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Prague: L’Eglise catholique admet l’existence de femmes prêtres (151195)

Des ordinations ont eu lieu sous la dictature communiste

Prague, 15 novembre(APIC) Des femmes ont bien été ordonnées prêtres dans

l’Eglise catholique clandestine en Tchécoslovaquie sous le régime communiste, confirme à Prague le Père Miloslav Fiala, porte-parole de l’épiscopat

tchèque. Ces ordinations étaient cependant «invalides et illicites», précise le Père Fiala.

De fait l’existence de femmes prêtres dans l’Eglise tchèque et slovaque

est connue des spécialistes depuis 1980 environ. Les premières femmes prêtres, des religieuses, ont été ordonnées en Slovaquie par l’évêque clandestin de rite byzantin Nikolaus Krett, un moine basilien aujourd’hui décédé.

Leur tâche première était la pastorale dans les prisons et les camps où de

mombreux religieux et religieuses étaient enfermés. Selon l’ancien président du parlement Frantisek Miklosko, l’Eglise avait déjà commencé à mettre

sur pied des structures clandestines en 1943, sous le régime pro-nazi de

Mgr Tiso.

Dans la région de Brno, en Tchéquie, l’évêque clandestin Felix Davidek a

lui aussi eu recours à l’ordination de femmes. Certaines recevant le diaconat, d’autres le sacerdoce. La discussion théologique et canonique avait

d’abord été abordée au sein d’un petit cercle de femmes puis un «synode»

avait accordé cette possibilité, comme ce fut probablement le cas en Union

soviétique. Cette décision a conduit à de vives tensions au sein même de

l’Eglise clandestine.

La discussion est revenue au grand jour lorsque Ludmila Javorova, professeur de religion à Brno, a raconté son expérience de femme prêtre et expliqué qu’elle célébrait encore la messe dans de petits cercles privés. Elle a déclaré aussi avoir demandé en vain à être reçue, elle et d’autres

femmes prêtres, par le pape Jean Paul II et n’avoir jamais obtenu de réponse de Rome sur son cas. De fait aucune ouverture ne paraît possible, le

cardinal Tomasek, tout comme le Vatican ayant toujours condamné les initiatives de Mgr Davidek.

Le cas des prêtres clandestins mariés

La question des prêtres et des évêques clandestins mariés n’est pas encore entièrement résolue. Deux solutions sont possibles pour les prêtres

mariés: soit être engagé dans la pastorale comme diacre permanent et par là

renoncer à la célébration de l’eucharistie, soit dans certains cas être intégré au clergé grec-catholique qui lui connaît les prêtres mariés. Il

reste que cette solution ne trouve pas l’accord de tous les intéressés. 60

ont accepté d’être réintégrés comme diacres, une dizaine sont passés chez

les grecs-catholiques. Un nombre important de prêtres clandestins semble

cependant avoir renoncé à s’annoncer pour une tâche pastorale officielle.

Quant aux évêques clandestins mariés ou célibataires, ils ont pour la

plupart renoncé à leurs fonctions épiscopales. Certains sont actifs comme

simples prêtres. Mais Mgr Jan Korec, aujourd’hui évêque de Nitra et cardinal, a confirmé dernièrement que le Vatican n’avait été informé qu’après

coup de son ordination épiscopale. Mgr Korec affirme par contre n’avoir

jamais conféré l’ordination sacerdotale à des personnes ne répondant pas

aux normes du droit canon.

Selon les observateurs, seuls quelques évêques de Bohème, de Moravie et

de Slovaquie, dont Mgr Frantisek Tomasek qui deviendra archevêque de Prague, semblent de fait avoir été nommés directement par le Vatican. (apickap/mp)

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