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apic/Pèlerinage(Motards/France

Bretagne: 17e édition du pèlerinage à Notre Dame des motards de Porcaro

Plus de 7’000 jeunes attendus le 15 août (070895)

Porcaro, 7août(APIC) Quelque 7000 motards envahiront le 15 août prochain

le petit village français de Porcaro, dans le Morbihan (Bretagne) pour rendre visite à la Madone des motards. Cette surprenante réunion du cuir, du

chrome et du recueillement connaît un succès grandissant.

En 1978, lors de la première édition de ce pèlerinage, 570 motards

avaient effectué le déplacement dans le but de faire bénir leurs motos devant l’oratoire de la Madone des motards, unique en France. Leur nombre n’a

pas cessé d’augmenter depuis: 1750 en 1990, 2500 en 1991, 4500 en 1992,

7000 en 1994. Combien seront-ils cette année, s’interroge le maître-artisan

de l’organisation de ce pèlerinage, le Père Louis Prévoteau.

A l’initiative d’une trentaine de ses amis motocyclistes, l’idée de ce

grand rassemblement à l’occasion de l’Assomption de la Vierge a depuis été

relayée par une équipe soudée d’une centaine de paroissiens et motards qui

l’entourent, lui, le recteur de Porcaro, comme on dit encore en Bretagne.

La formule est maintenant rodée: le 14 août au soir, procession avec retraite aux flambeaux puis soirée disco. Le l5 au matin, messe suivie d’une

spectaculaire bénédiction des motos. Puis, après le déjeuner, une virée

amicale des motards dans les environs.

Les raisons du succès de cette étonnante réunion du cuir, du chrome et

du recueillement? «Les motards ne sont plus des loubards. Ils cherchent une

vie pacifiée. Beaucoup viennent en side-car parce qu’ils savent qu’ils vont

trouver là une ambiance fraternelle et familiale. Ce n’est pas une concentration comme les autres et il y a autant de curieux venus de loin pour assister à cette ambiance bon enfant et se mélanger aux motards» explique le

Père Prévoteau.

Côté motards, chaque année, la même litanie enthousiaste: «Il n’y a pas

de casse à Porcaro. L’esprit est sympa, particulièrement cool. On est sûr

d’y rencontrer des potes qu’on retrouvera l’année suivante!».

Peut-être a-t-on aussi ressenti «quelque chose». «Ils ne savent pas euxmêmes forcément ce qu’ils cherchent mais je constate d’une année à l’autre

que le besoin d’une aide, d’un appui désintéressé, soutendu par un questionnement dû à leurs déceptions devant la vie, est de plus en plus net.

Ainsi de plus en plus de motards assistent à la procession du soir dans une

grotte de la Vierge. Ils sont très sensibles au fait qu’on célèbre le souvenir de leurs amis qui se sont tués sur la route. Cela sans qu’on leur

fasse aucunement la morale et en toute liberté. C’est la base de la réussite. Ils viennent la première fois par curiosité, sont heureusement surpris

et reviennent avec fidélité», convient le Père Prévoteau, convaincu que

l’esprit du pèlerinage, sous le haut patronage de la Vierge, préside à ce

rassemblement: «C’est elle qui les attire et les accueille. Moi je ne suis

qu’un rassembleur.»

Chacun se rend à Porcaro selon le deux-roues dont il dispose: gros cubes

certes et side-cars en nombre, mais aussi des cylindrées modestes, des

scooters et même quelques cyclomoteurs venus de loin. Les quatre coins de

l’Hexagone sont au rendez-vous. Pour preuve, les organisateurs n’ont dénombré l’an passé que cinq départements non représentés. Cette année, le Père

Philippe Bégeard, aumônier national de la gendarmerie, adjoint de l’évêque

aux armées, présidera ce pardon peu banal. Il sera tout à son affaire et à

l’aise dans ses bottes. Lui-même motard, il a fondé son propre club motocycliste à Clermont-Ferrant. (apic/jcn/sp/pr)

Encadré

Le Père Prévoteau

73 balais, l’oeil vif, l’enthousiasme intact, une foi d’acier, Louis

Prévoteau avale encore ses 5000 km par an sur sa 750 BMW, un gros cube

qu’il enfourche non sans sage précaution eu égard à sa petite taille. «Je

suis venu par hasard à la moto, j’y ai pris goût et pour pouvoir me rendre

à des concentrations en Europe j’ai finalement passé le permis à 50 ans.»

Au milieu des motards, il a découvert un vrai sacerdoce. «Je ne cherche en

rien à faire du prosélytisme. Je témoigne de ce que je vis, de ma foi, en

toute liberté.» Le mot est magique, central, comme l’est le mot amitié.

Presque un credo.

L’amitié entre les motards peut avoir un sens chrétien, dit-il. Le 15

août, au matin, en aube, goupillon à la main, il bénira des milliers d’entre eux. Trop heureux d’avoir suscité la fraternité, d’avoir répondu à

l’appel des jeunes. (apic/jcn/sp/pr)

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