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Vatican:Réactions après la note du cardinal Ratzinger sur le(201195)
caractère «irrévocable» du non-accès des femmes à l’ordination sacerdotale
Pas un nouveau dogme
Rome/Fribourg, 20 novembre(APIC) Le veto de l’Eglise catholique à l’ordination de femmes prêtres appartient au domaine de l’infaillabilité pontificale, ont écrit un peu vite de nombreux journaux au lendemain de la note du
cardinal Ratzinger rappelant samedi le caractère «irrévocable» du non-accès
des femmes à l’ordination sacerdotale. Pour les observateurs, il ne s’agit
pas d’un «tournant» dans la position du Vatican, ni d’un nouveau dogme,
mais simplement le rappel d’une doctrine constante qu’aucun pape n’a le
pouvoir de modifier.
Il faut rappeler que l’infaillibilité de l’enseignement pontifical concerne le «magistère extraordinaire» tel qu’il a été défini avec précision
par le Concile Vatican I en 1870. Il ne concerne, dans des conditions déterminées, que des prises de position touchant la foi ou la morale, et pas
des questions de caractère pastoral ou disciplinaire.
L’infaillibilité pontificale relève du «magistère extraordinaire»
Ces conditions ne se sont présentées que trois fois depuis 1854 (proclamation du dogme de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie par le pape
Pie IX). Il s’agit dans ce cas d’une décision doctrinale définitive et obligatoire prononcée par le pape «ex cathedra», c’est-à-dire depuis son siège ou depuis sa chaire, autrement dit en vertu de la mission propre d’enseignement qui a été impartie par le Christ au chef de l’Eglise. Ainsi,
l’Eglise catholique ne recourt que de manière très exceptionnelle à des définitions solennelles relevant du domaine de l’infaillibilité. La deuxième
fois a été la proclamation du dogme de l’infaillibilité lui-même en 1870,
et la dernière fois en 1950, lorsque Pie XII proclama le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie.
«Interprétation tendancieuse»
Interrogé par l’agence APIC, le Père Roland B. Trauffer, secrétaire de
la Conférence des évêques suisses (CES) a réagi lundi aux interprétations
données dans les médias après la publication du document de la Congrégation
pour la doctrine de la foi. Il considère comme «absolument inexact, injuste
et tendancieux» que de parler de veto du pape: «Il ne s’agit pas d’un veto
de l’Eglise catholique; le pape ne fait, dans cette déclaration, que se référer à l’enseignement ordinaire de l’Eglise qui, dans ce domaine, est
constant. Comme il se base sur la Sainte Ecriture et la Tradition, il est
dans le domaine de l’infaillibilité. Cette constance, cette expression du
magistère qui n’a jamais été interrompue, fait que le pape ne peut faire
autre chose que d’affirmer et de confirmer ce que l’Eglise a toujours enseigné dans ce domaine».
«Et c’est pourquoi, souligne le P. Trauffer, le document se réfère à
«Lumen Gentium», où se trouve cette référence à l’infaillibilité. Mais ce
n’est pas que le pape, maintenant, parle en tant qu’infaillible. Il redit
seulement ce que l’Eglise a toujours exprimé jusqu’à présent».
Rappel à l’ordre d’un certain nombre de théologiens
Au Vatican, on note, dans les milieux bien informés, que ce rappel de la
norme déjà édictée de façon «définitive» en mai 1994 dans la lettre apostolique «Ordinatio sacerdotalis», a été rendu nécessaire à la suite de l’accumulation de doutes exprimés à ce sujet par un certain nombre de théologiens.
La salle de presse du Vatican n’a rien ajouté, ce lundi 20 novembre,
deux jours après la publication de la note du Cardinal Ratzinger et ses
quatre pages de commentaires, relatifs au rappel de la norme en vigueur
n’admettant pas les femmes au sacerdoce dans l’Eglise catholique.
On rappelle également que la notion d’infaillibilité ne touche pas la
forme de ce rappel mais le fond, à savoir un enseignement contenu depuis le
début dans le dépôt de la foi chrétienne. Autrement dit, il ne s’agit pas
d’un nouveau dogme mais du rappel d’une doctrine constante de l’Eglise
qu’aucun pape n’a l’autorité de modifier. (apic/pr/jmg/be)
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