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Genève: Place accordée aux femmes dans les Eglises (241095)

«Nous sommes en retard sur la société»,

déclare le secrétaire général du COE

Genève, 24octobre(APIC) Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du

Conseil oecuménique des Eglises (COE), estime que les Eglises sont en retard sur la société en ce qui concerne la place accordée aux femmes. Ce

constat relativement pessimiste a été prononcé lundi devant les membres du

colloque international des femmes organisé par la Fédération luthérienne

mondiale (FLM) qui se tient à Genève jusqu’au samedi 28 octobre.

Un constat que le pasteur Raiser tire de deux expériences récentes. La

première est une visite qu’il a effectuée avec une délégation du COE auprès

d’une Eglise d’Inde du Sud, visitee organisée dans le cadre des contacts du

COE avec toutes les Eglises membres durant la «Décennie oecuménique en solidarité avec les femmes», lancée en 1988. Or qu’elle ne fut pas sa surprise – et l’embarras – de la délégation de devoir constater que le Comité

exécutif de cette Eglise était exclusivement composé d’hommes.

La seconde expérience évoquée par le secrétaire général du COE est la

Conférence de Pékin qui, selon lui, a démontré que les femmes et les organisations féminines qui ne sont rattachées à aucune Eglise sont bien plus

avancées que les Eglises sur de nombreuses questions concernant les femmes.

Et Konrad Kaiser d’en déduire, que durant les trois années qui restent, «la

Décennie oecuménique en solidarité avec les femmes, qui doit s’achever en

1998, «ne résoudra pas le problème des Eglises dans leur compréhension

d’une véritable communauté entre les hommes et les femmes».

L’ordination des femmes, question brûlante

Pour Madame Musimbi Kanyoro, responsable du secrétariat «Femmes dans

l’Eglise et la société» de la FLM, l’ordination des femmes au sacerdoce est

une question emblématique pour la place des femmes dans l’Eglise. Elle est

un symbole de progrès, probablement parce qu’elle nécessite le démantèlement de barrières archétypiques comme les théologies patriarcales et le

conservatisme des élites masculines.

Madame Kanyoro ajoute: «Quand on vient aux questions relatives aux femmes, le Christ est plus souvent perçu comme le gardien du statu quo que

comme le Dieu des surprises. Les femmes dans les sociétés particulièrement

traditionnelles et à dominante masculine, doivent souvent endurer dans

l’Eglise le même silence que celui qui leur est imposé dans la société. Un

état de fait que beaucoup de femmes, surtout les plus âgées, en sont venues à parfaitement intérioriser, de sorte qu’elles sont devenues complices

de l’oppression de leur propre sexe».

Attitudes diverses des Eglises luthériennes

Musimbi Kanyoro a enfin rappelé que les 122 Eglises luthériennes membres

de la FLM ont, sur le sujet de l’ordination des femmes, des attitudes fort

diverses. A côté de celles qui ordonnent des femmmes – mais en général en

très petit nombre – il y a celles qui «acceptent l’ordination des femmes en

théorie, mais pas encore dans la pratique et aussi celles qui n’ordonnent

pas de femmes du tout». Cette sous-représentation des femmes est une grande

source de frustration. Dans les Eglises, conclut-elle, «la démocratie est

plus théorique que réelle». (apic/com/ba)

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