut seulement assurer que l’on tienne compte

des exigences du Saint-Siège d’avoir un bon évêque, un véritable pasteur,

accepté par les fidèles et par son clergé, et qui soit naturellement en accord avec le Pape et l’Eglise universelle. (apic/be)

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