Au cours d’une manifestation qui a eu lieu le 7 septembre, près de 100

DEUXIEME PARTIE

femmes originaires d’Afghanistan, d’Algérie et d’Iran, portant une capuche

de bourreau rouge pour cacher leur visage, brandissaient une pancarte sur

laquelle figurait, peint à la main, le slogan suivant: « Condamnez

l’apartheid sexuel et la barbarie envers les femmes dans les pays

musulmans. »

Criant « Non à l’intégrisme », elles ont défilé dans les rues de Huairou,

portant des banderoles avec des photos frappantes d’hommes qui avaient été

décapités par des extrémistes algériens. Plus tard, la conférence de

presse, organisée par les manifestantes, a été perturbée par des femmes et

des hommes qui, selon les organisateurs, avaient des liens avec le

gouvernement islamique de Téhéran, la capitale de l’Iran.

« Parler ici risque de nous co#ter très cher », a affirmé l’Algérienne Zazi

Zadou, qui milite pour les droits des femmes. « Ceci n’est pas l’islam.

C’est une manipulation de l’islam par des groupes politiques », a-t-elle

ajouté.

Au début de la semaine, le forum des ONG a appris que 48 journalistes

algériens (dont quatre femmes) avaient été tués par des rebelles

islamiques.

Des centaines de musulmanes, originaires du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Asie

et d’Amérique du Nord, ont assisté au forum des ONG.

Plusieurs d’entre elles ont indiqué qúelles avaient puisé du courage dans

le discours du premier ministre du Pakistan, Mme Benazir Bhutto. Dans son

allocution, présentée à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la

conférence, dans la salle du peuple sur la place Tiananmen, Mme Bhutto a

appelé les musulmanes à réagir à la propagande qui présente l’islam comme

une religion opposée aux femmes.

« Une femme peut recevoir des biens en héritage, divorcer, toucher une

pension alimentaire et obtenir la garde des enfants, » a-t-elle souligné.

Mme Bhutto a cité des versets du Coran pour démontrer que les tabous

sociaux devaient être séparés de l’islam traditionnel.

Une participante, membre de l’Association tunisienne de femmes juristes,

s’est inquiétée du portrait stéréotypé de la femme islamique brossé par les

médias occidentaux. Cette dernière, a-t-elle souligné devant le Forum des

ONG, est en effet souvent dépeinte voilée et passive. Les femmes arabes

juristes ont exhorté les délégués à faire participer les femmes davantage à

la vie politique, économique, culturelle et sociale de leur pays.

Maryam Daftari, exilée iranienne résidant à Paris et membre du Conseil de

la résistance nationale iranienne (CNRI), s’est déclarée déc,ue par la

position modérée adoptée par la conférence en matière d’extrémisme

religieux. « La discrimination envers les femmes en Iran provient

directement de la conception, de la philosophie et de l’idéologie

intégristes », a-t-elle indiqué.

« Les convictions religieuses étroites du gouvernement émanent d’une

conception chauvine et misogyne de la vie, » a-t-elle souligné. Mme Daftari

a déclaré qúen Iran, les femmes étaient toujours lapidées pour adultère et

qúelles recevaient 74 coups de fouet si elles ne portaient pas le hijab,

vêtement qui couvre le corps de la femme de la tête aux pieds. (950 mots)

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