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Belgique: Jacques Gaillot et Gabriel Ringlet signent un livre commun

«Dialogue et liberté dans l’Eglise» (240995)

Bruxelles, 24septembre(APIC/CIP) Mgr Jacques Gaillot, ancien évêque

d’Evreux, et l’abbé Gabriel Ringlet, vice-recteur de l’Univeristé catholique de Louvain ont présenté le 22 septembre à Verviers, en Belgique, le

premier livre qu’ils signent ensemble : «Dialogue et liberté dans l’Eglise». L’avenir de Mgr Gaillot reste par ailleurs encore incertain, aucune

solution définitive n’a été trouvée avec l’épiscopat français.

Les deux hommes ne s’étaient jamais rencontrés avant que le magazine

chrétien «L’Appel» ne les invite à débattre du même thème en mars dernier à

Bruxelles. Au-delà du dialogue, le livre propose un appel et un programme.

Gabriel Ringlet est un des neuf cofondateurs de l’association «Partenia

2000″, créée début septembre à Paris pour offrir une plate-forme de dialogue à divers mouvements et initiatives qui ont d’emblée trouvé en Mgr Gaillot un écho à leurs aspirations et de leurs convictions. Le nom de «Partenia» évoque le siège d’un diocèse disparu d’Algérie auquel Mgr Gaillot a

été transféré après sa révocation comme évêque d’Evreux.

«Quand un peuple prend la parole, on n’est jamais au bout des surprises,

commente Mgr Gaillot. Le peuple de Dieu n’a pas dit son dernier mot. Or, le

dialogue n’est pas facultatif, mais est constitutif de l’Eglise. Et il n’y

a pas de dialogue sans réciprocité et sans liberté. L’Evangile a été annoncé comme Evangile de liberté. De plus, dans une culture démocratique, la

pratique du débat est nécessaire. Si cela manque dans l’Eglise, les chrétiens relégueront la religion comme une affaire privée. Par manque de dialogue et de liberté, on risque d’aller vers plus d’individualisme et d’exprimer un désintérêt croissant pour l’Eglise. J’aime l’expression de Gabriel Ringlet: La vedette, ce n’est pas Gaillot, mais le peuple de Dieu.»

Liens précaires avec le pape et l’épiscopat français

Qu’en est-il aujourd’hui des liens de Mgr Gaillot avec ses confrères

dans l’épiscopat et de la mission qui lui est confiée? «Les négociations

sont toujours en cours, répond-il. Les évêques d’Orléans et de Périgueux

ont été délégués pour chercher une solution avec moi. Mais on ne s’est pas

pressé jusqu’ici. La question rebondira forcément à l’assemblée de l’épiscopat français, début novembre.»

«Le pape te recevra si tu lui en fais la demande», avait-on suggéré à

Jacques Gaillot. L’évêque a écrit. Une fois, pas trois comme l’a écrit «Le

Monde». En juin, le nonce à Paris lui a fait savoir qu’il pourrait rencontrer le pape, mais à trois conditions: le rencontrer seul; ne rien dire aux

médias; «reconnaître sincèrement les manquements à la communion, au gouvernement pastoral et au service de la foi». «Comme ce sont des indications

graves, j’ai demandé un temps de réflexion», raconte l’évêque. «

Gabriel Ringlet ajoute : «Beaucoup d’évêques souhaitent une solution.

Mais ce ne peut être un compromis boiteux: ce ne serait pas rejoindre le

public. «Etabli à la rue du Dragon à Paris depuis qu’il a quitté Evreux,

Mgr Gaillot n’y restera pas plus d’un an: il faut quitter les lieux pour le

15 mars. «Mais il y a bien d’autres lieux, où il faut défendre les droits

liés à la citoyenneté: que ce soit avec les prisonniers, les malades du sida, les sans-logis, les sans-papiers, les sans-travail…»

«Nous essayons de tordre le cou à certains slogans, poursuit G. Ringlet.

Reprocher à Mgr Gaillot de fréquenter les médias, c’est ne pas se rendre

compte qu’il y a tout un peuple qui ne voit un évêque qu’à travers les médias. C’est comme une immense paroisse des ondes; elle permet de rejoindre

des gens d’une autre manière. Bien sûr, cela ne se fait pas sans simplification du message, sans laminage, sans déperdition. Mais c’est un risque à

prendre.»

Dire Dieu dans les médias ne va pas de soi, insiste à son tour Mgr Gaillot. «On peut parler de Dieu sans annoncer l’Evangile. On parle souvent

trop vite de Dieu. Il ne suffit pas de prononcer le mot Dieu une ou plusieurs fois. On ne parle bien de Dieu qu’en parlant bien de l’homme. Je ne

puis annoncer l’Evangile si je ne respecte pas la dignité des personnes.

Annoncer l’Evangile commence par engager une vraie relation humaine. Avant

de proposer l’eau vive, Jésus a eu soif, il a demandé à boire à une femme

et a pris le temps de nouer des liens avec elle.»

Mgr Gaillot emboîte difficilement le pas à ceux qui déplorent «l’indifférence» à l’égard de l’Eglise. «Beaucoup, répond-il d’abord en boutade, me

font l’honneur de ne pas être indifférents, y compris ceux qui m’étonnent

par leur haine et leur méchanceté quand ils me crient au hasard d’une rencontre: «Ordure!…Vous êtes encore là ?… Qui vous a payé pour aller à

Mururoa ?… Vous êtes un monstre d’orgueil!» Avant de parler d’indifférence, ajoute J. Gaillot, il faut savoir aller au devant de ceux qu’on attend.

Mais aller au devant ou au-delà demande une volonté politique. On n’en finirait pas de rester chez soi!» (apic/cip/mp)

Jacques GAILLOT, Gabriel RINGLET: «Dialogue et liberté dans l’Eglise»,

1995, L’Appel/Desclée De Brouwer.

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