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Lausanne: Le Centre catholique d’étude ouvre son cycle de conférences
Coup de projecteur sur l’ingérence humanitaire (201195)
Lausanne, 20 novembre(APIC) Le Centre catholique d’études de Lausanne lance jeudi son cycle de conférences 1995-96, avec le premier des invités,
Jean-Pierre Hocké, avec aussi un coup de projecteur sur l’ingérence humanitaire.
Jean-Pierre Hocké, ancien Haut-commissaire des Nations Unies pour les
réfugiés, inaugurera la saison des rencontres organisées par le Centre catholique d’études de Lausanne. Il prendra la parole jeudi prochain à 20h30 à
l’aula du Collège de l’Elysée.
Les programmateurs ont axé cette série de conférences publiques autour
d’une préoccupation mise en lumière par l’actualité internationale de ces
dernières années: le droit d’ingérence. Le général français François Morillon, ancien patron des casques bleus en ex-Yougoslavie et le président du
Front des Forces socialistes algériennes, Hocine Aït Ahmed, signataire de
la «plate-forme de Rome» au début de cette année, figurent parmi les intervenants.
Le Centre catholique d’études de Lausanne (CCEL) existe depuis une dizaine d’années. Il y a deux ans, il est sorti de sa confidentialité relative pour mettre sur pied des cycles de conférences sur des thèmes accrocheurs donnés par des personnalités d’une certaine notoriété. Avec un certain succès au niveau de la participation. L’an dernier, la question «Quelles sont vos raisons d’espérer?» a été posée à plusieurs personnalités telles que Mère Sofia, théologienne orthodoxe et aumônière de rue à Lausanne
ou Ismaïl Kadaré, l’écrivain albanais réfugié en France.
«Nous constatons que le public est assez changeant, explique l’abbé
Baud, aumônier du Centre universitaire catholique (CUC, Lausanne) et co-organisateur. Les gens sont attirés par les sujets qui les intéressent plus
personnellement». La participation annoncée de Bernard Kouchner, l’ex-ministre français de la Santé et de l’Action humanitaire, ne fera sans doute
pas fléchir la courbe de participation, malgré ses prises de position contestées.
Georges Cuénot, président de CCEL, souligne la dimension culturelle de
l’événement: «Il ne s’agit pas de prosélytisme catholique. Notre association a pour but d’ouvrir des forums de discussion de qualité. Cela implique
un travail préalable sur le thème retenu.» Propos repris et prolongé par le
théologien Bernard Reber, autre instigateur du cycle de rencontres: «Les
témoignages directs ont une grande importance. Ils permettent de couper
court aux phantasmes. Nous aurions aimé que Carla Del Ponte, procureur de
la Confédération ou que Joachim Navarro-Valls, chef de la salle de presse
du Vatican et membre de l’Opus Dei, puissent être présents».
A défaut, le public aura l’occasion d’entendre des personnalités comme
Catherine Wahli, la rédactrice en chef du Téléjournal et Georges Abi Saab,
juge au Tribunal criminel international de La Haye. La manifestation a lieu
grâce aux dons de quelques unes des huit cents personnes inscrites dans le
fichier des organisateurs et d’une contribution de 2’000 à 3’000 francs de
l’Eglise catholique vaudoise. (apic/fh/pr)
Encadré: «L’ingérence serait-elle un leurre»?
Jeudi soir, Jean-Pierre Hocké prendra sans doute une position en décalage par rapport aux initiatives médiatisées d’un Bernard Kouchner. On le
sait, l’agence onusienne qu’il a dirigé n’est pas pour une remise en cause
de la souveraineté des Etats. Elle a privilégié avant tout les actions faites en concertation avec les gouvernements. L’ancien Haut-commissaire
devrait revenir dans son exposé sur certains exemples présents dans les mémoires, celui de l’Irak et du Kurdistan notamment. En arrière plan, une
question centrale demeure: l’ingérence serait-elle un leurre? Son exposé
durera une petite heure et sera suivi d’un temps réservé aux questions.
(apic/fh/pr)
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