Genève, 21septembre(APIC) Le président de l’Eglise évangélique de Poly-
Chirac, l’avertissant que son gouvernement devra « assumer la responsabilité » de toute autre explosion de violence que pourraient déclencher les
essais nucléaires français dans le Pacifique.
La ville de Papeete, sur l’île de Tahiti, avait été le théâtre de scènes
de violence après les premiers essais nucléaires français sur l’atoll de
Mururoa le 5 septembre. L’aéroport international de Tahiti avait été saccagé. Jacques Ihorai, président de l’Eglise évangélique de Polynésie franc,aise, qui représente la majorité des citoyens de Polynésie,
s’est adressé aux participants au Comité central du Conseil oecuménique des
Eglises (COE), réunis à Genève, avant d’aller à Paris o# il devrait rencontrer le président Chirac le jeudi 21 septembre.
Les essais du 5 septembre n’ont pas seulement affecté Mururoa, a
souligné J.Ihorai, mais aussi Tahiti, qui a été le théâtre de scènes de
violence. « Un aéroport peut être reconstruit mais il sera beaucoup plus
difficile de reconstruire les coeurs et rétablir la confiance de ceux qui
ont été tenus à l’écart pendant si longtemps », a-t-il déclaré. Les Eglises
du Pacifique se sont prononcées en faveur de protestations pacifiques
contre les essais nucléaires, a rappelé J. Ihorai, tout en ajoutant que le
président Chirac et le gouvernement franc,ais devront assumer leur
responsabilité si des actes de violence se produisent. J. Ihorai a
vigoureusement condamné les déclarations du président Chirac pour qui
« Tahiti, c’est la France », affirmation qúil considère comme une « violence »
à l’égard du peuple de Tahiti.
Nous estimons que le président Chirac ne veut pas admettre que notre
peuple existe, a ajouté J. Ihorai. Ralph Teinaore, secrétaire général de
l’Eglise évangélique de Polynésie franc,aise, a plus tard ajouté lors d’une
conférence de presse que l’Eglise avait toujours demandé à la population de
ne pas recourir à la violence. L’Eglise protestante de Polynésie franc,aise
a organisé des séminaires sur la non-violence avec la collaboration de
l’Eglise réformée de France, a-t-il indiqué. Les Eglises d’Europe
occidentale pourraient nous aider à « développer notre pays », a-t-il dit.
« Notre Eglise ne va pas vous demander de boycotter les produits franc,ais;
c’est aux Eglises d’Europe de décider elles-mêmes », a-t-il précisé. (639
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