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Afrique du Sud: Desmond Tutu prendra sa retraite en juin 1996 (120995)
L’ancien Prix Nobel s’apprête à passer une année sabbatique à Atlanta
Pretoria, 12septembre(APIC) L’archevêque anglican du Cap, Desmond Tutu,
prendra sa retraite en juin 1996, après avoir joué, à la tête de l’Eglise
anglicane, un rôle marquant dans la vie politique et la société sud-africaines.
Défenseur des droits de l’homme sous le régime de l’apartheid et lauréat
du Prix Nobel, l’archevêque quittera la ville du Cap pour passer une année
sabbatique à l’Université Emory, à Atlanta, aux Etats-Unis.
Selon John Allen, chargé de presse de l’archevêché, l’archevêque Tutu
pourrait passer une année supplémentaire aux Etats-Unis, comme prélat invité auprès de la cathédrale nationale de Washington, DC. L’archevêque projette également d’écrire un livre sur la Transfiguration du Christ.
John Allen a précisé qu’à leur retour en Afrique du Sud, Desmond Tutu et
son épouse s’installeront à Soweto, près de Johannesburg, où il «écrira
peut-être un autre livre» et pourrait exercer un «ministère d’enseignement».
Le nom de l’archevêque Tutu a aussi été évoqué pour diriger les travaux
d’une commission officielle d’enquête sud-africaine sur les violations des
droits de l’homme commises et par l’ancien régime de l’apartheid et par le
mouvement de libération anti-apartheid. Mais, a précisé J. Allen, «à ma
connaissance, l’archevêque n’a pas été officiellement approché pour cela».
Dans la nouvelle Afrique du Sud, le rôle de l’archevêque Tutu a changé.
Sous le régime de l’apartheid, ses attaques virulentes contre l’apartheid
faisaient la une des journaux. Aujourd’hui son nom est surtout cité dans le
contexte d’événements nationaux et de diverses manifestations.
Par ailleurs, ses vues exprimés sur le divorce du président Nelson Mandela ont provoqué les réactions de la Ligue des femmes du Congrès national
africain. Desmond Tutu, qui s’était déclaré attristé par le divorce, avait
reconnu que c’était une étape logique. Le président Mandela avait besoin,
a-t-il dit, «d’une femme qui pouvait lui apporter ses pantoufles et sur les
épaules de laquelle il pourrait pleurer».
La Ligue des femmes a qualifié ces propos de sexistes. «C’est une insulte aux femmes et à l’institution du mariage», avait-elle déploré dans une
déclaration.
Malgré certains écarts de langage, le nom de l’archevêque Tutu suscite
toujours un profond respect en Afrique du Sud. Les observateurs ne manquent
pas de rappeler qu’il pourrait continuer de jouer un rôle important dans la
reconstruction morale et le développement démocratique du pays, s’il ne se
retirait pas complètement de la vie publique. (apic/eni/pr)
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