orientales membres de l’assemblée des patriarches et évêques catholiques du

Prendront part au synode 116 participants: 4 patriarches des Eglises

Liban (APECL), 9 responsables de la curie romaine, 12 archevêques et 4

évêques ordinaires d’éparchie au Liban, 9 archevêques et évêques titulaires

au Liban, 1 administrateur patriarcal, 8 supérieurs généraux d’ordres

fondés et présents au Liban, 2 représentants élus par l’assemblée des

supérieurs majeurs, 18 membres nommés par le pape, 7 délégués fraternels ,

17 assistants du secrétaire spécial et 25 auditeurs.

Les patriarches sont Sa Béatitude Ignace Antoine II Hayek (Antioche des

Syriens, Sa Béatitude Maximos V Hakim (Antioche des grecs-melkites), le

cardinal Sfeir (Antioche des Maronites) et Sa Béatitude Jean-Pierre XVIII

Kasparian (Cilicie des Arméniens). Parmi les membres nommés par le pape

figurent les patriarches d’Alexandrie des Coptes (Egypte) et de Babylone

des Chaldéens (Irak), Mgr Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, le

cardinal Lustiger (Paris) – seul représentant de l’épiscopat européen – et

le P. Kolvenbach, préposé général des jésuites.

Les délégués fraternels sont cinq évêques d’autres Eglises et communautés

ecclésiales et deux représentants de la communauté musulmane: Mohammed

Assamak, conseiller du Mufti de la République libanaise, et le Dr Saoud

Almoula, conseiller du président du Conseil supérieur chiite, représentant

du Conseil islamique chiite au Comité national de dialogue et au

secrétariat permanent du Sommet islamique.

Un regard sur le Liban

Thom Sicking, jésuite de la province du Proche-Orient, travaille à

Beyrouth. Actuellement en année sabbatique à Paris, il a envoyé à ses

confrères des Pays-Bas une vision personnelle sur la situation au Liban. Un

exposé en trois parties: le pays, l’Eglise et la Compagnie au Liban. Voici

la deuxième, reproduite par les « Echos » de la province de Belgique-Sud.

L’Eglise au Liban se compose de onze Eglises. Six, dont quatre très

petites, sont unies à Rome. Quatre, dont deux petites, en sont séparées (il

y a des formes diverses d’ »orthodoxie »). Il existe aussi un groupe de

petites Eglises protestantes.

Il est important d’avoir cette situation devant les yeux, car d’habitude on

parle des chrétiens face aux musulmans. En réalité, il n’y a pas deux

communautés au Liban, mais dix-sept. Parmi celles-ci, six constituent

ensemble, numériquement, une part majoritaire de la population.

Les différences entre ces Eglises sont parfois de nature doctrinale,

parfois de nature culturelle et nationale. En général il y a, de l’une à

l’autre, un mélange de ces différences.

Un exemple: les deux groupements les plus importants sont les maronites et

les orthodoxes grecs. Si vous dites à un maronite qúil est un Arabe, il

proteste et vous répond, scandalisé: je ne suis pas un musulman. Si vous

tenez le même propos à un orthodoxe grec, sa réponse sera: naturellement.

Cette différence a peu à faire avec la religion ou le dogme. Toute une

histoire a précédé qui l’explique. Il est futile de nous demander laquelle

de ces deux conceptions nous est la plus sympathique. Cela n’a pas de sens

de vouloir qúun groupe de population change d’identité. Cette identité

d’ailleurs ne dépend pas de ce qúil veut, mais de ce qúil est ou de ce qúil

est devenu dans le cours de l’histoire

Et cependant, c’est bien là que se situe le drame des chrétiens du Liban.

La plupart d’entre eux ont peur du monde arabo-islamique où ils doivent

trouver leur place. Ils se défendent et résistent. la guerre de ces

dernières années a évidemment beaucoup accru cette angoisse. Les chrétiens

ne se sentent pas à l’aise. Beaucoup émigrent dès qúils en ont l’occasion

et ces émigrants sont souvent les personnes les plus dynamiques. Il est

d’une grande importance de stopper autant que possible ce flux

d’émigration.

A cet effet, il faut que deux conditions soient remplies. Premièrement, il

faut que ces chrétiens puissent faire confiance à l’avenir de leur pays

(cela est vrai également pour des musulmans qui, certes en moins grand

nombre, recherchent un pays d’accueil où la vie sera plus confortable). La

politique d’aujourd’hui peut avoir pour conséquence que le peu de confiance

qui existe encore soit définitivement perdu. La politique internationale ne

voit aucune objection à ce que, au Liban, les chrétiens deviennent une

toute petite minorité sans signification. Alors, dit-on, le pays des cèdres

sera un Etat homogène qui se situera mieux dans son environnement.

En second lieu, il faut que les maronites découvrent que leur présence au

sein du monde arabe est une donnée positive. Aussi longtemps qúils

s’opposent à ceux qui les entourent, ceux-ci les regarderont comme des

ennemis. Il existe un lien évident entre l’émigration et le refus de

reconnaître l’identité arabe comme un élément important de l’identité

libanaise. Celui qui ne se sent pas à l’aide parmi ceux qui l’environnent

et qui, pour cette raison, cherche un appui à l’étranger, est considéré

lui-même comme un étranger par son entourage. Il faut donc aider les

chrétiens libanais, et parmi eux surtout les maronites – malgré toutes les

expériences tragiques du passé – à regarder la culture de toute leur région

comme leur culture aussi. Ce sera le fruit d’un long processus, mais cela

vaut la peine d’y collaborer. Dans une perspective chrétienne, les

maronites verront qúau lieu de se considérer comme une minorité menacée et

donc de se replier sur eux- mêmes dans une attitude défensive et

conservatrice, ils doivent découvrir les aspects missionnaires du

christianisme et se diront: nous ne sommes pas chrétiens pour nous-mêmes,

mais nous avons un rôle à jouer dans la société où nous vivons. »

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