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Yaoundé: «L’espérance de l’Afrique, c’est son peuple», dit Jean-Paul II
Le pape déplore les essais nucléaires français
Yaoundé, 15septembre(APIC/CIP/ Jean-Marie Guénois) Jean-Paul II s’est
prononcé jeudi pour la cessation des essais nucléaires français dans le Pacifique. Dans l’avion qui le conduisait de Rome en Afrique, le pape a également évoqué la Bosnie, le dialogue avec l’islam et la situation du peuple
africain. Le pape est arrivé en début de soirée à Yaoundé pour une visite
de six jours au Cameroun, en Afrique du Sud et au Kenya consacrée à «la célébration solennelle du synode pour l’Afrique».
Dès son arrivée à Yaoundé, le pape s’est adressé «à tous les peuples
d’Afrique». «Je tiens à leur dire, a-t-il précisé, que je considère comme
irremplaçable leur présence dans le monde et leur rôle dans la communauté
internationale.» Il a aussi lancé un «appel à toutes les nations du monde»
pour qu’elles se montrent «concrètement solidaires d’un continent trop
souvent défavorisé au cours de l’histoire de ces derniers siècles».
Conversation avec les journalistes
C’est un pape détendu qui s’est présenté aux cinquante journalistes qui
l’accompagnent pour ce 11e voyage en Afrique. «Comme vous le voyez, ça va
bien, grâce à Dieu», leur a-t-il lancé.
Interrogé sur les tests nucléaires français dans le Pacifique, Jean-Paul
II a répondu: «Il faut les supprimer. Il faut en tout cas les contrôler. La
France a ses raisons. En principe, il ne faut pas donner trop d’importance
à ces essais.» Une note de la salle de presse du Saint-Siège, distribuée
ensuite dans l’avion, a confirmé cette phrase du pape, en ajoutant ce commentaire: «En fait, le pape ne peut que penser à l’avenir et espérer que
l’on aboutisse partout à l’abandon de l’usage des armes nucléaires.»
Questionné sur les raids aériens de l’ONU en Bosnie, le pape a répondu:
«Il faut chercher la paix.» «Il faut faire tout notre possible pour arriver
à la paix. Telle est la ligne d’action de l’Eglise», a précisé Jean Paul II
à propos de son initiative de réunir à Rome à la mi-octobre tous les
évêques de l’ex-Yougoslavie. ,
A propos des difficultés actuelles de l’Afrique – pauvreté, épidémies,
réfugiés -, le pape a lancé: «Il faut le dire, le monde est coupable. Chacun sait bien ce qu’il faudrait faire. Mais tous sont coupables, car il y
tant de choses à faire, et les possibilités sont nombreuses.»
Le pape a reconnu que l’Afrique du Sud, qu’il visite pour la première
fois, sera l’étape la plus émouvante de ce voyage. Il considère que
l’Afrique du Sud «mérite une visite pastorale à elle seule». En précisant
cela, le pape a sans doute voulu répondre aux critiques qui se sont élevées
contre le fait qu’il ne se rendra qu’à Johannesburg et à Pretoria, et non à
Soweto, siège historique de l’opposition noire.
A propos des musulmans, le pape a indiqué vouloir sans cesse, chercher
le dialogue avec eux. «Ce sont les fondamentalistes qui rendent cela très
difficile.»
Concernant sa visite à Berlin en juin 1996, et sur la question de savoir
s’il se rendrait à Wurtemberg, ville où Luther afficha ses thèses, point de
départ de la Réforme, le pape a répondu: «Aux évêques d’en décider.»
L’arrivée à Yaoundé
A son arrivée à Yaoundé, la capitale du Cameroun, Jean-Paul II a été accueilli par le président de la République, Paul Biya, le gouvernement au
grand complet et par une délégation d’évêques représentant les 29 pays
d’Afrique. Le pape s’est adressé «à tous les peuples d’Afrique», rappelant
leur rôle «irremplaçable» dans la communauté internationale. Il a également
dit le respect de l’Eglise pour la «diversité» des cultures et des religions de ce continent. Et d’inviter les nations du monde «à se montrer concrètement solidaires à l’égard d’un continent trop souvent défavorisé au
cours de l’histoire de ces derniers siècles». Le pape a aussi appelé les
Africains à la réconciliation devant les deuils et les conflits qui ont
blessé de nombreux pays du continent.
«La célébration solennelle du synode pour l’Afrique», par laquelle
«l’Eglise universelle entend saluer les jeunes Eglises d’Afrique, qui parviennent à une vraie maturité» est le principal but de la visite de Jean
Paul II. Les représentants des autres communautés chrétiennes, de l’islam
et de la religion traditionnelle africaine, tous présents à l’aéroport pour
l’accueillir ont également eu droit à un salut spécial de Jean Paul II.
S’adressant enfin plus particulièrement à l’Eglise catholique du Cameroun, Jean-Paul II a encouragé son clergé dans l’oeuvre d’évangélisation,
en lui demandant «le désintéressement» dans le service des frères. Se tournant vers les laïcs, il a insisté sur l’importance de leur formation.
Partageant «l’inquiétude des habitants du Cameroun devant l’insécurité
et la violence subies par certains», le pape a rappelé la mémoire de Mgr
Yves Plumey, une des grandes figures de l’Eglise camerounaise, «ce pasteur
vénéré qui avait tant fait pour l’Eglise au nord du Cameroun, assassiné il
y a quatre ans dans des circonstances encore inexpliquées».
Avant de gagner Yaoundé en voiture découverte, un trajet de 15 kilomètres tout au long duquel il a été acclamé par une foule chaleureuse, le pape a conclu son discours à l’aéroport en disant sa satisfaction de voir
«une participation effective» des catholiques à la vie du pays, «dans le
respect mutuel des convictions différentes et de la liberté de conscience
et de religion», dont il a relevé un «signe positif»: la récente signature
d’un accord entre l’Etat et l’Institut Catholique de Yaoundé. (apic/cipjmg/mp)
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