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Paris: le président de l’Eglise évangélique (210995)

de Polynésie française vient protester auprès du président Chirac

Paris, 21septembre(APIC) Le président de l’Eglise évangélique de Polynésie française, Jacques Ihorai a lancé jeudi à Paris une mise en garde au

président français, Jacques Chirac, l’avertissant que son gouvernement

devra « assumer la responsabilité » de toute autre explosion de violence que

pourraient déclencher les essais nucléaires français dans le Pacifique. « Il

sera difficile de rétablir la confiance », a-t-il souligné lors de son entretien avec le chef de l’Etat.

La ville de Papeete, sur l’île de Tahiti, avait été le théâtre de scènes

de violence après les premiers essais nucléaires français sur l’atoll de

Mururoa le 5 septembre. L’aéroport international de Tahiti avait été saccagé.

Avant de se rendre à Paris, le président de l’EEPF, qui regroupe la majorité des citoyens de Polynésie, s’est adressé aux participants au Comité

central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), réunis à Genève.

« Un aéroport peut être reconstruit mais il sera beaucoup plus difficile

de reconstruire les coeurs et de rétablir la confiance de ceux qui ont été

tenus à l’écart pendant si longtemps », a déclaré Jacques Ihorai. Avant de

condamner vigoureusement les déclarations du président Chirac pour qui « Tahiti, c’est la France ». Une affirmation qu’il considère comme une « violence » à l’égard du peuple de Tahiti. « Nous estimons que le président Chirac

ne veut pas admettre que notre peuple existe ».

Ralph Teinaore, secrétaire général de l’Eglise évangélique de Polynésie

française, a souligné de son côté que l’Eglise avait toujours demandé à la

population de ne pas recourir à la violence.

Une décision déplacée et dangereuse

La décision de reprendre les essais nucléaires français dans le Pacifique est « déplacée et dangereuse », estime de son côté le Conseil de la Fédération protestante de France (FPF), dans une déclaration faite paralèllement à la rencontre de Jacques Chirac et du pasteur Ihorai.

La FPF déplore que la décision du président Chirac intervienne au moment

même où de nombreuses manifestations ont ravivé le souvenir terrifiant

d’Hiroshima et de Nagasaki. Les protestants redoutent que cette démarche

ait pour conséquence de réduire les chances d’un engagement collectif et

réciproque des Etats en faveur d’une politique de paix indépendante de la

dissuasion nucléaire ou d’autres armes de terreur, notamment chimiques et

bactériologiques.

« La paix et la sécurité ne peuvent pas reposer sur des menaces mettant

en jeu les capacités mêmes de l’humanité », rappelle la FPF. « Cette conviction nous presse d’entreprendre de la manière la plus réaliste une réflexion théologique, éthique et politique dans nos Eglises et institutions, au

niveau national et européen, sur les conditions et les moyens de la défense

et de la sécurité », concluent les protestants. (apic/eni/jcn/mp)

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