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Pologne: Dérapage de certains médias catholiques à (251095)
l’occasion de la campagne pour les présidentielles
La Commission épiscopale des médias s’excuse auprès des candidats diffamés
Varsovie, 25octobre(APIC) La campagne pour les présidentielles du 5 novembre prochain agite les milieux catholiques polonais, à tel point que des
médias catholiques ont été rappelés à l’ordre par la Conférence des évêques
pour avoir diffamé des candidats. D’autre part, le cardinal Jozef Glemp,
primat de Pologne, se veut rassurant: l’Eglise catholique « n’a pas peur »
d’une éventuelle victoire du poulain des ex-communistes, Alexsander Kwasniewski, qui caracole toujours en tête dans les sondages.
Même en cas de victoire du candidat de la gauche démocratique (SLD), a
déclaré Mgr Glemp aux journalistes, l’Eglise poursuivra sa tâche. Elle n’a
peur d’aucune éventualité, parce qu’elle peut annoncer l’Evangile dans
n’importe quelle situation. Si le climat politique interne devait radicalement changer, l’Eglise devrait peut-être alors trouver de nouvelles façons
de servir ses fidèles.
Certains médias catholiques ont cependant « dérapé » en propageant des
contre-vérités et des allégations diffamatoires à l’égard de certains candidats. Ils ont été rappelés à l’ordre par la Commission des médias de la
Conférence des évêques de Pologne, qui s’est excusée auprès des candidats.
En août dernier, l’épiscopat polonais avait certes demandé aux fidèles
catholiques de ne pas élire des représentants de l’ancien régime communiste, suscitant aussitôt la polémique. Ancien ministre de la Jeunesse et des
Sports avant la chute du régime communiste, Aleksander Kwasniewski, candidat favori dans les sondages, avait alors déclaré « ne pas se sentir concerné ».
Dans une lettre pastorale, les évêques polonais rappelaient que le régime précédent avait imposé au peuple polonais une idéologie étrangère, et
portait la responsabilité d’une mauvaise gestion économique qui a provoqué
pénurie et rationnement. Il n’y a aucune garantie que des candidats qui ont
occupé des postes importants dans la politique ou dans le domaine social
agiraient différemment aujourd’hui, estimaient alors les évêques polonais.
Malgré cette prise de position sans ambiguïté, certains médias catholiques ont dépassé les bornes. Ainsi, « Radio Maria », une station dirigée par
le Père rédemptoriste Tadeusz Rydzyk et qui couvre tout le pays, a plusieurs fois attaqué violemment le candidat Jacek Kuron, co-fondateur du
syndicat « Solidarnosc ». « Radio Maria » a accusé Kuron d’être responsable des
crimes commis sous le régime communiste, alors que ce dernier, figure de
l’opposition dès les années 60, a connu lui-même durant des années les geôles communistes.
Mgr Alojzy Orszulik, évêque de Lowicz et président de la Commission des
médias de la Conférence épiscopale, dans une déclaration, s’est excusé auprès des candidats visés pour la manière « manipulatrice » dont certains médias catholiques ont propagé des informations sur leur compte. (apic/kapbe)
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