Suisse: Mère Marie-Thérèse Scherer Béatifiée le 29 octobre 1995 (080895)

Ingenbohl, 8août(APIC) En compagnie de l’humble couturière de Siviriez,

Marguerite Bays, morte en 1879, et de l’argovienne, fondatrice des Missionnaires franciscaines de Marie auxiliatrice, Mère Maria Bernarda Bütler,

morte en 1824, la lucernoise, Mère Marie-Thérèse Scherer (1825-1888), confondatrice et première Supérieure générale des Soeurs de la Sainte-Croix

d’Ingenbohl sera béatifiée ce 29 octobre à Rome.

Née à Meggen le 31 octobre 1825, Anne-Marie Catherine Scherer, perd son

père le 15 février 1883. Elle est acceuillie par des parents qui lui assurent une vie chrétienne. En plus des travaux de la maison et de la ferme,

elle a fait l’expérience d’études, de travail à l’Hôpitale de Lucerne. De

plus, elle participait déjà à la vie consacrée en tant que membre du TiersOrdre franciscaine et dans la Congrégation mariale. A partir de 1845, elle

embrasse la vie religieuse. Après ses premiers voeux elle porte le nom de

Soeur Marie-Thérèse.

Elle n’avait pas programmé sa vie. Selon le témoignage de ceux qui l’ont

vue vivre, les circontances ont souvent été contraires à sa volonté, mais

l’ont toujours trouvée disponible. Plus elle s’intériorsait en Dieu, plus

elle sortait d’elle-même pour rejoindre le monde en profondeur et y porter

la vie divine.

Tout au long de sa vie, elle a fait sien l’axiome du Père Théodose: «Les

besoins du temps sont l’expression de la volonté de Dieu». Voilà pourquoi

Mère Marie-Thérèse Scherer est reconnue comme une femme pratique, serviable, populaire et solidement ancrée en Dieu. Son entourage garde un bon souvenir de son souci maternel pour tous les hommes.

En réalité, Mère Marie-Thérèse Scherer a mis en oeuvre des paroles-clefs

de Jésus, tel ce fameux: «ce que vous faites au plus petit d’entre les

miens, c’est à moi que vous le faites.»

Déjà à seize ans, elle est affectée aux soins des pauvres et des malades

à l’Hôpital des Bourgeois de Lucerne. Les premiers contacts avec la souffrance, la maladie, la mort, l’éprouvent jusqu’à la nausée. Elle tient bon,

elle prie. Viendra le jour où elle sera liée par toutes ses fibres à la misère humaine. Finalement, cette Lucernoise a été partout la Femme forte au

service de toute pauvreté.

A dix sept ans, elle entre dans le Tiers-Ordre franciscaine et dans la

Congrégation mariale. Au cours d’un pèlerinage à Einsiedeln, elle reconnaît

sa vocation religieuse.

Le 1er mars 1845, elle entre dans l’Institut des Soeurs enseignantes

nouvellement fondé par le Père capucin Théodose Florentini. La maison-mère

est à Menzingen. En automne la même année, elle émet ses premiers voeux.

En 1850, sur la demande du Père Théodose, Soeur Marie-Thérèse Scherer

prend la direction de l’hospice des pauvres de Näfels GL. L’entourage l’appelle «Mère des pauvres». Deux ans plus tard, elle accepte l’appel à s’occuper de l’Hôpital à Coire. La transition est dure pour la jeune religieuse.

En 1856, la fondation se scinde en deux Congrégations. Les Soeurs enseignantes se séparent du fondateur pour continuer leur apostolat en milieu

scolaire. Après avoir bien discerné, Soeur Marie-Thérèse Scherer choisit de

rester au service des oeuvres de charité dans la nouvelle fondation du Père

Théodose.

En 1857, Soeur Marie-Thérèse est élue Supérieure générale de la nouvelle

Congrégation des Soeurs de la Sainte-Croix d’Ingenbohl, du nom du lieu de

maison-Mère. Par réélections successives, elle le restera jusqu’à sa mort.

Aux côtés du Père Théodose, elle dirige L’Institut des Soeurs de charité de

la Sainte-Croix. Elle s’efforce d’être pour tous une mère.

Elle ouvre des hôpitaux, des écoles spécialisées pour les handicapés.

L’Institut se développe très rapidement, car les Soeurs servent là où sont

les besoins du temps.

Le 15 février 1865, le Père fondateur décède brusquement à Heiden AR.

Mère Marie-Thérèse assure dignement la succession. Elle veut aussi sauver

l’honneur de ce Grand Apôtre du social Suisse. Elle prend en charge la responsabilité et le remboursement des dettes de l’Institut. Ses projets se

réalisent grâce à la collaboration de ses Soeurs et au prix de longues années de privations et de quêtes.

Mère Marie-Thérèse a tout fait pour rester fidèle à l’essentiel de la

spiritualité du Père fondateur. Elle assume tout avec courage et confiance

en Dieu. «Avoir la main au travail et le coeur près de Dieu, écrit-elle.

Gardez-vous de la routine, habituez-vous à agir pour et avec Dieu. Efforcez-vous d’être confiante.»

Pour ses Soeurs, elle est une «Sainte Règle vivante». Malgré de grandes

souffrances physiques, elle continue d’entreprendre de nombreux voyages, en

Suisse et dans d’autres pays européens pour s’assurer du bien des Soeurs et

pour les instruire de l’esprit du fondateur.

En 1888, sa maladie entre dans sa dernière phase. Après de pénibles

souffrances, elle meurt le 16 juin 1988. La Vénération pour cette religieuse lucernoise a commecé dès après sa mort. Aujourd’hui, plus de 70’000 pèlerins viennent chaque année, de toute la Suisse et de l’étranger, visiter

sa tombe.

Elle sera béatifié le 29 octobre 1995 pour la joie de ceux qui l’invoquent déjà depuis des années, celle de toute l’Eglise et celle des peuples

qu’elle a aimés servis avec générosité et dévouement.

Encadré

Les Béatifiées du 29 octobre 199, Biographies

Mère Marie-Thérèse Scherer (1825-1888)

Née à Meggen en 1825, Anne-Marie catherine Scherer est la quatrième des

septs enfants de la famille Scherer-Sigrist. Elle n’a pas encore huit ans

lorsque meurt son père, le 15 février 1833. Seuls trois enfants peuvent rester avec leur mère. Anne-Marie Catherine va vivre chez ses deux oncles célibataires. Elle fréquente l’école primaire et, entre temps, met la main

aux travaux de la maison et de la ferme. A seize ans, elle continue sa formation ménagère à l’Hôpital des Bourgeois de Lucerne. Entrée dans la vie

religieuse en 1845, elle se consacre à l’enseignement, le service auprès

des malades et des pauvres. Plus tard, elle devient Mère générale de la

Congrégation des Soeurs de la Sainte-Croix d’Ingenbohl. Elle prend à coeur

le développement de l’Institut et visite ses soeurs en Suisse et à l’étranger. Durant sa vie de Supérieure, Mère Marie-Thérèse Scherer créera 422

communautés réparties en cinq provinces, et connaîtra ses 1689 Soeurs par

leurs noms. Aujourd’hui, les Soeurs d’Ingenbohl sont environ 5500 à honorer

avec fierté la mémoire de leur Co-fondatrice.

Après d’intenses douleurs, Mère Marie-Thérèse Scherer meurt le 16 juin

1988, ces paroles sur les lèvres: «Ciel, ciel». Solidement ancrée en Dieu

et vivant en sa présence, posant constamment des actes dans la foi et la

confiance, recourant souvent à lui dans la prière, une prière-lutte, Mère

Marie-Thérèse a dit Dieu par toute sa vie.

Soeur Maria Bernarda Bütler (1848-1924)

Fondatrice des Franciscaines missionnaires de Marie auxiliatrice, Née le 28

mai 1848 à Auw, dans le Canton d’Argovie, Soeur Maria Bernarda Bütler (Verena pour l’état civil) est décédée le 19 mai 1924 dans la ville de Cartagène, en Colombie.

Elle entra en 1867 chez les Capucines au couvent de Maria Hilf, à Altstätten dans le canton de Saint-Gall. Elle devient en 1880 la Mère Supérieure

d’une communauté florissante. La communauté attire plus de postulantes

qu’elle n’a le droit d’en accepter – à cette époque du kulturkampft le nombre de religieuses est strictement limité- la décision est prise pour émigrer en Amérique latine. Soeur Maria Bernarda quitte la Suisse en 1888.

Suite aux vagues de persécutions anticatholiques les Soeurs sont chassées

en Equateur. Elles trouvèrent refuge à Cartagène, au nord de la Colombie.

C’est là que Soeur Maria Bernarda fonda la Congrégation des Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie auxiliatrice. Aujourd’hui, la Congrégation

compte plus de 800 religieuses dans cinq provinces. En Suisse, elles sont

réparties en trois communautés: Schwyz, Rheineck, et Auw. Ces religieuses

dirigent des homes pour personnes agées ou des homes médicalisés. La maison

mère de la Congrégation se trouve à Cartagène, lieu où est enterrée Soeur

Maria Bernarda Bütler.

Marguerite Bays, l’humble couturière de Siviriez (1815-1879)

Une femme laïque, contemplative et missionnaire modèle de vie chrétienne.

Deuxième des sept enfants d’une famille d’agriculteurs, Marguerite Bays est

née le 8 septembre 1815 à La Pierraz, un hameau de la commune fribourgeoise

de Chavannes-Les-Forts. Elle entra le 22 février 1860 dans le Tiers-Ordre

de Saint- François. Connue pour sa piété elle vécut dans sa paroisse de Siviriez comme une humble et laborieuse paysanne et couturière à domicile. Ce

qui fait son originalité, Marguerite Bays choisit de rester laïque et célibataire se sachant l’âme de sa famille et s’estima indigne de devenir religieuse. Elle peut être considérée comme l’une des premières à comprendre la

responsabilité des laïcs dans l’Eglise. Elle développe un véritable esprit

missionnaire auprès des gens de la région. «Goton de la Pierraz», ainsi

qu’on la nomme acquiert rapidement une réputation de sagesse et de sainteté. Elle meurt le 27 juin 1879. Elle n’a laissé ni écrits, ni fondation, ni

mouvement. Cela n’empêche pas son témoignage de faire parler d’elle encore

aujourd’hui. Guerie subitement d’un cancer de l’intestin, Marguerite Bays a

demandé à Jésus d’être intimement associé à sa passion et elle a été exaucée. Chaque vendredi, elle avait les stigmates et vivait quelques heures

d’extase. Une telle souffrance ne pouvait être supportée que dans une vie

de prière profonde et une communion avec Dieu, signe d’une relation d’amour

unique avec lui qu’elle a cultivée tout au long d’une vie de fidélité.

La «Sainte de Sivirez» reste un modèle de vie chrétienne par son attitude

intérieure et le regard du coeur qu’elle portait sur les autres. Elle avait

bien compris la responsabilité du baptisé dans la vie paroissiale. elle a

soutenu l’oeuvre pour la propagation de la foi et a encouragé la presse

catholique pour défendre la religion.

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