apic/Yverdon/Débat interreligieux/Chrétiens/Juifs/Musulmans/Bouddhistes
Yverdon: Un dialogue interreligieux attire 80 personnes(061095)
Dialogue impossible ou tolérance?
Yverdon-les-Bains, 6octobre(APIC) Le dialogue entre juifs, musulmans,
bouddhistes et chrétiens en Suisse est possible. Jeudi soir à Yverdon-lesBains, une rencontre intitulée «Dialogue impossible?» a réuni sur le thème
de la tolérance des représentants des Communautés israélite et musulmane de
Suisse, un révérend bouddhiste et un théologien catholique.
Quelque 80 personnes se sont retrouvées à la maison de paroisse (réformée) d’Yverdon-les-Bains à l’invitation la Commission de formation des
adultes de l’arrondissement du Nord Vaudois, dans dans le cadre d’un cycle
de conférences sur la tolérance.
Revenir à la source de la foi
«Il faut revenir à la source de la foi. Selon moi, ce sont les conditions sociales et politiques qui ferment les esprits. 15% des habitants de
cette planète dilapident 80% des ressources: c’est une grande violence
symbolique. Il faut changer les conditions sociales. Mais je ne cautionne
en aucun cas la violence.» Cette profession de foi a valu des applaudissements nourris à Tarik Ramadan, président de l’association des Musulmans et
Musulmanes de Suisse.
Aux côtés de responsables d’autres religions – Sadia Morali, rabbin de
la Communauté israélite de Lausanne, André Chevrier, représentant d’une
institution bouddhiste japonaise, et Franck Le Vallois, théologien catholique – Tarik Ramadan a insisté sur l’importance d’oser exprimer sa foi: «Le
but n’est pas de faire naître le conflit, mais de provoquer un réveil dans
la foi de l’autre».
L’Eglise détient-elle seule «la» vérité?
S’exprimant sur la foi chrétienne, Franck Le Vallois s’est fait particulièrement percutant: «L’Eglise est dans l’histoire et son rapport à la vérité évolue. Du temps du Concile Vatican I, on disait facilement que l’histoire des religions est l’histoire du satanisme. Aujourd’hui, Jean-Paul II
déclare que, dans les diverses religions, il y a autant de reflets de la
vérité». Pourtant, relève F. Le Vallois, le pape affirme aussi dans une encyclique que l’Eglise est la seule qui détienne «la» vérité. «Comment parlera-t-on de ce sujet dans cinquante ans?»
Dans un premier temps, chaque intervenant avait tenté d’expliquer brièvement le contenu de sa foi, notamment dans le rapport qu’elle entretient
avec la vérité. Les dix minutes imparties à chacun ont rendu la chose extrêmement périlleuses, mais les orateurs s’en sont accommodés avec humour.
Dans une seconde phase, chacun des conférenciers a été prié de poser des
questions à l’un des autres. Sadia Morali a interrogé Tarik Ramadan: «Comment intégrer l’absolu de Dieu dans le relatif de la vie humaine?». Sourires complices de deux orateurs qui se connaissent bien. Ses propos n’ont
pas laissé indifférent le bouddhiste André Chevrier. Ce Suisse diplômé de
«bouddhologie» d’une université californienne a souligné les points de convergences perçus dans les propos des orateurs: la noblesse, la politesse,
le respect. Autant de qualités fondamentales pour sa conception religieuse.
Au moment du débat avec le public, la question de l’intégrisme et du fanatisme religieux a rapidement fait surface. Quant au pasteur Alexander, il
a mis un terme au débat en relevant qu’il y a une certaine urgence à découvrir la spiritualité des uns et des autres. «Mais, a-t-il commenté, je
suis frappé de découvrir le manque d’intérêt que ce genre de questions suscite sur le Nord Vaudois. Il y a pourtant 8’000 musulmans dans le canton et
plusieurs centaines de réfugiés bosniaques dans la région d’Yverdon». La
rencontre était animée par le pasteur Daniel Alexander, formateur d’adultes
dans la région d’Yverdon.
Une méditation sur la base de textes sacrés a clos la soirée. «Il ne
s’agit pas d’une prière commune, a prévenu le pasteur Alexander. Mais d’une
écoute de textes significatifs pour les différentes fois.» Le rabbin Morali
a lu un texte de la liturgie juive de Yom Kippour et Tarik Ramadan un
verset du Coran. La méditation s’est achevée par une lecture de la prière
de Saint-François. (apic/fh/pr)
Encadré
Poursuite du cycle sur la tolérance
Le cycle sur la tolérance se poursuit le 26 octobre. Daniel Marguerat, professeur à la Faculté de théologie de l’Université de Lausanne, spécialiste
du Nouveau Testament, a été sollicité. Il devrait jeter un éclairage sur
une question curieuse mais intéressante: «Jésus était-il tolérant?». Le 2
novembre, quatre théologiens protestants viendront parler des courants différents auxquels ils appartiennent et du rapport que chacun d’entre eux entretient avec la vérité. Daniel Alexander, organisateur du cycle, a d’ores
et déjà annoncé la présence d’un invité surprise qu’il a qualifié de «prestigieux». (apic/fh/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/apic-yverdon-debat-interreligieux-chretiens-juifs-musulmans-bouddhistes/