Harare, 4septembre(APIC) La campagne acharnée du président du
Zimbabwe Robert Mugabe contre les homosexuels a suscité ces dernières semaines une vive
polémique qui a pris une ampleur internationale. De nombreux chefs
religieux du pays partagent les opinions du président, même si certains ont
qualifié de regrettable cette «chasse aux sorcières».
L’homosexualité est depuis longtemps réprimée au Zimbabwe, mais la campagne actuelle du gouvernement a commencé il y a un mois lorsque l’association «Gays and Lesbians of Zimbabwe (GALZ)» a voulu installer un stand au
Salon international du livre qui avait pour thème les droits de l’homme. Le
gouvernement afait savoir aux organisateurs qu’il réprouvait vivement la
présence de GALZ. «La société et le gouvernement zimbabwéens n’acceptent
pas l’étalage public de la littérature homosexuelle,» Le Salon s’est ainsi
vu forcé d’annuler le permis de stand de GALZ. Quatre des 18 membres du
conseil d’administration ont démissionné en signe de protestation. Le jour
de l’ouverture le président Mugabe a prononcé un discours qualifiant les
homosexuels de «pervers qui ne devraient pas avoir leur place dans la société zimbabwéenne. «Si nous acceptons que l’homosexualité est un droit,
comme le défend l’association des sodomites et des pervers sexuels, notre
société aura-t-elle jamais la force morale de refuser aux drogués ou même à
ceux qui s’adonnent à la bestialité les droits qu’ils exigent et prétendent
avoir selon les lois de la liberté individuelle et les droits de l’homme?»
a relevé le président pour qui l’homosexualité est une importation. occidentale «répugnante». Indifférent aux manifestations que ces propos avaient
sucité devant les ambassades zimbabwéennes dans d’autres pays, le président
a répondu: «ils peuvent manifester, mais s’ils viennent ici, nous les jetterons en prison.».
Les Eglises du Zimbabwe ont exprimé un accord plus ou moins grand avec
le président Mugabe. Certains chefs chrétiens aurainet enjoint leurs
fidèles à participer à une manifestation contre les homosexuels à Harare.
Des de l’Association des mères du diocèse anglican du centre du Zimbabwe
ont dit leur soutien au président Mugabe «Les homosexuels bafouent notre
conception de la nature du mariage … nous nous engageons devant vous et
le pays à continuer à soutenir les valeurs morales du foyer et de la famille qui sont les fondements d’une société honnête.» Les chefs religieux du
Zimbabwe se sont tous déclarés vivement opposés à l’homosexualité «incompatible avec les valeurs bibliques du Christianisme et avec la culture africaine». L’évêque de l’Eglise luthérienne evangéliste, David Siphuma, a
souligné que «l’homosexualité ne fait pas partie du projet de Dieu. Elle
est contraire à la nature, elle est artificielle.»
Le vicaire général du diocèse anglican d’Harare, Timothy Neill, trouve
monstrueuse la «chasse aux sorcières» contre les homosexuels , mais conçoit
que le président ait clairement pris position. «L’homosexualité vient de
l’Occident et permettre à l’association Gays and Lesbians of Zimbabwe
d’avoir un stand au Salon du livre reviendrait à imposer une certaine
culture», a ajouté Neill.
Dans une déclaration l’Eglise catholique
regretté les «paroles sévères» du président Mugabe qu’elle qualifie
de
«compréhensibles mais des plus regrettables». Cette déclaration disait que
l’homosexualité était répugnante aux cultures prédominantes du pays. Elle
mentionnait les exemples de plus en plus nombreux de prostitution
homosexuelle entre touristes et enfants des rues. «Aux yeux de l’Eglise,
l’expression physique de l’homosexualité est et restera immorale.
Cependant, les homosexuels devraient être traités avec compassion et
sensibilité, et il ne devrait exister aucune discrimination à leur égard»,
ajoutait la déclaration. Le secrétaire à la communication sociale de la
Conférence des évêques catholiques, le Père Osker Wermter, a dit au
journaliste d’ENI que la polémique qui entourait l’homosexualité était un
exemple classique du manque de compréhension entre les pays industrialisés
et le Tiers Monde. «Nous avons de nombreux problèmes au Zimbabwe, mais
l’homosexualité n’en est pas un,» a affirmé Osker Wermter. «Le nombre
d’homosexuels qui vivent sans se cacher est très petit. Ils sont
marginalisés et l’homosexualité est peu connue au sein de la population
africaine. Le langage exalté et excessif du président – que nous regrettons
aussi – doit être vu dans ce contexte. «Cette question ne fait en réalité
que détourner l’attention des vrais problèmes,» a-t-il dit. «Nous sommes en
plein milieu d’une autre catastrophe nationale, d’une sécheresse qui semble
pire que la dernière. Nous nous trouvons dans une situation critique et
devons faire face à la famine. Décidons de ce qui est vraiment important.»
C’est à Harare qúaura lieu la prochaine assemblée du Conseil oecuménique
des Eglises (COE) en 1998, qui attirera des centaines de délégués et des
milliers de participants et d’observateurs à la capitale zimbabwéenne. La
plupart des chefs religieux d’Harare interrogés par ENI ne croyaient pas
que l’homosexualité serait un des grands sujets de discussion de
l’assemblée. «Nous sommes conscients des récentes remarques du président
Mugabe,» a déclaré au journaliste d’ENI un porte-parole du COE à Genève.
«Nous sommes entrés en contact avec nos confrères oecuméniques du Zimbabwe,
et nous considérerons avec les directeurs du COE les conséquences que
peuvent avoir les déclarations du président pour la préparation de
l’assemblée du COE qui doit se tenir à Harare.»
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