apic/Rwanda/Prêtres Lettre
Rwanda: Les prêtres admettent leurs responsabilités
Un constat loyal est la voie obligée de la réconciliation (210995)
Kigali, 21septembre(APIC) Les prêtres du Rwanda lancent un appel à leurs
confrères réfugiés ou en exil. Ils reconnaissent que chacun d’entre eux a
pu avoir une responsabilité dans la tragédie qui frappe le Rwanda. Et que
le manque de compassion a conduit certains prêtres à des engagements
inconditionnels auprès des détenteurs du pouvoir. Les prêtres réclament en
outre l’abolition de l’impunité et la désignation du crime comme crime,
d’où qu’il vienne ».
« Notre mission auprès de nos compatriotes ici dans le pays et dans les
camps de réfugiés doit être une mission évangélique qui console, appelle à
la conversion des pécheurs, au pardon et à la réconciliation »: tel est le
message adressé par les « prêtres Rwandais de l’intérieur » aux « prêtres
rwandais réfugiés ». Ils soulignent aussi que le dialogue passe par une « justice juste » et invitent dès lors chaque prêtre à « un constat loyal sur
tout ce qui s’est passé au Rwanda ».
A l’invitation de Mgr Frédéric Rubjwejanga, président de la Commission
épiscopale du clergé, les prêtres rwandais de l’intérieur se sont rencontrés à Remera pour une session nationale. Au cours des débats, auxquels ont
participé quatre évêques, leurs préoccupations se sont dirigées vers leurs
confrères actuellement en exil au milieu de la multitude des réfugiés. Une
délégation de l’assemblée a rédigé une lettre à leur intention, pour, écrivent ses signataires, « vous manifester notre communion fraternelle et notre
souhait le plus vif de retrouver ensemble le chemin de la Réconciliation ».
Après une année d’ »événements tragiques qui ont aggravé les divisions »,
constate la lettre, une partie de la population vit dans un exil « dont
vous, pasteurs, partagez les souffrances », tandis qu’à l’intérieur du Rwanda le clergé resté sur place à « faire face à la difficulté de reconstruire
le pays et l’Eglise après toutes les blessures et le défi de la présence
d’une multitude de réfugiés à l’étranger ».
Un manque de compassion
Devant la « complexité de la situation », les prêtres de l’intérieur ont
conscience que « la solution des problèmes rwandais exige une approche prudente et pleine de bienveillance. Seule une vraie conversion à JésusChrist, ajoutent-ils, peut nous aider à retrouver le chemin de l’unité entre nous et à aider nos compatriotes à retrouver ce chemin ».
Nous avons reconnu, disent les prêtres, que chacun de nous pouvait avoir
une responsabilité dans la tragédie qui a déchiré le Rwanda, par son incapacité à mesurer la souffrance des autres. « Nous avons reconnu que nous
pouvions manquer de compassion. Ce manque de compassion a conduit certains
d’entre nous à des engagements inconditionnels auprès des détenteurs du
pouvoir dans notre pays. Ce danger nous guette encore et nous devons l’éviter afin d’être libres pour aimer à la manière du Christ, notre Chef et
notre Frère ».
Un dialogue « franc et sans intermédiaire »
Les signataires de la lettre terminent par un appel au dialogue, lequel
va de pair avec une « justice juste ». « Nous savons ici que nous devons travailler pour que s’instaure une justice juste qui innocente l’innocent et
punit le coupable. L’abolition de l’impunité et la désignation du crime
comme crime (d’où qu’il vienne) sont une voie obligée pour la réconciliation des Rwandais. Pour réaliser cette mission, nous devons accepter de
faire un constat loyal sur tout ce qui s’est passé au Rwanda dans l’histoire récente et qui a culminé dans le génocide et les massacres dont les effets sont encore loin de s’amortir ».
Les prêtres souhaitent qu’un « dialogue franc et sans intermédiaire »
s’établissent entre les prêtres de l’intérieur et ceux qui vivent parmi les
réfugiés. (apic/cip/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse