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apic/Synode/ Liban

Rome: Synode sur le Liban (281195)

Stopper l’émigration des chrétiens

Rome, 28 novembre(APIC) Le Liban a besoin aujourd’hui de mesures

politiques décisives pour stopper l’émigration des chrétiens, estime le

patriarche melkite Maximos V Hakim. Pendant les 16 ans de guerre, 300’000

chrétiens ont quitté le pays et 500’000 autres ont dû fuire les régions où

ils vivaient, a rappelé le prélat, au second jour du Synode sur le Liban

réuni à Rome.

Il faut trouver une solution politique rapide pour garantir les libertés

fondamentales, le respect du droit et la coexistence pacifique dans le

pays. Pour stopper l’émigration il faut redonner confiance aux chrétiens

notamment par la création « d’un fonds chrétien » pour assurer entre autres

« une politique nataliste » et « des facilités de logement aux jeunes couples », souligne le patriarche.

« Les chrétiens libanais demandent de ce synode une garantie pour leur

présence au Liban » car ils vivent dans l’angoisse des menaces venant de

partis politiques qui veulent « faire du Liban un Etat islamique », a renchéri Mgr André Haddad, archevêque de Zahle et Furzol des grecs-melkites.

Mgr Joseph Bechara, archevêque d’Antelias des maronites, n’hésite pas à

parler de « crise profonde », dont l’un des aspects est la difficulté de vivre concrètement le « pluralisme culturel qui est désavoué par souci d’allégeance au monde arabe » et mentionne, à ce titre, le concept « d’arabisation »

en cours. Ainsi, se prononce-t-il pour une « éducation claire » des chrétiens, « sans peur de l’arabité, mais sans hégémonie ».

Un problème, clef et urgent, que résume l’archiprêtre Selim Ghazal, supérieur général de l’Ordre Basilien du Très Saint-Sauveur des melkites:

« L’Eglise est invitée à s’incarner dans cet Orient arabe et musulman. Chrétiens et musulmans sont appelés à accomplir un travail en commun, à un moment où nous nous trouvons à un carrefour historique. »

Carrefour crucial pour les chrétiens, dans la mesure ils vivent « une

diaspora » sans précédent dans leur histoire selon Mgr Georges Scandar, évêque de Zahle des maronites. C’est le second problème majeur qui ressort de

la première journée de débat de ce synode.

Aucun des portes-paroles des différents groupes linguistiques, ne se hasarde à chiffrer l’ampleur de cette diaspora. « Aucun chiffre officiel

n’existe » répondent-ils. Le problème reste tabou, en raison du système politique libanais fondée sur une répresentation paritaire de la population

chrétienne et musulmane. Le dernier recensement remonte en effet à 1936.

Les chrétiens accepteraient d’en refaire un autre, à condition de compter

les Libanais de la diaspora, ce que refusent les musulmans.

Une Eglise catholique divisée

La division de l’Eglise catholique a également été au coeur des dix sept

interventions qui ont marqué la deuxième journée du Synode. Mgr Paul Bassim, vicaire apostolique de Beyrouth des latins, constate en effet que la

« multiplication des juridictions (évêques, curés..) lieux de cultes, (…)

avec un fort accent concurrentiel » est « incompréhensible au plan de l’intérêt commun ». Dans cette ligne, Mgr André Haddad, propose « d’unifier »

l’Eglise sur place « pour qu’il n’y ait plus trois prêtres qui célèbrent

trois messes dans un petit village ». Une unification qui pourrait commencer

par « la date de la fête de Pâques ». (apic/jmg/mp)

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