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Paris: 5e Forum des communautés chrétiennes (240995)

Urgence d’une parole libre pour discuter sur l’Eglise

12 évêques présents

Paris, 24septembre(APIC) 3’500 personnes ont participé au parc floral de

Paris-Vincennes, les 23 et 24 septembre, au 5e Forum des communautés chrétiennes intitulé: «Débattre en Eglise». Un débat organisé avec le concours

de Malesherbes-Publication. 80 théologiens et 12 évêques étaient présents.

Celui qui assiste pour la première fois à de tels débats, aura été frappé par l’intensité et l’actualité des interventions. Tant des exposés que

des questions des participants. Comme l’a fait remarquer le dominicain Patrick Jacquemont, «ce Forum aura clairement mis à jour l’urgence de donner

la parole au Peuple de Dieu».

Urgence d’une parole libre. Preuve en sont le grand nombre des interventions et la variété des questions du public. Autre constat évident: l’ unanimité qui s’est dégagée de ces deux journées pour réformer les disfonctionnements du mode d’exercice de l’autorité dans l’Eglise catholique.

Le parcours intitulé, «Dans une société démocratique, quelle responsabilités, quelle autorité dans l’Eglise»?, aura été très révélateur.

«Le fonctionnement centralisateur du magistère

Le théologien Christian Ducoq a fait une intervention au cours de laquelle il a rappelé que le fonctionnement actuel très centralisateur du magistère n’est finalement que le produit de l’histoire et devrait évoluer à

l’avenir. Et de dénoncer, avec beaucoup d’autres intervenants, l’amalgame

entre la stucturation de la foi qui n’a pas à être soumise aux voix et

l’organisation de l’Eglise – le choix des évêques , par exemple – duquel le

peuple de Dieu est pratiquement exclu. Cela en rupture avec la tradition

des Eglises anciennes et même du Concile Vatican II. Ce dernier, s’il a

bien prévu une plus large participation des laïcs, a hélas omis d’articuler

juridiquement cette réforme. Et le théologien de constater que les tenants

des deux modes d’exercice (autoritaire ou démocratique) puisent dans l’actuel flou constitutionnel de quoi nourrir leurs revendications. En un mot,

l’effort d’»aggiornamento», en matière juridictionnelle, n’a pas été à la

mesure de l’effort de réforme liturgique.

Le pouvoir médiatique accentue le centralisme romain

Autre constat amer, exprimé notamment par Mgr Jacques Noyer, évêque

d’Amiens. Le renforcement, par le pouvoir médiatique, du centralisme romain

et l’affaiblissement des corps intermédiaires. La surmédiatisation des

voyages du pape n’y est pas pour peu dans ce phénomène.

Regrettée également, l’inexistence, à ce jour, d’instances qui permettent de gérer les conflits majeurs comme celui lié à l’ordination des femmes. A ce sujet, la théologienne Christiane Hourticq, après avoir rappelé

combien la plupart des Ordres religieux ont des modes de fonctionnement démocratiques (élections, chapitre général) à la fois au service du bien commun et à l’écoute de l’Esprit-Saint, déplore elle aussi que le peuple de

Dieu, lui en soit privé. Quant à l’accusation de mauvaise foi portée par

Mgr Lucien Bardonne, évêque de Châlons-sur-Marne, à l’encontre de ceux qui

dénonçaient le questionnaire de moralité préalable à la nomination d’un

évêque comme visant à certifier l’allégeance à Jean Paul II, elle fut copieusement sifflée. Une illustration de la position inconfortable, mais

courageuse, des 12 évêques français présents dans l’assistance.

Jacques Gaillot souvent évoqué

Au coeur des échanges passionnés, l’ex-évêque d’Evreux, Mgr Jacques

Gaillot, aura été souvent nommé ou cité. Un Mgr Gaillot qui aura fait une

apparition discrète dimanche alors que les rumeurs vont bon train sur le

prochain rôle qui lui sera confié «selon son charisme».

Albert Jacquard, à ses côtés dans la lutte pour le logement des plus démunis, aura eu des mots très forts, à propos de «l’exclusion, grand défi

pour les sociétés et pour les Eglises. Il a aussi dénoncé l’esprit de compétition, inculqué très tôt dans «un esprit suicidaire qui vous éloigne de

l’autre. Or l’enfer, c’est être oublié des autres». Et d’appeler les citoyens à exiger la mise en oeuvre d’un long terme humainement satisfaisant

alors que les politiciens ne travaillent qu’à court terme et que la déshuminastion opère ses ravages».

Interrogé comment il voyait ces deux journées, Albert Jacquard a répondu: «Je vois que c’est un vrai succès populaire, empreint de beaucoup de

ferveur. J’ai senti une écoute très forte et le message a passé. J’ai vu le

visage d’une Eglise ouverte. Je n’ai pas entendu la langue de bois et je

m’en réjouis». (apic/jcn/ba)

Encadré

12 évêques avaient tenu à particper à ce 5e Forum , entre autres, Mgr

Jacques Delaporte, archevêque de Cambrai; Mgr Guy Herbulot, évêque d’EvryCorbeil-Essonnes:; Mgr Lucien Bardonne, évêque de Châlons-sur-Marne; Mgr

Pierre Pican, évêque de Bayeux et Lisieux; Mgr Jacques Noyer, évêque

d’Amiens; Mgr Jean Honoré, archevêque de Tours; Mgr Jean Charles Thomas,

évêque de Versailles; Mgr Henri Derouet, évêque d’Arras, Mgr Gérard Defois,

archevêque de Sens-Auxerre. Invité, le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, n’a pas répondu aux organisateurs du Forum. (apic/jcn/ba)

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