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Accord de paix sur la Bosnie:La Posavina reste entre parenthèses(221195)

Le cardinal Puljic ne veut pas que l’on brade cette région catholique

Dayton/Sarajevo, 22 novembre(APIC) Salué mercedi par le pape Jean Paul II

comme un moment significatif dans l’histoire de l’Europe, l’accord de paix

sur la Bosnie, signé mardi à Dayton par les présidents de Serbie, Croatie

et Bosnie, laisse notamment le sort du corridor de la Posavina entre parenthèses. Le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, craint que cette

partie de son archidiocèse soit bradée aux Serbes en échange de la paix.

Si le territoire de la Bosanska Posavina, au nord-est de la Bosnie – une

région à forte densité catholique où une population d’origine croate vit

depuis des siècles – ne restait pas dans la Fédération croato-musulmane,

assure le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, une grande injustice serait commise. Les Serbes ont tenté jusqu’au bout d’obtenir un

élargissement du corridor de la Posavina, qui relie les territoires serbes

de Bosnie à la Serbie. Une commission internationale devrait statuer sur

cette question d’ici un an.

Un groupe d’intellectuels catholiques et de prêtres croates de la région

avaient mis en garde dans une lettre le président croate Franjo Tudjman et

le négociateur bosno-croate à Dayton contre d’éventuelles concessions en

Posavina. «Aucun représentant des Croates n’a le droit de signer un accord

qui cède les territoires de la Posavina aux Serbes», peut-on y lire.

Dans une interview à la section croate de Radio Vatican, le cardinal

Puljic a déclaré que si l’accord est signé sur une base contraire à une

paix juste et permanente, «nous serons enterrés vivants», parce que des citoyens de Bosnie-Herzégovine dont les ancêtres vivent sur ce territoire depuis des siècles auront été ignorés.

«C’est pourquoi nous ne pourrions pas parler alors de paix, mais de force pour nous faire taire, parce que nous ne voulons pas un semblant de paix

d’esclave ou de cimetière, mais une paix juste, afin que nous puissions

être ce que nous sommes, dans notre foyer, dans notre pays; c’est pourquoi

je pense que la justice triomphera, en dépit de l’injustice qui respecte la

loi du plus fort et la purification ethnique. Cela, nous ne pouvons l’appeler une paix juste».

Le cardinal archevêque de Sarajevo craint que, selon des rumeurs persistantes, le territoire de la Posavina sera échangé. Inquiet que le sort de

la Posavina ait été mis entre parenthèses à Dayton, Mgr Puljic considérerait cette perte comme «un acte d’injustice à l’égard de la population catholique croate de ces territoires».

Appel aux médias qui ont distillé la haine

Soulignant que dans la capitale bosniaque, les Musulmans et les Croates

et tous les autres citoyens sont prêts à vivre ensemble, l’archevêque de

Sarajevo insiste:»Les humains sont prêts à vivre ensemble, mais ceux qui

sont inhumains n’y sont pas prêts», «parce que ceux qui sont empoisonnés

par la politique et par la haine distillée par certains médias, créent une

atmosphère malsaine». Le cardinal Puljic, dont les bureaux se sont transformés en office d’aide sociale et de protection des gens, affirme encore

qu’il n’y a personne pour protéger les Croates et les catholiques à Sarajevo.

Le cardinal Puljic lance finalement un appel aux médias qui ont semé la

haine afin qu’ils travaillent à guérir les plaies de la guerre et apprennent à respecter les différences. Il a également promis que l’Eglise catholique apporterait sa contribution à la réconciliation. (apic/kap/ika/be)

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