apic/Zaïre/Oignons suisses
Zaïre: Programme expérimental agricole avec des oignons suisses (141195)
Histoire sans pleurs d’une acclimatation réussie de graines d’oignon
Kinshasa, 14 novembre(APIC) Des cultivateurs du Zaïre acclimatent l’oignon
suisse en zone tropicale, dans le cadre d’un programme expérimental agricole soutenu depuis 1992 par l’Eglise protestante de ce pays. Les graines les
plus appréciées proviennent de Suisse. Petite histoire d’une acclimatation
réussie… sans pleurs.
Paul Zimeni est technicien du développement. Grâce à une bourse de l’Entraide protestante suisse (EPER), ce Zaïrois de 41 ans a pu parfaire sa
formation en suivant pendant deux ans, de 1988 à 1990, les cours de l’Institut universitaire d’études du développement (IUED) à Genève. Aujourd’hui, il est secrétaire général de la «solidarité d’auto-promotion des
associations paysannes» à Kimpese, un gros village de la région de Songololo, à quelque 200 kilomètres à l’est de Kinshasa.
Paul Zimeni travaille dans le cadre d’un programme de développement mis
sur pied par la Communauté du Saint-Esprit en Afrique, l’un des 62 groupement protestants qui forment l’Eglise du Christ au Zaíre (ECZ). Suite aux
pillages et aux événements de 1992 qui paralysèrent le Zaïre, l’Eglise protestante a dû procéder à une restructuration dans son programme de développement.
Cette année, l’une des dix associations qui dépendent de la communauté
du St-Esprit a pu engranger sa première récolte de manioc cultivée de manière intensive. Cette culture a été rendue possible grâce au soutien de la
paroisse réformée vaudoise de L’Abbaye, qui a envoyé l’argent nécessaire à
la location d’un tracteur pendant la saison des labours.
Un bulbe très convoité
Importée au siècle dernier par les missionnaires, la culture d’oignons
s’est étonnamment bien adaptée dans cette région tropicale du Zaïre, au
point d’en devenir une spécialité très convoitée. Pas étonnant dès lors
qu’en période de carence – comme ce fut le cas cette année dans le Bas-Zaïre – il faille protéger les pépinières contre les voleurs. Si la culture
proprement dite ne pose pas de problèmes, la reproduction des plants en revanche semble s’achopper à des problèmes climatiques. Les graines, payées
par l’EPER, sont donc importées; elles viennent de Hollande, d’Italie ou de
Suisse. «Les graines suisses sont les meilleures, constate Paul Zimeni,
sans doute parce que les semences reçoivent les meilleurs soins.»
«Les plantes originaires de Suisse seraient en effet moins sujettes à la
pourriture des feuilles, maladie contre laquelle on utilise à Kimpese de la
cendre de bois. Il faut trois à quatre mois seulement pour que les plants
d’oignons arrivent à maturité. «Cette culture est très rentable. Elle tend
à résoudre nos problèmes financiers», relève Paul Zimeni. Avec 500 grammes
de semences importées, les cultivateurs de Kimpese obtiennent 2,5 tonnes
d’oignons. Conditionnés en filets de 25 kilos, ces oignons sont ensuite
vendus sur les marchés de Kinshasa entre 20 et 40 francs suisses le filet.
Une douzaine de personnes actives travaillent à ce projet qui concerne une
vingtaine de villageois.
Pour Paul Zimeni, le rendement des cultures oignonières pourrait cependant être amélioré si l’on réussissait à substituer à l’arrosage manuel un
système mécanique. «Il faut quatre arrosoirs pour une plate-bande de cinq
mètres et le fleuve est à environ deux cents mètres, explique-t-il. Avec
une moto-pompe, on pourrait davantage rationaliser le travail en utilisant
le temps gagné à d’autres tâches».
Hôte de la campagne d’automne de l’EPER (»Ma foi, je partage»), Paul Zimeni sillonne les paroisses romandes où il est invité à faire part de son
expérience d’animateur rural. (apic/spp/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse