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Suisse: Eglise et politique de migration en question au Bureau de l’OSAR
La Suisse a besoin d’une politique de migration, mais laquelle? (270995)
Berne, 27septembre(APIC) La Suisse a-t-elle besoin d’une politique de migration? Cette question réthorique a été posée à Berne, lors de l’ouverture
du nouveau bureau de l’OSAR (Organisation suisse d’aide aux réfugiés).
L’assemblée, composée de spécialistes en la matière – dont Peter Arbenz,
chargé par le Conseil fédéral de l’élaboration d’un rapport concernant les
questions de migration, paru en mai dernier – a tenté de répondre à cette
interrogation. Plusieurs organisations ont entrepris une réflexion au sujet
de ce rapport, dont la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse
(FEPS).
Le rapport de Peter Arbenz, ainsi que les réponses à la consultation
«devraient aider» le gouvernement à présenter aux Chambres une loi sur les
migrations. Pour la rédaction de son document, Peter Arbenz s’est référé au
rapport stratégique du Conseil fédéral de 1991, qui constitue aujourd’hui
encore le point de départ pour la recherche d’une politique de migration
cohérente.
Les objectifs alors formulés par le Conseil fédéral n’ont été que très
partiellement atteints: admission pour raison humanitaire, accueil des réfugiés de pays en guerre, aide dans le pays de départ, expulsion des demandeurs d’asile refoulés, libre circulation des personnes provenant uniquement des pays de l’Union européenne et des pays membres de l’AELE, recrutement des forces de travail principalement auprès des Etats-Unis et du Canada, exigences élevées envers les détenteurs d’emplois provenant des autres
pays (doctrine dite des «trois cercles»). S’il semble y avoir consensus
concernant cette politique, celle-ci ne répond toutefois pas à la question:
«comment faire pour l’appliquer?» Quant à une politique de migration cohérente, qui permette la convergence de tous les objectifs et les moyens des
différents organismes concernés, tant en politique intérieure qu’extérieure, la Suisse en est encore loin.
Discussions sans conséquence
Peter Arbenz réclame plus d’efforts dans la lutte contre les causes de
migrations et dans l’intégration des étrangers en Suisse. Toujours est-il
que les discussions développées jusqu’ici dans divers cercles politiques
n’ont eu qu’une conséquence (même si celle-ci n’est pas définitive) la
poursuite de notre tradition humanitaire demeure incontestée, de même que
la doctrine des «trois cercles». Pourtant, lorsqu’on aborde le développement de ces principes de base, de profondes divergences d’opinions apparaissent encore entre les divers camps politiques.
Pour faire progresser la situation, un certain travail d’explication se
révèle nécessaire, pour lequel les organisations telles que l’OSAR sont incontournables. Markus Loosli, secrétaire central de l’OSAR, a averti que,
lors de la révision de la loi sur l’asile, une étatisation partielle de
l’aide aux réfugiés a été demandée. «Pour éviter cela, notre engagement est
requis», a-t-il déclaré devant la centaine d’invités des milieux de la politique, des oeuvres d’entraide et des organisations de base.
Un consensus abstrait
Le débat de clôture n’a rien apporté de nouveau. Tous sont de l’avis que
la Suisse a besoin d’une politique de la migration cohérente. Bien que cette dernière réclame encore des développements concrets, aux vues de la polarisation croissante des opinions dans le domaine de la politique étrangère, personne ne s’est aventuré à répondre sur ce plan. Pas une seule fois
l’exigence des «efforts accrus en matière d’intégration» n’a pu être concrétisée. Pourtant, la définition d’une marge de manoeuvre en politique intérieure, dans laquelle les Eglises et les oeuvres puissent s’engager en
faveur des réfugiés, s’avère centrale. (apic/spp/pr)
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