Lausanne:Démission de F. Le Roux, attaché (010995)
La conception de l’information religieuse en question?
Lausanne, 1erseptembre(APIC) François Le Roux, journaliste et attaché de
presse de l’Eglise du canton de Vaud depuis décembre 1992, a donné sa démission le 31 août, mettant fortement en cause la conception de l’Eglise en
matière d’information religieuse. «On ne supportait pas mon autonomie professionnelle», déclare-t-il dans une interview parue vendredi dans les quotidiens «La Liberté» et «Le Courrier». Autre son de cloche du côté du vicariat épiscopal à Lausanne.
Mis en cause par François Le Roux, qui affirme qu’»à Lausanne depuis un
an on trouve une culture autocratique où seule la version du ’chef’ est la
bonne», Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire à Lausanne, rejette une telle
assertion mais ne veut pas alimenter davantage la polémique.
François Le Roux affirme encore que «l’autorité ecclésiale ne savait que
faire d’un journaliste entreprenant dans le canton de Vaud» et que «les
grincements de dents ont commencé» quand il a écrit sur certains dossiers
délicats, sur des problèmes de fonctionnement interne.
En fait, le problème est ailleurs, laisse-t-on entendre au vicariat et
du côté de certains de ses collègues de l’information religieuse. A leur
avis, l’information sur la vie de l’Eglise dans le canton de Vaud était de
plus en plus négligée par l’attaché de presse, qui développait son activité
journalistique de façon tout à fait indépendante, au détriment de ce qui
fait la vie d’une Eglise au niveau local et régional.
Le poste de F. Le Roux est considéré comme «périphérique» – ce n’est ni
un poste strictement pastoral ni un poste purement administratif – c’est-àdire qu’il dépend à la fois de la Fédération des paroisses catholiques du
canton de Vaud, qui le rémunère, et du vicariat épiscopal (ou plutôt des
vicariats, si l’on tient compte du Chablais vaudois, qui appartient au diocèse de Sion).
Si personne ne met en cause la fonction de journaliste exercée par François Le Roux – qui alimentait de ses articles la presse profane suisse et
étrangère de préférence aux organes de l’Eglise, fait-on remarquer du côté
de ses collègues informateurs religieux – on lui reprochait surtout de
laisser de côté de plus en plus ses fonctions d’attaché de presse et de refuser la synergie avec les divers médias de l’Eglise. Lui-même considérait
que ses activités d’attaché de presse correspondaient à seulement 10%,
voire à 5% de son temps de travail.
Jean-Philippe Gogniat, secrétaire général de la Fédération des paroisses
catholiques du canton de Vaud, regrette le départ d’un homme pour qui il a
beaucoup d’estime. «C’est un départ qui m’attriste beaucoup», souligne-til, en relevant l’harmonie existante entre sa conception de l’information
dans l’Eglise et celle de l’ex-responsable du Service de l’information de
l’Eglise catholique en pays de Vaud.
Il est vrai que F. Le Roux a surtout développé la partie journalistique
de son cahier des charges, admet J.-P. Gogniat, mais la Fédération des paroisses n’a jamais rien eu à redire sur son travail: «la Fédération voulait
privilégier une conception de l’information avec une marge d’autonomie assez large, raison pour laquelle nous avons voulu en fixant le cahier des
charges que cette fonction soit occupée par un professionnel de l’information, qui ait quand même une dimension théologique». Quant à la succession
de François Le Roux, elle n’est pas réglée; un petit groupe a été chargé de
redéfinir le profil de ce poste et réfléchir à son cahier des charges.
(apic/be)
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