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apic/Pape/Kénya

Kenya: Jean-Paul II a entamé la troisième

et ultime étape de sa visite en Afrique (190995)

Nairobi, 19septembre(APIC/CIP) Deux temps forts marqueront mardi l’avantdernière journée du pape en Afrique: la concélébration de la messe au Parc

de la Liberté, à Nairobi, et l’après-midi, la troisième session synodale de

l’Assemblée spéciale pour le Synode des évêques.

Une troisième étape commencée lundi au Kénya, avec l’arrivée du pape à

Nairobi, où l’attendait le président Daniel Arap Moi. Jean Paul II a présenté le Kénya, un pays de 25,7 millions d’habitants, qu’il visite pour la

troisième fois, comme un «centre de communication» pour l’Afrique orientale. Comme à Yaoundé et à Johannesbourg, il a d’emblée situé le cadre de sa

visite: «réaffirmer l’engagement de l’Eglise catholique en vue de sa mission spirituelle et humanitaire dans le continent» suite au synode pour

l’Afrique.

«Je viens, a dit le pape dans son premier discours prononcé au Kénya,

comme quelqu’un de profondément préoccupé par le destin des peuples de ce

continent. L’Afrique se trouve à un carrefour. Ses peuples et ses gouvernements sont appelés à recourir à leur sagesse face au défi difficile et urgent de promouvoir un développement qui ne soit pas seulement économique et

matériel, mais qui comporte l’édification d’une société fondée sur le respect de tous ses membres».

Jean-Paul II a impliqué l’Eglise dans cette évolution: elle est «une alliée de tous ceux qui travaillent pour une Afrique meilleure» et fera «tout

ce qui est en son pouvoir pour défendre les pauvres, les faibles, les sansvoix» et pour renforcer chez tous les Africains «l’espérance d’une vraie

libération».

Le président Arap Moi n’a pas forcément apprécié ce discours. Lui qui

s’est fait rappeler à l’ordre à plusieurs reprises par la Conférence épiscopale du Kénya, qui ne s’est pas fait faute de dénoncer la compromission

et la décadence sociale dans laquelle tombe le pays. L’opposition politique, tolérée depuis peu, cherche encore ses marques, ce qui donne à l’Eglise un rôle certain d’opposition, elle qui rassemble 20% de la population.

Lors de l’accueil très chaleureux réservé au pape à l’aéroport, le président Arap Moi a fustigé les maux dont souffre l’Afrique, comme la corruption, qui, selon lui, n’affecte pas son pays. «C’est un pays merveilleux,

que les journalistes dénigrent», devait-il dire plus tard à la presse qui

attendait en soirée le pape à l’entrée du palais présidentiel. La visite de

courtoisie ne comportait pas cette fois d’échange de cadeaux, comme cela

avait été le cas au Cameroun et en Afrique du Sud. Commentaire de Daniel

Arap Moi devant les journalistes: «Ne m’interrogez pas sur ce point, le

monde est devenu fou». Explication des services du Vatican: «Cela dépend du

protocole du pays. Il ne faut pas chercher d’autres raison».

L’imam de Nairobi, de son côté, a fait savoir qu’il refusait de venir à

la cérémonie de célébration du synode présidée par le pape, où toutes les

religions sont invitées. Pour deux motifs, selon le Vatican: tout d’abord,

«l’Eglise catholique a dans son programme d’évangéliser l’Afrique entière

d’ici l’an 2000, ce qui va contre les aspirations des musulmans»; ensuite,

«en protestation contre le conflit qui opposa il y a très longtemps les Espagnols et les musulmans, qui rend particulièrement sensible le mois de

septembre et interdit tout acte de collaboration avec l’Eglise catholique

durant ce mois, car cela reviendrait à avaliser ce qui est arrivé aux musulmans en Espagne il y a de très nombreuses années». (apic/cip/pr)

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