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apic/Rwanda/Belgique/Appel

Rwanda: Pour en finir avec les massacres,

il faut substituer la justice à la vengeance (130895)

Appel de 12 organisations belges aux parlementaires et aux partis belges

Bruxelles, 13août(APIC/CIP) Les crimes contre l’humanité font peser sur

le Rwanda une lourde hypothèque: l’obligation d’en finir avec les massacres

ethniques. Une seule solution: substituer la justice à la vengeance. C’est

ce qu’on peut lire dans un appel adressé par une douzaine d’organisations

belges aux parlementaires et partis politiques de Belgique. Avec la France,

la Belgique a souvent été mise en cause pour sa responsabilité dans les

événements qui secouent le Rwanda.

Ces dernières années, peut-on lire, « les Rwandais ont mis fin, par une

guerre civile, à un régime politique qui, depuis sa mise en place par la

Belgique, affichait toutes les caractéristiques d’un pouvoir raciste ». Menacé, celui-ci « a jugé bon, avant de quitter la scène, d’organiser en même

temps un génocide et un massacre, visant à éliminer physiquement à la fois

la totalité de l’ethnie Tutsi et tous les Hutus adversaires du régime »,

dont un nombre considérable « ont payé de leur vie leur volonté de s’opposer

à ce bain de sang ».

« Ces crimes contre l’humanité, ajoute l’appel, fait peser sur le Rwanda

une lourde hypothèque: l’obligation d’en finir, quelle que soit l’ethnie à

laquelle appartiennent ses dirigeants, quels que soient le ou les partis au

pouvoir, quelles que soient les doctrines politiques qu’ils défendent ou

les formes de société qu’ils prétendent mettre en place. Pour ce faire, il

n’y a pas d’autre solution que de substituer la justice à la vengeance. »

Restaurer la confiance

L’une des caractéristiques du dernier génocide est que l’identité de ses

principaux responsables est connue. Tandis que certains d’entre eux se sont

réfugiés à l’étranger, notamment en Belgique, au Rwanda même, un certain

nombre de suspects sont en détention préventive. Leur nombre est beaucoup

trop important pour les installations carcérales rwandaises. Il y a sans

doute parmi eux des innocents, victimes de dénonciations calomnieuses, et

un nombre encore plus grand de lampistes et de sous-fifres. Beaucoup aussi

sont des adolescents mineurs.

« Cette situation disparaîtrait d’elle-même, observent les signataires,

si la Justice rwandaise était en mesure d’éliminer rapidement cette surcharge en instruisant très rapidement les dossiers, ce qui permettrait un

« triage », à la suite duquel les innocents avérés seraient relâchés, un certain nombre de « non-lieu » prononcés; on pourrait remettre en liberté les

prévenus sur qui ne pèseraient que des charges mineures… Bref, ne resteraient sous les verrous que ceux dont c’est hélas la juste place. »

Cela inciterait les populations rurales, en particulier celles qui sont

déplacées dans les camps, à regagner leurs collines et leurs champs, où elles restent exposées à des conditions de vie inacceptables, mais aussi à la

subversion et à des drames comme celui de Kibeho, un climat qui entretient

et aggrave la peur et les tensions. En outre, si les choses ne s’améliorent

pas d’ici les prochaines pluies, beaucoup de paysans réfugiés ne participeront pas à la production agricole, d’où un déficit qui aggravera la situation alimentaire en 1996, autre facteur de tension.

En conclusion, les signataires demandent instamment aux instances politiques belges, et en particulier au gouvernement fédéral, de prendre un

certain nombre de mesures, dont l’application de tous les accords existants; la prise en considération des demandes d’extraditions ainsi qu’une

plus grande diligence dans l’examen des dossiers à charge de ressortissants

belges ayant trempé dans le génocide. (apic/cip/pr)

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