L’Office International de l’Enseignement Catholique s’étonne : où est
Bruxelles, 11 septembre 1995 (CIP)
Le 8 septembre, c’était la Journée mondiale pour l’Alphabétisation. Ainsi
en a décidé l’UNESCO, il y a cinq ans. Mais cette année, en Belgique, aucun
écho des médias aux graves problèmes que pose l’analphabétisme de 200
millions d’enfants et de 950 millions d’adultes. L’association .Education
et Développement/ (1), un des services de l’Office International de
l’Enseignement Catholique, s’étonne de ce silence dans une .lettre ouverte/
adressée le 11 septembre .aux médias et particulièrement à la télévision/.
Les responsables d’Education et Développement à Bruxelles affirment n’avoir
repéré nulle part, ni dans l’information du 8 septembre, ni dans un
magazine de la semaine, la moindre allusion au grave problème de
l’analphabétisme. Or ce fléau touche plus de 60 % de femmes et de filles à
travers le monde et constitue un obstacle majeur à la promotion sociale et
au développement. Les collaborateurs de l’Office International de
l’Enseignement Catholique s’expliquent d’autant moins le silence sur la
Journée mondiale pour l’Alphabétisation que la presse écrite, la radio et
la télévision parlent – heureusement – abondamment du sida, une maladie qui
touche pourtant 100 fois moins de personnes que l’analphabétisme. Sur 20 %
de personnes séropositives à travers le monde, l’Organisation Mondiale de
la Santé ne range parmi les .victimes/ de la maladie que 10 % des personnes
atteintes par le virus. L’analphabétisme, quant à lui, ne serait-il pas
porteur de mort, vu que ses victimes souffrent à la foi d’un déni de droit
et souvent d’une impossibilité de le faire valoir par elles-mêmes. La
décision de faire du 8 septembre la Journée mondiale pour l’alphabétisation
a été prise par l’UNESCO en 1990, suite au Sommet mondial des Enfants et à
la Conférence internationale de Jomtien sur l’Education pour tous. Lors du
Sommet mondial des Enfants, les Etats s’étaient engagés à revoir les aides
publiques internationales en vue d’accorder plus d’importance à
l’enseignement fondamental. Cinq ans plus tard, dans son rapport sur .La
situation des enfants dans le monde/, l’UNICEF constate qúen 1994, à peine
2 % de cette aide sont allés à l’enseignement fondamental, et 3 % aux soins
de santé. C’est pourquoi, le président de l’association .Education et
Développement/, Andrès Delgado Hernandez, et Xavier Burin, administrateur
délégué, ne tiennent pas à ce que la Journée pour l’Alphabétisation tombe
dans les oubliettes. Ils souhaitent, au contraire, rappeler à l’opinion
publique que les Etats n’ont pas tenu leurs engagements en matière
d’éducation ! –
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