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Moscou: Délégation catholique du diocèse de Vérone chez Alexis II

Le patriarche de Moscou dénonce le « prosélytisme de l’Eglise de Rome »

Moscou, 9octobre(APIC) Les relations entre le patriarcat de Moscou et Rome sont un mélange d’ombres et de lumière. Pour le patriarche de Moscou,

Alexis II, le « prosélytisme de l’Eglise de Rome » continue. Il contraste

avec le développement des relations oecuméniques entre certains diocèses

catholiques européens et l’Eglise orthodoxe russe.

« Le prosélytisme de l’Eglise de Rome continue malheureusement sur le

territoire du Patriarcat de Moscou mais, en même temps, certains diocèses

catholiques européens développent des relations oecuméniques étroites avec

l’Eglise orthodoxe russe, considérée vraiment comme une Eglise soeur », a en

effet affirmé Alexis II, patriarche de Moscou et de toute la Russie, en recevant récemment une délégation catholique de la Commission oecuménique du

diocèse de Vérone (Italie du Nord).

Depuis trois ans, des échanges de visite ont eu lieu entre les membres

de la Commission de Vérone et des responsables du bureau qui, au Département des affaires extérieures de l’Eglise orthodoxe russe, est chargé des

relations avec l’Eglise catholique. Mais c’était la première fois que la

délégation de Vérone était conduite par Mgr Giuseppe Amari, évêque émérite,

à l’origine de ces contacts entre Vérone et Moscou.

En saluant cordialement Mgr Amari (celui-ci a transmis au patriarche une

lettre de cordiales salutations de Mgr Attilio Nicora, l’actuel évêque de

Vérone), le patriarche Alexis II a rappelé que le diocèse de Vérone avait

pris au sérieux l’affirmation du Concile Vatican II selon laquelle les

Eglises orthodoxes sont des « Eglises soeurs ».

Accord non respectés

S’exprimant sur les rapports officiels entre le Patriarcat de Moscou et

le Saint-Siège, Alexis II a cependant déploré que « soient restés sur le papier » les engagements auxquels ont souscrit les deux parties et par lesquels l’Eglise catholique s’engageait à s’abstenir de tout prosélytisme et

à informer en temps opportun le Patriarcat de Moscou des activités pastorales qu’elle entreprenait en Russie. Le patriarche Alexis a cité comme exemples l’ »installation » en Russie de plusieurs religieux et prêtres catholiques sans qu’aucune information n’ait été fournie au Patriarcat; ou encore,

la violence avec laquelle des groupes d’uniates (grecs-catholiques) en

Ukraine s’opposent encore aux orthodoxes.

Le patriarche a par ailleurs mis l’accent sur les difficultés qu’éprouve

aujourd’hui l’Eglise orthodoxe russe pour revenir à la normalité, après

plus de 70 années de régime communiste. Toutefois, a ajouté Alexis II, le

« processus de renaissance » avance avec une vigueur inespérée. En 1988, on

comptait 74 évêques orthodoxes russes, contre 139 aujourd’hui; 67 diocèses

contre 117 aujourd’hui; 6’674 prêtres, mais 12’841 en 1993; 6’893 paroisses

contre 15’985 en 1994…

Relations patriarcat de Moscou et patriarcat oecuménique

La délégation de Vérone a ensuite été reçue par le métropolite Kirill de

Smolensk, président du Département des relations extérieures de l’Eglise

orthodoxe russe. Tout en se félicitant des rapports existant entre l’Eglise

de Moscou et certains diocèses catholiques d’Italie du Nord (en plus de

Vérone et Milan), le métropolite a déploré les difficultés au niveau des

relations officielles entre l’Eglise russe et celle de Rome, et exprimé

l’espoir que sur certains problèmes – comme celui des uniates en Ukraine l’on parvienne peu à peu à détendre le climat.

Evoquant ensuite les relations entre le Patriarcat de Moscou et le Patriarcat oecuménique, le métropolite Kirill a précisé que, pour le moment,

elles étaient assombries par certaines controverses, comme par exemple celle qui concernait l’Estonie. Il a contesté la thèse avancée par le Patriarcat de Constantinople, qui estime légitime de prendre sous sa juridiction

certains groupes orthodoxes de l’Estonie ou qui, encore, appuierait une

double juridiction ecclésiastique dans la république balte: une dépendant

du Patriarcat de Moscou, l’autre du Patriarcat oecuménique. Comme la situation s’est normalisée dans l’ex-URSS, a souligné le métropolite Kirill, les

orthodoxes d’Estonie doivent dépendre du Patriarcat de Moscou, comme du reste le veulent la très grande majorité d’entre eux.

C’est aussi pour ces raisons, a précisé le métropolite Kirill, que

l’Eglise russe n’a pas voulu participer à la rencontre de haut niveau organisée par le patriarche oecuménique Bartholomée Ier dans l’île grecque de

Patmos pour célébrer le 1’900e anniversaire de l’écriture du livre de

l’Apocalypse par l’apôtre Jean. De toute façon, a conclu le métropolite,

« nous espérons régler fraternellement nos différends avec Constantinople ».

(apic/eni/pr)

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