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L’agressivité qui marque le conflit en ex-Yougoslavie

est le résultat du communisme, affirme un évêque serbe (210995)

Evêques orthodoxes serbes obligés de quitter la Croatie

Genève, 21septembre(APIC) L’agressivité et le nombre très élevé de victimes, qui marquent le conflit en ex-Yougoslavie doivent être imputés au

communisme et à l’athéisme, estime l’évêque orthodoxe serbe Lavrentije, de

Sabac-Valjevo.

«Durant 60 années de communisme, l’athéisme était la religion officielle», a rappelé l’évêque Lavrentije, au cours d’un entretien accordé à Genève à l’Agence de presse oecuménique ENI. «Pendant 50 ans, les prêtres

n’étaient pas autorisés à aller dans les écoles ni dans les casernes. Tout

ce qui pouvait avoir un rapport avec Dieu et avec l’âme était absent de

l’éducation.»

Les gens de cette générations, qui se battent aujourd’hui, «ont reçu une

instruction athée. C’est ce qui explique le génocide, estime encore l’évêque orthodoxe, avant de paraphraser le curé d’Ars.: ’Si vous enlevez Dieu

de la vie de l’homme, celui-ci devient un animal’.

Pour l’évêque Lavrentije, qui participe à Genève au Comité central du

Conseil oecuménique des Eglises (COE), les chrétiens d’Europe occidentale

qui demandent pourquoi l’Eglise orthodoxe serbe n’a pas déployé plus d’efforts pour faire cesser le conflit ont été mal informés.

L’Eglise ne peut pas les influencer, relève-t-il, en parlant des soldats

serbes de Bosnie. «Elle n’a pas autant de pouvoir que vous croyez». Selon

lui, l’Eglise n’a aucun contact avec le général Mladic, chef militaire des

Serbes bosniaques.

Etablir des relations

L’évêque Lavrentije soutient vigoureusement l’Eglise orthodoxe serbe, et

rappelle que les évêques orthodoxes serbes avaient été forcés de quitter la

Croatie et d’autres régions de l’ex-Yougoslavie, alors que cinq évêques

catholiques-romains étaient encore en Serbie, où ils pouvent exercer leur

ministère.

«Lorsque le patriarche Pavle avait été pressé par certaines Eglises membres d’intervenir pour que les évêques catholiques romains soient chassés

de Serbie en réponse à l’expulsion des évêques orthodoxes de Croatie, le

patriarche avait répondu: «Que dites-vous là? C’est l’Ancien Testament oeil pour oeil. Nous sommes une Eglise du Nouveau Testament».

Pour l’évêque Lavrentije le catholicisme est souvent agressif, particulièrement en ex-Yougoslavie. De nombreux Serbes de Croatie ont eu le sentiment que leur identité culturelle était menacée.

La seule façon de surmonter les divergences qui séparent les Eglises, at-il ajouté, est d’établir des relations entre elles. «Nous essayons de

nous rapprocher». Lui-même a récemment passé plusieurs jours en Italie avec

des évêques catholiques de Croatie et de Slovénie. «Comme le disait le pape

Jean XXIII: ’On ne peut aimer quelqu’un si on ne le connaît pas’.

L’évêque Lavrentije a en outre confié que cette semaine encore, 100’000

réfugiés serbes bosniaques avaient traversé son diocèse, fuyant les combats

qui déchiraient la Bosnie (son diocèse, Sabac-Valjevo, a une frontière de

140 kilomètres avec la Bosnie).

Quelque 80’000 réfugiés de Bosnie et de la Krajina sont déjà installés

dans son diocèse. L’évêque consacre 80% de son temps à se préoccuper de

leur sort. L’Eglise serbe est pauvre, a-t-il déploré. Près de 90% de ses

biens ont été confisqués par le gouvernement communiste en 1947 et n’ont

pas été restitués à l’Eglise, qui dépend, pour 80% de ses revenus, de la

vente de bougies dans les églises. Mais les sanctions ont empêché l’importation de paraffine nécessaire à la fabrication des bougies. (apic/eni/pr)

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