DEUXIEME PARTIE
femmes originaires d’Afghanistan, d’Algérie et d’Iran, portant une capuche
de bourreau rouge pour cacher leur visage, brandissaient une pancarte sur
laquelle figurait, peint à la main, le slogan suivant: « Condamnez
l’apartheid sexuel et la barbarie envers les femmes dans les pays
musulmans. »
Criant « Non à l’intégrisme », elles ont défilé dans les rues de Huairou,
portant des banderoles avec des photos frappantes d’hommes qui avaient été
décapités par des extrémistes algériens. Plus tard, la conférence de
presse, organisée par les manifestantes, a été perturbée par des femmes et
des hommes qui, selon les organisateurs, avaient des liens avec le
gouvernement islamique de Téhéran, la capitale de l’Iran.
« Parler ici risque de nous co#ter très cher », a affirmé l’Algérienne Zazi
Zadou, qui milite pour les droits des femmes. « Ceci n’est pas l’islam.
C’est une manipulation de l’islam par des groupes politiques », a-t-elle
ajouté.
Au début de la semaine, le forum des ONG a appris que 48 journalistes
algériens (dont quatre femmes) avaient été tués par des rebelles
islamiques.
Des centaines de musulmanes, originaires du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Asie
et d’Amérique du Nord, ont assisté au forum des ONG.
Plusieurs d’entre elles ont indiqué qúelles avaient puisé du courage dans
le discours du premier ministre du Pakistan, Mme Benazir Bhutto. Dans son
allocution, présentée à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la
conférence, dans la salle du peuple sur la place Tiananmen, Mme Bhutto a
appelé les musulmanes à réagir à la propagande qui présente l’islam comme
une religion opposée aux femmes.
« Une femme peut recevoir des biens en héritage, divorcer, toucher une
pension alimentaire et obtenir la garde des enfants, » a-t-elle souligné.
Mme Bhutto a cité des versets du Coran pour démontrer que les tabous
sociaux devaient être séparés de l’islam traditionnel.
Une participante, membre de l’Association tunisienne de femmes juristes,
s’est inquiétée du portrait stéréotypé de la femme islamique brossé par les
médias occidentaux. Cette dernière, a-t-elle souligné devant le Forum des
ONG, est en effet souvent dépeinte voilée et passive. Les femmes arabes
juristes ont exhorté les délégués à faire participer les femmes davantage à
la vie politique, économique, culturelle et sociale de leur pays.
Maryam Daftari, exilée iranienne résidant à Paris et membre du Conseil de
la résistance nationale iranienne (CNRI), s’est déclarée déc,ue par la
position modérée adoptée par la conférence en matière d’extrémisme
religieux. « La discrimination envers les femmes en Iran provient
directement de la conception, de la philosophie et de l’idéologie
intégristes », a-t-elle indiqué.
« Les convictions religieuses étroites du gouvernement émanent d’une
conception chauvine et misogyne de la vie, » a-t-elle souligné. Mme Daftari
a déclaré qúen Iran, les femmes étaient toujours lapidées pour adultère et
qúelles recevaient 74 coups de fouet si elles ne portaient pas le hijab,
vêtement qui couvre le corps de la femme de la tête aux pieds. (950 mots)
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