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Vaud: Assemblée générale de la Fédération des paroisses catholiques
L’Eglise catholique vaudoise souffrira aussi d’Orchidée II (231195)
Lausanne, 23 novembre(APIC) L’Eglise catholique vaudoise souffrira aussi
d’Orchidée II. Et si le Conseil d’Etat vaudois maintient son intention de
réduire de 9% le budget consacré au culte réformé, pour l’Eglise catholique
cantonale, cette diminution pourrait s’élever à 2 millions de francs d’ici
l’an 2001.
Le programme d’économie de l’administration cantonale touchera également
l’Eglise catholique. Réunie mercredi soir à Lausanne en assemblée générale
extraordinaire, la Fédération des paroisses catholiques du canton de Vaud a
dressé un tableau en demi-teinte des effets financiers d’Orchidée II.
La contribution de l’Etat de Vaud aux communautés catholiques et protestantes diminuera durant les années prochaines, C’est du moins ce qu’il
ressort des prises de position récentes du Conseil d’Etat vaudois. S’exprimant devant les représentants des 62 membres de la Fédération des paroisses, le comité a longuement commenté cette situation. Par un mécanisme un
peu particulier, les 9% d’économies que s’est vu récemment imposer l’Eglise
évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) s’appliqueront partiellement
à l’Eglise catholique.
La loi qui fixe son mode de financement (1970) stipule que l’Etat prend
en charge des postes de prêtres et de pasteur en paroisse dans un rapport
qui respecte la proportion des catholiques et des protestants dans le canton. Si le nombre de pasteurs en paroisse diminue, celui des prêtres devra
diminuer en conséquence. De plus, l’Etat verse à l’Eglise catholique une
part proportionnelle aux autres dépenses cantonales en faveur de l’EERV
(ministères spécialisés, diacres…). A l’heure qu’il est, le Conseil
d’Etat vaudois maintient son intention de réduire de 9% le budget consacré
au culte réformé. Pour la seule Eglise catholique, cette diminution pourrait s’élever à 2 millions de francs selon la nature des postes supprimés
chez les protestants.
Spécificité de la situation catholique
Une coupe linéaire ne tiendrait pas compte d’une série de facteurs que
Jean-Philippe Gogniat, secrétaire de la Fédération, et Bruno Vocat, son
président, ne se sont pas privés de rappeler. D’abord, il se trouve que le
nombre de prêtre est bas. La situation est telle que le contingent théorique maximum des postes n’est pas atteint. Sur les 178 postes disponibles,
seuls 135 sont occupés.
Si l’on met de côté 6 théologiens laïcs dont le statut est particulier
et le salaire un peu inférieur à celui des prêtres, l’Eglise catholique
«renonce» cette année à 37 salaires (113’000 francs par an), permettant à
l’Etat d’économiser 4 millions. Or le salaire des prêtres est l’une des
sources de financement de l’Eglise, puisque ces derniers le cèdent automatiquement à la Fédération des paroisses. 15 millions de francs bruts tombent chaque année dans la caisse commune. La Fédération redistribue ensuite
l’argent en fonction des besoins (un prêtre vaudois vit en moyenne avec la
moitié de ce que lui verse le canton).
Les 7 autres millions versés par le canton permettent à l’Eglise de
«tourner», c’est-à-dire de couvrir les dépenses pour le personnel laïc.
Cette année, un budget présentant un excédent de charges de 160’000 francs
a été accepté par l’assemblée générale. Les charges augmentent régulièrement depuis 1992. Elles étaient de 9,68 millions l’an dernier alors qu’elle
sont budgétisées à 9,76 millions cette année. Les produits escomptés quant
à eux atteignent la somme de 11,1 millions. Un montant qui affirme une tendance à la baisse depuis 1995 (-126’000 fr.) et depuis 1994 (-610’000 fr.).
Nouvelle planification pastorale
Le souci d’économie est présent au sein de l’institution et la mise en
place d’une nouvelle planification pastorale en est la preuve. le chanoine
Michel de Kergariou en a présenté les principaux axes. Au niveau des différentes paroisses, des regroupements d’activités ou d’administration ont été
effectués cette année. le rôle des prêtres au sein de la pastorale est amené à se modifier: ils se consacreront de plus en plus à l’encadrement et à
la formation des laïcs. Une opération de réflexion sur les activités de
l’Eglise catholique en pays de Vaud que le secrétaire général de la Fédération n’hésite pas à qualifier d’»opération Orchidée I bis».
Le rôle des théologiens laïcs pourrait aussi prendre de l’ampleur si la
crise des vocations devait se confirmer. On dénombre aujourd’hui dans le
diocèse 150 prêtres de moins qu’il y a 25 ans. «Notre objectif, à court et
à moyen terme, est de stabiliser le nombre de postes effectivement pris en
charge par l’Etat, en compensant la réduction de l’effectif du clergé par
des théologiens laïcs», déclare J.-Ph. Gogniat. Ces derniers sont payés par
l’Etat depuis 1994, dans la mesure où ils remplissent un certains nombre de
critères. (apic/id/pr)
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