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Croatie:L’Eglise catholique derrière le président Franjo Tudjman(080895)

« Désarmer les criminels »

Mise en garde du cardinal Kuharic

Zagreb, 8août(APIC) L’Eglise catholique en Croatie est clairement derrière le président Franjo Tudjman et n’échappe pas à l’euphorie de la victoire. Elle estime que la « libération » de la Krajina est un « acte d’autodéfense justifié ». Dans sa dernière édition, l’hebdomadaire catholique des

évêques croates « Glas Koncila » affirme qu’il s’agit de « désarmer les criminels » et demande que l’on prie pour les « défenseurs ». De son côté, le primat de Croatie, le cardinal Franjo Kuharic, a mis en garde ses compatriotes

contre la tentation de transformer la victoire sur les Serbes de Krajina en

haine et en vengeance.

« Glas Concila » (La voix du Concile) déclare s’appuyer sur la position du

pape dans le conflit bosniaque considérant que la communauté internationale

est dans l’obligation de désarmer les criminels par la force. « Si la communauté internationale ne le fait pas, il est compréhensible que les responsables légaux des Etats en danger sont dans l’obligation d’entreprendre

tout ce qui est nécessaire pour la défense légale », écrit le journal, en

rappelant le récent accord entre les chefs d’Etat de Croatie et de Bosnie.

L’hebdomadaire officiel affirme que sa position n’est pas une bénédiction de la guerre ou des armes, « mais une prière pour les défenseurs, pour

les gens qui sacrifient leur vie contre le mal, pour qu’en se défendant,

l’humanité ne tombe pas dans l’inhumanité ».

Traiter correctement l’ »adversaire » et ses biens

Dans une déclaration diffusée par la télévision croate, le cardinal

Franjo Kuharic, primat de Croatie, a qualifié la « libération » des territoires de la Krajina contrôlés par les Serbes comme « un acte justifié d’autodéfense de l’Etat croate ». Cette autodéfense, a souligné l’archevêque de

Zagreb, devrait toutefois rester dans le cadre des principes moraux et il

est obligatoire de traiter correctement l’ »adversaire » et ses biens. Le

cardinal Kuharic a mentionné le catéchisme de l’Eglise catholique, selon

lequel même en cas de guerre, tous les moyens ne sont pas permis. « Les civils, les soldats blessés et les prisonniers doivent être traités avec respect et humainement ».

Le problème de la « guerre juste »

Le primat croate considère que le gouvernement de Zagreb s’est décidé à

intervenir militairement en Krajina pour que cette région reconnue internationalement comme partie de la Croatie revienne sous le contrôle de la Constitution. Des années de négociation n’ont abouti à aucun résultat et « pas

un seul » des milliers de réfugiés et de personnes chassées de leurs terres

par les Serbes de la Krajina n’a eu la possibilité de rentrer dans sa patrie. La Croatie toute entière a souffert de cette situation, et des villes

croates ont été bombardées depuis ces territoires.

Evoquant le problème posé à « toute conscience objective » pour savoir si

une intervention militaire est justifiée, le primat croate a relevé que la

déclaration conciliaire « Gaudium et spes » parle du droit à l’autodéfense,

quand toutes les tentatives pour obtenir la paix ont été vaines et quand

aucune autorité internationale n’est en mesure de résoudre le conflit. Et

de mentionner les « conditions rigoureuses » contenues dans le catéchisme de

l’Eglise catholique en matière de « guerre juste ».

Le catéchisme, parlant d’une légitime défense par la force militaire,

déclare que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations doit être durable, grave et certain. Il faut également

que tous les moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces et que soient réunies les conditions sérieuses de succès. Il faut

que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves

que le mal à éliminer (Catéchisme de l’Eglise catholique, No 2309). Reste à

savoir si c’est le cas actuellement, quand des dizaines de milliers de réfugiés sont jetés sur les routes après avoir tout perdu, que des colonnes

de fugitifs sont bombardées, que des casques bleus ont été abattus ou utilisés comme « boucliers humains » lors de l’offensive croate. (apic/kap/be)

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