Les secrets de Saint-Pierre: l'impressionnante nécropole (2/5)

Plus grand édifice de la chrétienté, connue de tous, la basilique Saint-Pierre est un lieu dont l’exploration ne finit jamais vraiment. Pendant l’été, I.MEDIA vous propose de partir à la découverte des secrets de la basilique vaticane.

Souvent ignorés des touristes, les Scavi (fouilles, en italien) de la basilique Saint-Pierre restent pourtant incontournables. Sous l’immense édifice, les galeries de cette impressionnante nécropole, découverte par des archéologues il y a environ 70 ans, transportent le visiteur aux premiers temps du christianisme.

Chaque jour, un flot de fidèles se presse pour admirer la basilique Saint-Pierre, sans conteste l’un des monuments les plus visités au monde. La majorité ignore pourtant que sous leurs pieds, à quelques mètres de profondeur seulement, il est possible d’admirer la nécropole vaticane. Celle-ci a été découverte à partir de 1939, après la décision de Pie XII (1939-1958) de lancer des fouilles afin de respecter volonté de son prédécesseur Pie XI (1922-1939) d’être enterré au plus près de l’apôtre Pierre.

Seuls 250 visiteurs sont cependant autorisés à pénétrer chaque jour dans les entrailles du Vatican, par petit groupe. L’entrée des Scavi se situe tout près de la sacristie, après l’Arc des cloches, la salle Paul VI et le cimetière teutonique. Après avoir descendu un escalier étroit, le visiteur se retrouve au cœur de ce lieu de sépulture. Débute alors un long et émouvant chemin entre les mausolés.

Zone funéraire de l’époque romaine, construite à côté du cirque Néron, où l’apôtre Pierre a été crucifié la tête en bas mais à présent disparu, la nécropole semble lever le voile sur la transition entre l’époque païenne et chrétienne. Des mausolées de grandes familles romaines comme des tombes chrétiennes, datant du 1e au 4e siècle après Jésus-Christ, s’y côtoient. Protégées pendant des années par la terre, ces tombes révèlent au visiteur des œuvres splendides témoignant de la naissance du christianisme. Décorant la tombe des Giuli, la mosaïque du Christ Helios en est à ce titre un très bon exemple.

‘Pierre est ici’

Le trajet de la visite permet de parcourir toute la nef de la basilique Saint-Pierre, d’est en ouest. Elle aboutit donc à son point culminant, sous l’autel majeur et sous l’immense coupole de l’édifice. Là, près d’une série de mausolées datant de 130 après Jésus-Christ, le visiteur peut voir que l’autel actuel a été construit au-dessus de l’autel de la basilique constantinienne, lui-même construit au-dessus d’un étonnant muret. En 1941, une mystérieuse boîte contenant des ossements y a été découverte.

Quelques années plus tard, un émouvant graffiti est déchiffré dans ce mur rouge : ‘Pierre est ici’. Les os retrouvés sont alors identifés comme étant ceux de l’apôtre Pierre. De fait, s’il est impossible de déterminer scientifiquement qu’il s’agit bien de ceux du premier pape, une étude a démontré qu’ils étaient ceux d’un homme d’une soixantaine d’années, de type méditeranéen, exerçant un métier physique. Une description qui correspond bien à Simon-Pierre, pêcheur d’hommes mais tout d’abord pêcheur de poissons.

Plus qu’une visite, le parcours des fouilles est donc un pèlerinage au plus près de celui qui a directement côtoyé le Christ. Il permet aussi de bien mettre en évidence que toute la magnificience de la basilique vaticane n’est due qu’à la présence de la tombe de celui que Jésus a choisi comme première pierre de son Eglise. (cath.ch/inedia/cg/pp)

Rédaction

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