Le texte contient 80 lignes (max. 75 signes), 883 mots et 5773 signes.

apic/Père Damian/Congrès missionnaire/Brésil

Le directeur de Missio, le P. Damian Weber impressionné

par le vécu du 5e Congrès missionnaire de l’Amérique latine

La richesse des communautés de base a séduit le missionnaire suisse

Fribourg, 17août(APIC) Le directeur de Missio Suisse, le Père Damian Weber n’en finit pas de s’étonner de l’expérience fabuleuse qu’il vient de

vivre, une semaine durant au Brésil, en participant à Belo Horizonte au 5e

Congrès missionnaire de l’Amérique latine (Comla V), tenu du 18 au 23 juillet. Une première pour lui que ce Congrès, qu’il n’est pas prêt d’oublier… Tant la richesse des contacts et la découverte des communautés de

base l’ont impressionné.

Quel regard porte-t-il désormais sur l’avenir de l’Eglise en Amérique

latine, sur le peuple de ce continent. Plus de trois semaines après le Congrès, il évoque encore avec émotion et admiration l’ambiance dans les groupes de travail, les moments de partage et l’éloquence des intervenants. Il

s’interroge, aussi. Les défis qu’il convient de relever sont grands.

Le nombre et la qualité des participants soulignent bien l’importance de

ce 5ème Congrés des missionnaires latino-américains: 4000 délégués, venus

de 43 pays, 250 évêques, 800 prêtres et diacres, 651 religieux et religieuses, une foule de laïcs… Sans parler du public, des «locaux», qui

prenaient part à l’un ou l’autre acte, à l’une ou l’autre manifestation.

Pour le Père Damian c’est grâce à ce genre de Congrès que l’Eglise locale de ce Continent se sent prise au sérieux. Et surtout acceptée. «Comment

ne pas se réjouir de voir le peuple de l’Amérique latine prendre de plus en

plus conscience de l’importance de développer les communautés de base.

C’est ensemble qu’ils peuvent construire l’Eglise et annoncer concrètement

l’Evangile de la Libération».

Une théologie contextuelle

Il s’agissait de la première participation du Père Damian à ce genre de

Congrès. «Une expérience très forte, émouvante aussi, par le contenu, la

qualité des échanges, les couleurs…» La découverte de la vie des communautés de base brésilienne et la réalité concrète de la vie de ce peuple

l’ont séduit, convaincu. Il croit très fort à l’efficacité d’une théologie

contextuelle, fruit de l’inculturation comme ce fut le cas en Afrique du

Sud, un pays qu’il connaît bien pour y avoir vécu.

Dans le groupe de travail qu’il avait choisi, il a goûté à la vie d’une

communauté de personnes mélées et mélangées, parlé avec elles, et partagé

les réactions et les expériences de leur vécu au quotidien.

Une réalité qui n’échappe à personne

Mais la réalité de l’Amérique latine, c’est aussi la montée des sectes

et des groupes évangéliques, notamment. Elle ne lui a du reste pas échappée, cette réalité: à 500 mètres du stade où se déroulait le Congrès, les

Témoins de Jéhova occupaient un autre stade, d’une capacité de 80’000 places. Toutes remplies. «C’était là une volonté de rappeler aux catholiques

«vous n’êtes pas seuls ici». Il y a là «comme un défi lancé aux missionnaires». Un sentiment que partage un prêtre brésilien qui confiait au Père Damian: «Dans ma paroisse, je travaille avec 17 communautés de base. Et dans

le même quartier, on compte 120 autres communautés, qui se disent toutes

chrétiennes».

Pour le Père Damian, il est regrettable de voir certains évangélisateurs

arriver avec de l’argent, et même beaucoup d’argent, ou autres objets d’attraction pour tromper le peuple. «Ce dernier ne sait plus sur quel pied

danser, puisque toutes ces communautés utilisent la même bible et promettent le salut et la libération». Presque une situation de crise, où les

différentes communautés semblent remplacer la collaboration par la concurrence! «Comment faire face à cette réalité pour transmettre le message de

l’Eglise catholique?», s’interroge-t-il. Car d’autres confusions n’épargnent pas les fidèles. Ne pourrait-on pas aussi reprocher aux mouvements

charismatiques de ne se contenter que d’attirer les gens sans trop s’occuper des problèmes concrets qui maintiennent le peuple dans la misère et

l’esclavage?

Il suffit de s’engager à vivre avec les pauvres pour se rendre compte de

l’urgence de faire quelque chose pour changer et améliorer la situation. Ne

serait-ce pas une invitation pour que ces mouvements charismatiques, en

Suisse comme au Brésil, par exemple, s’engagent eux aussi en faveur de

«l’option pour les pauvres?»

Avec la force de la masse

Les communautés de base, soutient le Père Damian, offrent à l’Eglise la

possibilité de partir avec la force de la masse pour former des personnes

et avec eux édifier des structures solides et favorables à l’épanouissement

de tous et de chacun. Et l’expérience retirée de ce Congrès ne fait aujourd’hui que renforcer sa conviction: à travers les communautés de base,

il existe un chemin possible et favorable à la recherche d’harmonies pour

le bien du peuple de l’Amérique latine. Il y a là tout un avenir plein de

promesses pour l’Eglise.

Si les certitudes sont nombreuses, les interrogations ne manquent pas

non plus. Et celles du Père Damian rejoignent les questions-clefs du 5ème

Congrès Missionnaire: «L’Amérique latine a-t-elle été vraiment évangélisée?

Comment continue-t-elle à vivre la Bonne Nouvelle du salut? Quelle est la

place des laïcs dans la responsabilité missionnaire? Faut-il «inculturer»

l’Evangile dans le contexte culturel latino-américain, dans le but de mieux

respecter, à l’avenir, les cultures noire et indienne?» Sans parler du thème même du Congrès, «L’Evangile dans les cultures», qui pose à lui seul une

importante réflexion ainsi qu’une multitudes de questions auxquelles tentera de répondre le prochain Congrès, qui aura lieu dans quatre ans en Argentine. (apic/sp/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/apic-pere-damian-congres-missionnaire-bresil/